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Le Smic va augmenter de 2,4% le 1er juin, sans coup de pouce
Une "bonne nouvelle" liée à une mauvaise: le Smic va augmenter le 1er juin de 2,4%, suivant la courbe de l'inflation qui repart à la hausse sur fond de conflit au Moyen-Orient, mais sans coup de pouce du gouvernement.
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé mercredi sur Franceinfo cette hausse "mécanique" du salaire minimum, qui prendra effet début juin et sera "au moins de 2,4%", le deuxième chiffre après la virgule restant à affiner.
Cette hausse représente une augmentation d'un peu moins de 35 euros net (44 euros brut) pour une personne payée au Smic travaillant à temps plein. Depuis le 1er janvier, le Smic est fixé à 1.443 euros net par mois (1.823 brut).
Revalorisé chaque 1er janvier (en fonction notamment de l'inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres), le Smic est également augmenté automatiquement en cours d'année si l'inflation dépasse 2%.
Or, l'Insee a indiqué mercredi, sans surprise, que les prix à la consommation avaient grimpé de 2,2% sur un an en avril, tirés par une forte accélération des prix de l'énergie et en particulier du pétrole dans un contexte de guerre au Moyen-Orient. Jean-Pierre Farandou a décrit l'augmentation du Smic début juin comme une "bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français" payés au salaire minimum.
Au 1er novembre 2024, environ 2,2 millions de salariés du secteur privé étaient rémunérés au Smic, soit 12,4% d'entre eux, selon les données du ministère du Travail.
Lors des manifestations du 1er-Mai, les slogans demandant une augmentation des salaires et pourfendant les milliardaires figuraient en bonne place dans les cortèges.
- "Maintien du niveau de vie" -
Cette augmentation de 2,4% "n'est pas un coup de pouce" mais "une revalorisation mécanique du Smic qui est liée à notre système social français", a toutefois insisté M. Farandou.
Le ministre a aussi rappelé d'autres mesures prises pour les travailleurs modestes, revalorisation de 50 euros en moyenne de la prime d'activité pour trois millions de ménages et prime carburants pour les gros rouleurs.
Ces 2,4% d'augmentation, "ce n'est pas du plus, c'est juste le maintien du niveau de vie pour les salariés au Smic", a réagi la CGT dans un communiqué. Le syndicat demande "une revalorisation de 5%" en plus de l'augmentation liée à inflation, puis que le Smic augmente progressivement "pour atteindre 2.200 euros brut à terme", ainsi que le rétablissement de l'indexation de tous les salaires sur les prix.
Au-delà des évolutions mécaniques, le gouvernement peut donner un coup de pouce au Smic, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l'élection de François Hollande à l'Élysée. Après l'augmentation mécanique du 1er janvier dernier, les syndicats avaient déploré que le gouvernement n'ait pas profité du contexte de faible inflation pour lui donner un coup de pouce.
L'augmentation du Smic en raison de l'inflation se produit au moment où le débat sur les exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires (entre un et trois Smic) revient sur la table.
Fin avril, le gouvernement a mis en avant la nécessité de réaliser six milliards d'euros d'économies en 2026 pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient. Les allègements de cotisations patronales sur les bas salaires, auxquels les organisations patronales sont très attachées, représentent une manne financière d'autant plus importante que chaque revalorisation du Smic en fait grimper le coût.
Le ministre des Comptes publics David Amiel avait indiqué fin avril dans un entretien aux Echos que l'inflation pourrait ainsi entraîner un coût supplémentaire de 1,5 milliard d'euros de ces allègements de charges.
L.Stucki--VB