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Moyen-Orient: les stocks stratégiques de pétrole sur la table des dirigeants du G7
Les chefs d'Etat et de gouvernement du G7 se réunissent mercredi après-midi par visioconférence pour tenter d'"atténuer" les "conséquences économiques" de la guerre au Moyen-Orient, et peut-être trancher la question sensible d'un recours aux réserves stratégiques de pétrole pour contrer la flambée des prix.
C'est la troisième réunion en autant de jours, mais la première au niveau des dirigeants, de ce forum qui regroupe les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, le Japon et le Canada, à l'initiative d'Emmanuel Macron qui le préside cette année. Celles des ministres des Finances, lundi, puis de l'Energie, mardi, n'ont pas abouti à une décision définitive.
Les ministres du G7 Energie ont assuré être "prêts" à prendre "toutes les mesures nécessaires", en coordination avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans un communiqué publié mercredi, au lendemain de leur entretien. "Nous soutenons en principe la mise en œuvre de mesures proactives pour remédier à la situation, y compris le recours aux réserves stratégiques" de pétrole, ont-ils affirmé.
Cette idée de puiser de manière coordonnée dans les stocks stratégiques, que le président français envisage depuis dimanche, sera "sans doute" au menu de la visioconférence des dirigeants du G7 prévue à 15H00 (14H00 GMT), a dit mercredi matin le ministre français de l'Economie et de l'Energie Roland Lescure. Tout en précisant qu'à "ce stade, la décision n'est pas prise".
- "Sans précédent" -
Selon des informations rapportées mardi soir par le Wall Street Journal, l'AIE propose un recours "sans précédent" aux réserves stratégiques afin d'enrayer la flambée des prix.
Ce déblocage discuté dépasserait les 182 millions de barils de pétrole mis sur le marché par les pays membres de l'AIE en deux phases en 2022, au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, précise le journal américain des affaires qui cite des responsables proches du dossier. Contactée par l'AFP, l'AIE n'a pas répondu dans l'immédiat.
"L'objectif" du travail mené "sur les réserves stratégiques" est de "s'assurer que dans des zones où il y a des tensions d'approvisionnement (...), on puisse intégrer le fait que le marché se libère", ce qui permettrait de "faire baisser les cours", avait expliqué Roland Lescure mardi.
"Il faut donner un message très clair: si on ne peut pas rouvrir le détroit d'Ormuz, on va le remplacer par d'autre pétrole qui viendra d'ailleurs et qui va circuler dans le monde", a-t-il complété mercredi.
La guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui mène depuis des représailles contre des cibles dans plusieurs pays de la région, a provoqué la fermeture de facto de ce détroit du Golfe - par lequel transite, en temps de paix, un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cela a entraîné de facto une forte hausse du cours du baril.
Emmanuel Macron et d'autres dirigeants ont dit travailler à des solutions pour sécuriser une future réouverture d'Ormuz, tout en reconnaissant que cela ne serait pas possible tant que la guerre est dans sa phase actuelle de frappes incessantes.
Après plusieurs jours de flambée -jusqu'à près de 120 dollars le baril lundi-, les cours du brut ont finalement chuté mardi à la suite des déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre avec l'Iran était "quasiment" terminée.
Le G7 convoqué par le président français mercredi vise justement à évoquer "les conséquences économiques" du conflit, et "les mesures pour les atténuer", notamment sur le front énergétique, selon l'Elysée.
C'est "la première discussion sur cet enjeu entre membres du G7", au niveau des dirigeants, a souligné la présidence, estimant que "la coordination économique est un enjeu central pour avoir une réponse efficace et utile à la situation".
H.Kuenzler--VB