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Moyen-Orient: Wall Street mise sur l'accord, l'Europe plus mesurée
Y croire ou pas? Wall Street pariait mardi à l'ouverture sur un accord de paix au Moyen-Orient, à l'inverse des Bourses européennes, bien plus mesurées.
Après quelques minutes d'échanges, le Nasdaq des valeurs technologiques (+1,08%) partageait l'optimisme autour de la tech avec les deux autres indices de Wall Street (Dow Jones +0,28% et S&P 500 +0,73%).
En Europe, l'humeur était mitigée. Après les gains de la veille, Paris (-0,68%) et Francfort (-0,59%) se repliaient peu avant 14H00 GMT. Milan flottait autour de son point d'équilibre (-0,02%).
Londres affichait une légère progression (+0,61%) malgré la chute de British Petroleum (-4,64%) entraînée par une actualité de marché.
Le géant britannique des hydrocarbures BP a annoncé lundi se séparer avec effet immédiat de son président Albert Manifold, en raison "de graves préoccupations" liées à sa gouvernance et sa "conduite", nouveau coup de théâtre à la tête d'un groupe chahuté ces dernières années.
En Europe, "l'enthousiasme des investisseurs s'est partiellement estompé", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les Etats-Unis ont frappé le territoire iranien dans la nuit de lundi à mardi, pour la première fois depuis plusieurs semaines, portant un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
L'Iran n'a pour l'heure pas officiellement confirmé l'information. Dans une déclaration écrite diffusée à la télévision d'Etat, le guide suprême a préféré insister sur la perte d'influence supposée de Washington, qui s'éloigne selon lui "chaque jour davantage de son ancien statut" dans le Golfe.
"Les marchés digèrent les messages contradictoires en provenance de la Maison-Blanche au sujet de la guerre en Iran. Au cours du week-end, l’espoir était grand qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran puisse être conclu à court terme. Cela a entraîné une baisse de 6% du prix du pétrole lundi, ainsi qu’un large rallye sur les actions et les obligations", résume Kathleen Brooks.
- Le pétrole Brent repart à la hausse -
Le cours du Brent, référence mondiale du brut, restait juste en dessous des 100 dollars le baril peu avant 14H00 GMT (99,44, +3,43%).
Pour Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com, les marchés sont dans une position "inconfortable": ils "n'anticipent plus une escalade imminente vers une guerre régionale totale, mais ils ne tablent pas non plus sur une résolution rapide et claire."
"Le pétrole a rebondi après la forte baisse provoquée lundi par les espoirs d'accord de paix, les investisseurs réintégrant une partie de la prime géopolitique dans les prix", explique Daniela Hathorn.
Le détroit d'Ormuz reste un enjeu clef du conflit: en temps normal, un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde transitent par ce passage stratégique.
"Même si les discussions se poursuivent, les flux maritimes restent contraints et toute nouvelle menace pesant sur le trafic des pétroliers se répercute rapidement sur les marchés de l'énergie", rappelle l'analyste de Capital.com.
- Les taux d'emprunts souverains remontent -
"La hausse des prix du pétrole alimente les anticipations d'inflation dans le monde entier, exerçant une pression haussière sur les rendements mondiaux", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, remontait à 2,98% vers 14H00 GMT, contre 2,94% lundi à la clôture.
Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,59% contre près de 3,56% lundi soir.
Les taux d'emprunt souverains mondiaux ont été particulièrement volatils ces derniers jours, et "nous nous attendons à voir des périodes de repli des rendements à mesure que les risques géopolitiques s'atténuent", souligne Kathleen Brooks.
"Cependant, la tendance de fond reste que la guerre en cours représente des risques budgétaires et inflationnistes importants, qui devraient persister dans les semaines à venir", rappelle-t-elle.
Pour les marchés actions, la hausse des coûts d'emprunt reste un point d'attention majeur "car le durcissement des conditions financières devient de plus en plus difficile à ignorer pour les investisseurs", note par ailleurs Mme Ozkardeskaya.
"Des rendements mondiaux plus élevés augmentent le coût du capital, mettent les valorisations sous pression et menacent de ralentir à la fois les dépenses des consommateurs et les investissements des entreprises", explique-t-elle.
Dans ce contexte, le dollar reculait par rapport à l'euro (-0,17%) à un dollar pour 1,1624 euros.
I.Stoeckli--VB