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Grâce à Donald Trump, un nouveau souffle pour Davos?
Le président américain Donald Trump a volé la vedette au Forum économique mondial à Davos, mais il a peut-être aussi relancé ce rendez-vous annuel des élites mondiales.
La réunion, qui rassemble tous les hivers dans les Alpes suisses grands patrons, dirigeants politiques et experts reconnus dans leur domaine, est régulièrement accusée d'être déconnectée des réalités, avec des conversations débouchant sur peu d'avancées concrètes.
Mais tous les yeux étaient tournés vers Davos cette semaine quand Donald Trump a déboulé dans le village au milieu d'une tempête géopolitique autour du Groenland.
Des files d'attente de centaines de personnes se sont créées pour écouter son discours, qui a provoqué cris de surprise et rires nerveux quand le président s'est moqué de ses alliés ou a exclu d'utiliser la force pour s'emparer du Groenland.
"Les gens ont fait la queue pour écouter le président Trump comme ils n'ont fait la queue pour aucun autre intervenant. Personne n'a reçu un tel intérêt", a relevé le président letton Edgars Rinkevics auprès de l'AFP.
"Je pense que dans une certaine mesure, Davos est redevenu ce qu'il était censé être. (Un endroit) pour entendre des perspectives différentes, débattre, discuter, ne pas être d'accord, se mettre d'accord, construire des ponts plutôt que les détruire", a-t-il détaillé.
Davos a été cette année le théâtre d'intenses efforts diplomatiques, culminant avec l'annonce par Donald Trump du "cadre d'un futur accord" sur le Groenland après une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.
Le lendemain, le président américain a rencontré son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky dans le cadre d'efforts pour mettre fin à la guerre en Ukraine, et a lancé son "Conseil de paix".
Un discours a même reçu une rare ovation debout: celui du Premier ministre canadien Mark Carney, qui a décrit une "rupture" de l'ordre mondial dans un discours qui a irrité Donald Trump.
- La mondialisation a "échoué" -
Davos est surtout réputé pour les discussions et les transactions qui s'y organisent en marge du programme officiel. Avec de grands moments dans le passé, par exemple le dégel des tensions entre la Grèce et la Turquie en 1988 ou des discussions entre Frederik de Klerk, le président de l'Afrique du Sud de l'apartheid, et le dissident d'alors Nelson Mandela.
Mais cela faisait des années qu'il n'avait pas été l'épicentre d'un tel événement géopolitique.
L'administration Trump est venue en force dans la station suisse pour y pousser son agenda visant à mettre "l'Amérique d'abord" - à l'antithèse des valeurs de multilatéralisme et de mondialisation défendues par le Forum économique mondial (WEF).
La mondialisation "est une politique qui a échoué. Et c'est ce que le WEF représente", a lancé le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick lors d'une table ronde.
Le WEF est également à un tournant avec le départ de son fondateur Klaus Schwab, visé par des accusations diverses de lanceurs d'alerte pour lesquelles il a ensuite été blanchi par une enquête interne.
Le patron du géant américain de la finance BlackRock, Larry Fink, qui a pris le relais comme co-président par intérim, l'a reconnu dans son discours d'ouverture.
"Il est évident que le monde nous fait beaucoup moins confiance pour aider à construire l'avenir. Si le Forum économique mondial veut être utile, il doit regagner cette confiance", a-t-il souligné.
Le milliardaire a aussi évoqué l'idée de tenir des réunions du WEF dans "des endroits où le monde moderne se construit vraiment", citant Detroit, Dublin, Jakarta ou Buenos Aires.
- "Les personnes qui comptent sont là" -
Davos reste l'endroit où les riches et puissants entretiennent leur réseau, et surtout font des affaires.
Marc Benioff, le patron du groupe technologique américain Salesforce, était dans son élément en serrant les mains d'autres grands patrons dans les couloirs du centre de congrès.
Il a notamment été invité à un dîner avec Donald Trump, au côtés d'autres dirigeants comme Tim Cook d'Apple, ou Jensen Huang de Nvidia.
La géopolitique "n'a pas d'impact pour la grande majorité des participants," a-t-il dit à l'AFP.
"Les gens qui comptent sont là, et les conversations qui sont importantes ont lieu ici", a-t-il assuré. Davos "n'a jamais été aussi important".
C.Stoecklin--VB