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Les marchés mondiaux partagés face aux incertitudes autour de la guerre au Moyen-Orient
Les marchés mondiaux évoluent avec prudence mardi, tiraillés entre l'espoir d'un apaisement au Moyen-Orient et un regain de tensions après de nouvelles frappes américaines en Iran, tandis que la remontée des prix du pétrole ravive les craintes inflationnistes.
"L'enthousiasme des investisseurs s'est partiellement estompé", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les Etats-Unis ont frappé le territoire iranien dans la nuit de lundi à mardi, pour la première fois depuis plusieurs semaines, portant un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Le cessez-feu conclu le 8 avril entre les Etats-Unis et l'Iran a été suivi de semaines de blocages et de menaces, jusqu'à ce que les deux parties fassent état d'avancées dans les discussions ces derniers jours. Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis imminent au cours du week-end.
"Les espoirs d'une fin imminente de la guerre diminuent, néanmoins les marchés veulent croire que le conflit prendra bientôt fin", explique Mme Brooks. "C'est pourquoi les actions restent élevées et les indices américains demeurent proches de leurs records historiques."
Pour Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com, les marchés sont dans une position "inconfortable": ils "n'anticipent plus une escalade imminente vers une guerre régionale totale, mais ils ne tablent pas non plus sur une résolution rapide et claire."
En Europe, vers 11H45 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,78%, Francfort 0,46% et Milan reculait de 0,20%.
La Bourse de Londres, de retour après un jour férié, gagnait quant à elle 0,48%, "rattrapant son retard après la fermeture des marchés lundi", relève Kathleen Brooks.
Au tableau des valeurs, le géant pétrolier britannique BP perdait 9,29% à Londres après avoir annoncé se séparer de son président Albert Manifold "avec effet immédiat", en raison "de graves préoccupations" liées à sa gouvernance et sa "conduite".
A Wall Street, les contrats à terme sur les trois principaux indices laissaient présager une ouverture en nette hausse.
- Le pétrole repart à la hausse -
Vers 11H45 GMT, le Brent, la référence mondiale du brut, prenait 2,85% à 98,88 dollars le baril.
"Le pétrole a rebondi après la forte baisse provoquée lundi par les espoirs d'accord de paix, les investisseurs réintégrant une partie de la prime géopolitique dans les prix", explique Daniela Hathorn.
Le détroit d'Ormuz reste un enjeu clef du conflit: en temps normal, un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde transitent par ce passage stratégique.
"Même si les discussions se poursuivent, les flux maritimes restent contraints et toute nouvelle menace pesant sur le trafic des pétroliers se répercute rapidement sur les marchés de l'énergie", rappelle l'analyste de Capital.com.
- Les taux d'emprunts souverains remontent -
"La hausse des prix du pétrole alimente les anticipations d'inflation dans le monde entier, exerçant une pression haussière sur les rendements mondiaux", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, remontait à 2,97% vers 11H45 GMT, contre 2,94% lundi à la clôture.
Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,58% contre près de 3,56% lundi soir.
Les taux d'emprunt souverains mondiaux ont été particulièrement volatils ces derniers jours, et "nous nous attendons à voir des périodes de repli des rendements à mesure que les risques géopolitiques s'atténuent", souligne Kathleen Brooks.
"Cependant, la tendance de fond reste que la guerre en cours représente des risques budgétaires et inflationnistes importants, qui devraient persister dans les semaines à venir", rappelle-t-elle.
Pour les marchés actions, la hausse des coûts d'emprunt reste un point d'attention majeur "car le durcissement des conditions financières devient de plus en plus difficile à ignorer pour les investisseurs", note par ailleurs Mme Ozkardeskaya.
"Des rendements mondiaux plus élevés augmentent le coût du capital, mettent les valorisations sous pression et menacent de ralentir à la fois les dépenses des consommateurs et les investissements des entreprises", explique-t-elle.
D.Schaer--VB