-
Commerce international: face à l'imprévisible Trump, la tentation de l'Asie
-
Au Mali, un secteur touristique plombé qui tente de renaître
-
Au Costa Rica, les quartiers pauvres endeuillés par l'essor du narcotrafic
-
A Hong Kong, l'argent séduit les épargnants face à l'or jugé "trop cher"
-
Niger: retour au calme après des tirs nourris autour de l'aéroport de Niamey
-
Manipulation de cours et corruption: décision jeudi pour l'ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri
-
Boualem Sansal aux portes de l'Académie française
-
L'Allemagne veut mieux protéger ses infrastructures face à la menace russe
-
Minneapolis: Trump maintient la pression, deux policiers suspendus
-
Minneapolis: Trump durcit le ton, deux policiers suspendus
-
Le bénéfice net de Samsung bondit d'un tiers en 2025, tiré par l'IA
-
Venezuela: la présidente par intérim invite Machado, sans la nommer, à "rester à Washington"
-
Ligue des champions: "Il y a de la honte", reconnaît De Zerbi
-
Ligue des champions: le PSG rate le Top 8, Monaco en barrages, énorme désillusion pour l'OM
-
Ligue des champions: battu par Benfica, le Real contraint aux barrages
-
La plainte des journalistes Legrand et Cohen contre L'Incorrect classée sans suite
-
Ligue des champions: L'OM, inqualifiable
-
Ligue des champions: Manchester City dans le Top 8 après quelques frissons
-
Ligue des champions: Monaco tient tête à la Juve et se qualifie pour les barrages
-
Ligue des champions: le PSG accroché par Newcastle et sorti du top-8
-
Irak: Maliki, candidat au poste de Premier ministre, dénonce l'ingérence de Trump
-
Ski: Kristoffersen puissance 5 à Schladming, Noël sur le podium avant les Jeux
-
Le vol pour l'ISS avec l'astronaute française Sophie Adenot aura lieu au plus tôt le 11 février, annonce la Nasa
-
Wall Street pas surprise par la Fed, en attendant les résultats des géants de la tech
-
"Comic strip", cheval et vichy rose: une messe à Paris en hommage à Brigitte Bardot
-
RATP: le nouveau PDG axe sa feuille de route sur la lutte contre la violence dans les transports
-
Mélenchon veut que les gazoducs Nord Stream soient "remis en route"
-
Climat : jugement "historique" aux Pays-Bas, sommés de mieux protéger l'île antillaise de Bonaire
-
L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026
-
"Ça y est je suis chevalier!": Macron décore le dernier vendeur de journaux à la criée de Paris
-
Venezuela: Rubio défend la coopération avec les autorités par intérim
-
L'Iran "prêt" à répondre aux menaces de Trump tout en se redisant ouvert à un accord sur le nucléaire
-
Euro de hand: La claque et la porte pour les Bleus
-
Inondations au Mozambique: "J'en suis venue à souhaiter la mort"
-
Amazon supprime 16.000 postes de plus dans le monde
-
Peur dans une ville sicilienne balafrée par un glissement de terrain
-
Au procès en appel du RN, les mauvais comptes du trésorier de Saint-Just
-
Aide à mourir, soins palliatifs: que contiennent les textes sur la fin de vie ?
-
La Bourse de Paris termine en nette baisse, plombée par le luxe
-
La BBC, dans la tourmente, nomme un directeur général par intérim
-
Charles III s'inquiète du "recul" du combat contre le changement climatique
-
"La fierté de toute une nation": ultime hommage en Israël au dernier otage de Gaza
-
Nicki Minaj se décrit comme la "première fan" de Trump
-
La grippe circule encore activement, mais l'épidémie semble fléchir
-
Rappels de lait infantile: le recours d'une association contre l'Etat rejeté
-
Greenpeace dénonce la poursuite du commerce nucléaire entre France et Russie, toujours exempté de sanctions
-
Au Venezuela, l'espoir d'un renouveau de l'industrie pétrolière sous l'impulsion des Etats-Unis
-
Fin de vie: le Sénat rejette la loi sur l'aide à mourir, bientôt de retour à l'Assemblée
-
La tempête Kristin fait au moins quatre morts au Portugal
-
Le gouvernement va s'opposer à la recherche d'hydrocarbures en Outre-mer
"Cela sent la mort": les autochtones canadiens sous le choc après les incendies
Adrienne Jérôme a le "cœur brisé". Pour cette femme autochtone, l'été restera synonyme d'un "grand choc". Car si le Canada a subi de plein fouet les incendies, personne n'a payé un prix aussi élevé que les peuples amérindiens.
Souvent isolées, installées au cœur des grandes forêts, ces communautés voient leurs territoires rognés par les flammes et leur mode de vie remis en question.
"L'évacuation en pleine nuit, avec les sirènes qui hurlaient... ça a été un vrai choc. Les enfants pleuraient, ne voulaient pas quitter leurs mères", raconte l'ancienne cheffe de la communauté du Lac-Simon au Québec.
Si les maisons de ce village anishnabé (l'un des peuples appartenant aux premières nations du Canada), ont été épargnées par les flammes, il ne reste des immenses étendues avoisinantes d'épinettes noires, ces arbres si caractéristiques de la forêt boréale, que des squelettes noircis.
"La forêt qui nous protège a disparu", constate, émue, cette femme très respectée dans le village. "C'est notre garde-manger qui est perdu. Il n'y a plus de petits gibiers, ni lièvres, ni perdrix et puis toutes les plantes médicinales ont disparu", détaille celle qui a élevé dix enfants.
La saison historique des feux a contraint des milliers d'autochtones à fuir leur maison. S'ils ne représentent que 5% de la population canadienne, ils constituent en revanche près d'un évacué sur deux.
- Sites sacrés disparus -
Les incendies sont désormais "si dangereux et si rapides" que les évacuations sont de plus en plus nécessaires, explique Amy Cardinal Christianson, chercheuse du service canadien des Forêts.
Or, pour eux, c'est un vrai déchirement, précise-t-elle, car "il y a un manque de confiance dans le fait que les agences de lutte contre les incendies protègent ce que la personne ou la communauté valorise le plus".
Il peut s'agir d'un terrain de chasse, d'un site cérémoniel ou encore d'un troupeau de bétail, ajoute cette membre du peuple métis, l'une des populations originelles du Canada.
"Toutes nos activités sont liées à la forêt. Les gens ne réalisent pas la perte que cela représente pour nous, cela ne peut pas se mesurer au niveau financier", explique Lucien Wabanonik le chef de la communauté.
"Des sites sacrés, des sépultures, des lieux de rencontre ont disparu", énumère cet homme aux gestes lents. "C'est comme si notre église avait disparu."
- "Le feu reviendra" -
C'est la première fois que la communauté du Lac-Simon se retrouve contrainte d'évacuer en raison des feux de forêt. Même si la région a déjà été frappée par le passé par des incendies, ils n'avaient jamais atteint une telle ampleur. La plupart ont été déclenchés par la foudre qui a frappé début juin des zones très sèches.
"Cela sent la mort maintenant", constate Adrienne Jérôme en parcourant les terres brûlées sur lesquelles elle a l'habitude de chasser le petit gibier avec d'autres femmes.
Elle raconte avoir longuement pleuré avec sa sœur en pensant à tous les animaux piégés par les flammes. Depuis, plusieurs cérémonies ont été organisées pour les honorer.
Dans les communautés autochtones, beaucoup demandent que l'on revienne aux brûlages culturels maîtrisés, une pratique millénaire. Cette technique, supprimée par les colons européens, permet de limiter l'ampleur que peuvent prendre les feux de forêts en éliminant notamment une partie de la végétation au sol.
Cela produit "une mosaïque dans le paysage, en créant ou en maintenant des prairies ouvertes, et en favorisant des forêts avec beaucoup de feuillus" qui sont moins susceptibles de brûler que les résineux, explique Amy Cardinal Christianson.
"On est inquiets car on sait que le feu reviendra. Le climat est fragile, on l'a toujours dit, nous. Un virage majeur doit être pris", estime le chef Lucien Wabanonik.
Mais "aujourd'hui, si on est consulté, on est peu écouté", regrette-t-il.
L.Maurer--VB