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Biden salue une "victoire pour l'Amérique" après un accord pour éviter une grève du rail
Joe Biden a salué jeudi "une victoire pour l'Amérique", après un accord de principe signé entre compagnies ferroviaires et syndicats, qui devrait lui permettre d'échapper à une grève majeure du rail, à moins de deux mois des élections de mi-mandat.
Le président américain, depuis le "Rose Garden" de la Maison-Blanche, s'est félicité de cet accord. Un texte "qui assurera le fonctionnement de notre indispensable système ferroviaire essentiel et évitera les perturbations de notre économie".
Il avait auparavant reçu dans le bureau ovale les responsables de l'administration et les négociateurs de l'accord, signé à 02H00 jeudi matin (06H00 GMT), après un marathon de 20 heures de discussions ininterrompues.
Epuisés par leur nuit blanche, mais soulagés et radieux, tous riaient autour du président, qui se plaît à régulièrement raconter que quand il était sénateur, il faisait l'aller-retour en train entre Washington et Wilmington (Delaware) où vivait sa famille. Cela lui vaut le surnom de "Amtrak Joe", du nom de la compagnie ferroviaire publique.
Joe Biden avait appelé ses équipes mercredi soir, à 21H00, déclarant qu'un arrêt du fret ferroviaire serait "inacceptable", et poussant à la négociation, selon un responsable de l'administration.
La Maison-Blanche s'était particulièrement impliquée pour éviter à tout prix une grève, qui aurait tendu encore une chaîne d'approvisionnement déjà sous pression, et aurait sans doute fait grimper davantage les prix, alors que les ménages subissent déjà une inflation très élevée.
Ce scénario aurait été un cauchemar politique pour le président démocrate, à moins de deux mois des cruciales élections législatives de mi-mandat, lors desquelles sa faible majorité au Congrès est remise en jeu.
La position de Joe Biden était d'autant plus délicate qu'il affiche régulièrement son soutien aux syndicats.
- Hausses de salaire -
"Ces accords de principe évitent un éventuel arrêt de travail le vendredi 16 septembre", a précisé dans un communiqué l'organisation représentant les transporteurs ferroviaires de fret américains, le NCCC. Ils doivent désormais être ratifiés "par les membres des syndicats".
Signés par trois syndicats, qui représentent au total 60.000 travailleurs du rail, ils prévoient "une augmentation de salaire de 24% au cours de la période de cinq ans allant de 2020 à 2024 - avec une augmentation de salaire de 14,1% avec effet immédiat - et cinq paiements forfaitaires annuels de 1.000 dollars", détaille le NCCC.
Les revendications des syndicats portaient surtout sur les dispositions autour des jours de congés et congés maladies, les employés se plaignant de devoir parfois travailler sur de longues périodes faute de personnel suffisant.
Selon le Washington Post, qui cite une source proche, l'accord leur offre "la possibilité de prendre des jours de congé maladie", mais "un seul jour de congé de maladie payé" leur est accordé.
Les entreprises concernées et les deux syndicats représentant principalement les conducteurs de trains avaient été convoqués à une réunion au ministère du Travail mercredi matin, et avaient déjà été contactés à plusieurs reprises par Joe Biden ou ses représentants.
- "Menace sérieuse" -
Les conséquences d'une telle grève pour l'économie américaine auraient été majeures, alors que la chaîne d'approvisionnement est toujours fortement perturbée, entre production ralentie à cause du Covid-19 et un manque de main-d’œuvre toujours très important.
"Notre chaîne d'approvisionnement est entièrement interdépendante", et une grève nationale aurait donc été "une menace sérieuse pour la sécurité économique et nationale de notre pays", a souligné le président de l'association des transporteurs routiers américains (American Trucking Associations), Chris Spear, jeudi dans un communiqué.
La compagnie publique Amtrak, qui, anticipant la grève, avait annulé tous les trajets grandes lignes pour ses passagers à partir de jeudi, a indiqué, suite à cette annonce, qu'elle "travaille à remettre en service rapidement les trains annulés".
La fédération représentant les patrons du secteur avait prévenu que si la grève commençait effectivement vendredi à minuit, cela mettrait à l'arrêt 7.000 trains et pourrait coûter deux milliards de dollars par jour. Et les entreprises du fret avaient commencé dès lundi à prendre des dispositions pour le transport de matériaux dangereux.
Le plus gros syndicat agricole aux Etats-Unis avait de son côté appelé mercredi le Congrès à agir, soulignant que le transport de céréales par camion ou par bateau ne pouvait pas remplacer le transport par train.
I.Meyer--BTB