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Brésil: un fils Bolsonaro inculpé pour son lobbying à Washington
Un fils de l'ex-président brésilien Jair Bolsonaro a été inculpé lundi pour entrave au procès de son père, condamné pour tentative de coup d'Etat, le parquet lui reprochant son lobbying auprès de l'administration Trump.
Cette inculpation est intervenue le jour même de nouvelles sanctions américaines. Des représailles après la condamnation de l'ancien chef d'Etat d'extrême droite (2019-2022), allié du président américain, à 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat.
Le député Eduardo Bolsonaro, installé aux Etats-Unis depuis plusieurs mois, est soupçonné d'avoir "menacé des autorités judiciaires et d'autres pouvoirs" en affirmant qu'il obtiendrait des sanctions contre eux "de la part des autorités américaines", détaille un communiqué du parquet brésilien.
Le troisième fils de Jair Bolsonaro y a vu la preuve qu'il est la victime d'une "persécution politique".
Paulo Figueiredo, l'un de ses proches, a aussi été inculpé. Petit-fils du dernier général à la tête de la dictature militaire (1964-1985), il se vante lui aussi sur les réseaux sociaux de son lobbying auprès de Washington pour des sanctions contre le Brésil.
Il y a un mois, la police fédérale avait recommandé ces deux inculpations, mais aussi celle de Jair Bolsonaro, assigné à résidence depuis début août dans le cadre de ce dossier.
Donald Trump et son gouvernement font pression depuis plusieurs mois contre les autorités brésiliennes, accusées de "chasse aux sorcières" contre Jair Bolsonaro.
En plus d'une surtaxe punitive de 50% sur une partie de exportations brésiliennes vers les Etats-Unis, Washington a adopté une série de sanctions individuelles.
- Epouse de magistrat visée -
Lundi, le Trésor américain a annoncé de nouvelles sanctions, visant cette fois l'épouse du juge Alexandre de Moraes, chargé du procès Bolsonaro.
Viviane Barci de Moraes est ciblée de même qu'une entreprise liée à sa famille au titre de la loi Magnitsky déjà appliquée contre son mari, et qui permet de sanctionner des personnes accusées de violation des droits humains.
Ces sanctions entraînent le gel de l'ensemble de leurs éventuels avoirs détenus aux Etats-Unis ainsi que l'interdiction pour des citoyens ou entreprises de ce pays de faire affaire avec eux, sous peine de poursuites.
"L'application illégale et lamentable de la loi Magnitsky contre mon épouse (...) viole le droit international, la souveraineté du Brésil et l'indépendance du judiciaire", a réagi le juge Moraes dans un communiqué.
Le gouvernement brésilien a fait part de sa "profonde indignation", affirmant que "le Brésil ne s'inclinera pas face à cette nouvelle agression".
Mais pour le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, les sanctions visent à "tenir Moraes responsable de l'abus de son autorité, de la mise en place d'un système de censure, du ciblage flagrant d'opposants politiques et de graves violations des droits humains".
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a prévenu que son ministère continuerait de "cibler les individus qui apportent un soutien matériel à Moraes dans ses atteintes aux droits humains".
Par ailleurs, interrogé sur des informations de presse selon lesquelles son visa américain a été révoqué, Jorge Messias, avocat-général de l'Union, a fustigé une "agression injuste" et dit "recevoir sans crainte la mesure spécifiquement dirigée" contre lui.
Responsable de la défense des intérêts de l'Etat brésilien, il a le statut de ministre.
Le 11 septembre, à l'issue d'un procès historique, la Cour suprême du Brésil a condamné Jair Bolsonaro à 27 ans de prison pour avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir après sa défaite électorale face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva en 2022.
Sa défense compte faire appel et son camp tente de pousser pour le vote d'une loi d'amnistie au Parlement pour lui épargner la prison.
Des dizaines de milliers de sympathisants de gauche ont manifesté dimanche à travers le pays pour exprimer leur rejet d'une telle amnistie.
C.Kreuzer--VB