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Stellantis: les difficultés se confirment avec une lourde perte au premier semestre
La passe difficile se confirme pour le géant automobile Stellantis: longtemps l'un des constructeurs européens les plus rentables, il a annoncé lundi une lourde perte au premier semestre, pénalisé par le recul de ses ventes, des coûts de production plus élevés et les droits de douane aux Etats-Unis.
Le constructeur aux quatorze marques (Peugeot, Fiat, Chrysler, Jeep...) chiffre sa perte nette à 2,3 milliards d'euros au premier semestre 2025, selon des résultats préliminaires, non encore audités.
Au premier semestre 2024, le groupe franco-italo-américain avait dégagé un bénéfice net de 5,6 milliards d'euros, déjà en forte baisse par rapport au niveau record de 2023.
Sur les six premiers mois de l'année, Stellantis a réalisé un chiffre d'affaires de 74,3 milliards d'euros, selon le communiqué du groupe, soit un repli de 12,5% par rapport à la même période de 2024.
Des annonces négatives "étaient largement attendues", au regard de l'évolution des ventes et de l'arrivée d'un "nouveau patron susceptible de faire un peu le ménage (amenant ainsi de nouvelles provisions, des restructurations)", indiquent dans une note les analystes de ODDO BHF.
L'Italien Antonio Filosa a pris la tête de Stellantis fin juin, six mois après le départ de Carlos Tavares.
L'action Stellantis baissait de 1,4% à 7,80 euros vers 15H50, dans un marché en repli. Depuis le 1er janvier, l'action du groupe a vu sa valeur fondre de plus de 38%.
- Déroute en Amérique du Nord -
Le constructeur a notamment comptabilisé "environ 3,3 milliards d'euros de charges nettes avant impôts", dont 2 milliards sont liés à des annulations de programme "où nous ne voyions pas de rentabilité suffisante", a précisé le directeur financier Doug Ostermann lors d'une conférence avec des analystes.
Cela comprend la fin du programme de développement de l'hydrogène, évalué à 700 millions d'euros, et des charges de restructuration, "principalement liées à des réductions d'effectif en Europe", selon M. Ostermann.
Des dépréciations sur certaines plateformes Maserati et la fin programmée des sanctions visant les constructeurs ne respectant pas certaines normes de pollution aux Etats-Unis, auxquelles Stellantis s'était préparé, pèsent pour 1 milliard d'euros.
Enfin, près de 300 millions d'euros concernent l'extension de rappels de véhicules équipés d'airbags Takata en Europe.
Stellantis cite aussi "les arrêts temporaires de production pratiqués au début du trimestre en réponse aux nouveaux tarifs douaniers en Amérique du Nord" et "la transition de l'offre produit en Europe élargie", avec plusieurs nouveaux modèles encore "en phase de montée en cadence".
Le volume de véhicules livrés a chuté de 6% au deuxième trimestre 2025, à 1,45 million de véhicules, après un repli de 9% au premier trimestre.
Ces niveaux "correspondent aux consensus", notent les analystes d'Oddo BHF, mais la déroute est plus marquée en Amérique du Nord, avec 322.000 véhicules facturés (en baisse de 25% au deuxième trimestre), "contre 367.000 attendus", quand l'Europe "correspond" aux attentes et que les marchés émergents font des "étincelles".
- "Vents contraires" -
Aux Etats-Unis, les constructeurs sont confrontés à la hausse des droits de douane sur les voitures fabriquées hors du pays, soumises à une surtaxe de 25% depuis début avril (15% pour le Mexique).
Stellantis chiffre à 300 millions d'euros les "droits de douane net encourus" dans ce cadre.
En Europe aussi le constructeur fait face à de forts "vents contraires", selon Doug Ostermann en raison de "l'incertitude économique et de l'instabilité règlementaire", a-t-il affirmé.
La chute des ventes d'utilitaires (-13% en un an en Europe), où Stellantis est leader avec 30% des parts de marché, affecte durement le constructeur.
Le 30 avril, Stellantis avait suspendu ses prévisions financières en raison de l'incertitude crée par l'imposition des droits de douanes américains.
Les résultats semestriels définitifs seront publiés "comme prévu" le 29 juillet, précise le groupe.
Depuis l'année dernière, Stellantis souffre de ses difficultés sur le marché américain, qui avait longtemps tiré vers le haut sa rentabilité, et de la "normalisation" des tarifs des véhicules après les sommets atteints à cause de la pandémie du Covid et des pénuries de pièces électroniques.
Sur le marché français de la voiture neuve, au ralenti depuis plus d'un an, le groupe s'est fait doubler par Renault au premier semestre.
L.Maurer--VB