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"Vide juridique", "omerta": derrière la contamination de l'eau aux PFAS, la question des épandages
Épandues dans les champs pendant des décennies, des boues industrielles contaminées aux "polluants éternels" ou PFAS ont rendu l'eau du robinet impropre à la consommation dans 18 villages du nord-est. Elus et associations entendent aujourd'hui réclamer des comptes mais se heurtent à un flou juridique et à une "omerta".
Dans ces communes de la Meuse, des Ardennes ou des Vosges, les concentrations dans l'eau de 20 PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), aux effets potentiellement délétères sur la santé humaine, dépassent nettement les seuils autorisés - jusqu'à 27 fois la limite à Villy (Ardennes), un record.
Aucune usine n'étant visible à l'horizon, l'hypothèse d'une contamination par les boues d'épuration issues d'industries situées un peu plus loin est rapidement devenue une certitude dans ces territoires ruraux.
En Meuse, où quatre villages sont concernés, les investigations menées depuis l'été ont démontré que la pollution émanait de compost et de boues d'épuration épandues pour fertiliser les champs provenant d'une papeterie, fermée depuis novembre 2024 à Stenay.
Les 16 communes meusiennes et ardennaises (soit 3.400 habitants au total) concernées par les arrêtés d'interdiction de consommer l'eau sont d'ailleurs situées dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres autour de cette ancienne usine.
- Signalement au parquet -
Les déchets de cette papeterie ont été diffusés "par épandage direct de boues" et aussi "via une unité de compostage" d'une société, qui épendait ce compost "depuis 2007 sur 225 hectares de grandes cultures", dont 50 hectares dans un "périmètre de captage", selon la préfecture. Cette dernière a placé sous séquestre les composts encore présents sur le site et a signalé au parquet "les manquements graves aux règles d'épandage".
Le fonds allemand Accursia Capital, qui a repris quelques mois l'usine avant sa liquidation, affirme n'avoir utilisé "aucun produit contenant des PFAS". "La production était limitée à certaines gammes de produits spécifiques et ne nécessitait pas l'utilisation de ce type de composé", a précisé à l'AFP son président, Oliver Würtenberger, renvoyant la responsabilité vers les "entreprises spécialisées qui sont légalement responsables" de l'élimination des boues.
Selon un ancien salarié de l'usine, qui a demandé à conserver l'anonymat, la réglementation n'imposait cependant pas de rechercher les PFAS, "mais uniquement les métaux lourds", si bien que "tout était conforme". Toutefois, "il y a eu des documents de suivis de déchets qui sont faux", assure-t-il, avec des tonnages inexacts notamment: pour lui, une quantité de boues supérieure a été épandue.
- Lacunes réglementaires -
Plusieurs maires des Ardennes suspectent aussi des enfouissements illégaux de boues sur le plateau d'Olizy-sur-Chiers, dans la Meuse. Elles pouvaient ensuite, par ruissellement ou infiltration, polluer sols et eaux.
Le procédé est similaire dans les Vosges, où deux communes sont concernées par des arrêtés interdisant au moins partiellement la consommation d'eau du robinet.
Dans l'une d'elles, à Tendon, le conseil municipal avait pris un arrêté en 2011 demandant l'arrêt des épandages, pratiqués depuis 1998 dans des parcelles proches d'un captage d'eau, avec des boues issues notamment d'une blanchisserie de Gérardmer, à quelques kilomètres de là.
Cela n'a été effectif qu'en 2013 pour une première parcelle, et en 2018 pour une autre, fustige le maire, Gérard Clément, qui aurait aimé être écouté plus tôt sur les dangers de ces pratiques.
D'autant qu'il incombe à présent aux collectivités de trouver des solutions pour rendre l'eau à nouveau potable. Et cela pourrait coûter cher, les techniques classiques de filtrage, notamment par charbon actif, n'étant pas toujours efficaces contre les PFAS.
Dans le secteur de Villy, l'hypothèse privilégiée est de connecter les réseaux contaminés avec des réseaux sains, pour diminuer les taux de pollution dans l'eau ainsi diluée. Mais c'est une solution "coûteuse, très coûteuse", souligne Hanafi Halil, sous-préfet de Vouziers, référent PFAS dans les Ardennes.
Le coût se répercute aussi sur les habitants, qui continuent de payer pour une eau du robinet qu'ils ne peuvent plus boire, s'énerve Annick Dufils, maire de Malandry, une commune touchée dans les Ardennes.
Car, potable ou non, l'eau consommée doit être facturée, confirme à l'AFP l'Agence de l'eau Rhin-Meuse, qui dit ne pas pouvoir exonérer tel ou tel ménage.
Par ailleurs, même si les élus locaux, qui craignent pour leurs finances, le demandent, "on ne peut pas faire jouer le principe pollueur-payeur", explique la préfecture de la Meuse. "On ne peut pas accuser" quiconque "d'avoir empoisonné les sols aux PFAS puisque ce n'était pas dans la règlementation".
D'une manière générale avec les PFAS, il y a "une lacune énorme de la règlementation" et un "vide juridique", déplore Pauline Cervan, toxicologue pour l'association Générations futures.
- "Non-responsabilité" -
A partir du 1er janvier, toutes les eaux en France devront être analysées pour quantifier les taux de 20 PFAS. De nouveaux arrêtés d'interdiction de consommer l'eau pourraient alors être pris.
Pour Mme Cervan, c'est une bonne chose, tout comme la suspension des épandages près des zones de captages, comme décidé dans les Ardennes. Mais "la France a énormément de retard" sur la question, selon elle.
La Suisse a par exemple interdit dès 2003 les épandages de boues d'épuration, rappelle Jean-François Fleck, de l'association Vosges Nature Environnement. La France, elle, ne l'a pas fait, se contentant en 2006 de créer un fonds de garantie des risques liés à l'épandage.
"On ne peut pas rester sur cette situation de non-responsabilité des uns et des autres, alors qu'on connaît les PFAS depuis les années 1950. La France ne pouvait pas ne pas savoir", insiste le militant écologiste.
Dans l'optique de partager leurs connaissances avec leurs administrés inquiets pour les conséquences sur leur santé - les PFAS peuvent entraîner cancers, excès de cholestérol ou problèmes de développement du fœtus -, les maires de trois communes des Ardennes ont fait analyser leur propre sang.
Verdict: leur taux sanguin de PFAS dépassait les valeurs seuil en vigueur aux Etats-Unis ou en Allemagne. Aucun seuil de ce type n'a cependant été défini en France, si bien qu'on "n'interprète pas les résultats. C'est toujours très flou, l'omerta", regrette la maire de Malandry, qui plaide pour une généralisation de ces tests.
En outre, déplore l'édile, "on nous répond qu'on ne peut pas faire une étude, un suivi épidémiologique pour si peu d'habitants": "C'est toujours le même souci dans la ruralité".
H.Gerber--VB