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Conclave sur les retraites : les blocages demeurent à la mi-journée
A quelques heures de la fin prévue du conclave sur les retraites, voulu par François Bayrou pour rediscuter la contestée réforme de 2023, les négociations entre partenaires sociaux ne progressent pas, ont indiqué mardi à la mi-journée les participants.
La négociation "n'a pas avancé", a déploré juste avant la pause déjeuner Yvan Ricordeau, le représentant de la CFDT, qui a agité le spectre d'un échec.
"Si ce (mardi) soir, il n'y a pas de +bougé+ du patronat sur la question de la pénibilité et sur la question des âges (de départ), ça ne servira à rien" de poursuivre les discussions, a-t-il mis en garde devant la presse.
"Je ne sais pas comment ça va se terminer cet après-midi, mais si l'heure du déjeuner ne permet pas au patronat de revenir à une situation un peu plus humaine, je pense que ce (mardi) soir on va avoir un problème", a aussi regretté Pascale Coton, la représentante de la CFTC.
Les négociations doivent reprendre à 15H00.
Pour tenter de mettre de l'huile dans les rouages, le Premier ministre, François Bayrou, s'est dit prêt lundi à accorder "quelques jours de plus" aux cinq participants encore présents: CFDT, CFTC, CFE-CGC côté syndical, Medef et CPME côté patronal.
Mais les syndicats ont martelé qu'ils ne souhaitaient pas poursuivre les discussions si le Medef, principal représentant patronal, ne mettait pas sur la table de nouvelles propositions.
- "Insupportable pour nous" -
Les syndicats veulent en particulier obtenir que la pénibilité et l'usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l'âge légal fixé par la réforme Borne de 2023.
La CFDT, en particulier, veut obtenir une possibilité de départ anticipé pour manipulation de charges lourdes, postures pénibles ou exposition aux vibrations mécaniques, dans le cadre d'un compte pénibilité (C2P) déjà existant.
Le patronat refuse pour l'instant une telle mesure. Ce serait "insupportable pour nous", a déclaré mardi matin en arrivant au conclave Eric Chevée, le représentant de la CPME (patronat pour petites et moyennes entreprises).
La CPME a proposé à la place un dispositif qui consisterait à créer des "points d'usure" pour les personnes "qui doivent porter des charges lourdes, subir des postures pénibles ou des vibrations mécaniques", ouvrant "droit à des formations, des aides à la reconversion".
Mais les syndicats accusent le patronat de privilégier la reconversion plutôt que les départs anticipés.
Parmi les autres "points durs", la CFTC a également mis comme "ligne rouge" - objectif impératif - le passage à 66 ans de l'âge de départ sans décote (contre 67 ans), également rejeté par le patronat.
- Prime seniors "pas évoquée" -
"C'est un mandat que j'ai de mon organisation, on ne peut pas faire autrement", a indiqué Pascale Coton, représentante de la CFTC.
Les syndicats ont en tout cas enterré la proposition sortie du chapeau lundi par François Bayrou d'une "prime" pour inciter les salariés seniors à retarder leur départ à la retraite.
"Ce n'est ni une demande d'une organisation syndicale, ni d'une organisation patronale. Elle n'a fait l'objet d'aucun chiffrage et d'aucune étude de faisabilité, et pour l'instant, elle n'a pas été évoquée", a souligné Yvan Ricordeau à la mi-journée.
Même si ça ne faisait pas grand mystère depuis le début, le Medef a entériné depuis le 10 juin qu'il ne bougerait pas sur l'âge de départ à 64 ans.
Cela ne signifie pas forcément une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dépendra de ce que le patronat lâchera en termes de carrière des femmes, de pénibilité, ou d'augmentation de cotisations sociales.
Car au-delà des aménagements qui pourraient être apportés à la réforme Borne, les partenaires sociaux doivent aussi parvenir à trouver les recettes financières pour permettre le retour à l'équilibre du système des retraites en 2030, alors que la prévision de déficit pour cette échéance est aujourd'hui de 6,6 milliards d'euros.
Pour les sources de financement, les syndicats ne rejettent pas l'idée que les retraités puissent être mis à contribution. Les scénarios envisagés tournent autour d'une sous-indexation des retraites sur l'inflation - comme c'est déjà le cas pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco - ou d'une augmentation des taux de CSG susceptible d'épargner les retraités modestes.
Mais "Medef et CPME ne veulent pas participer à l'effort financier", dénonce Pascale Coton pour la CFTC: les organisations patronales refusent en effet d'augmenter les cotisations salariales ou patronales.
R.Kloeti--VB