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La Fed ralentit le rythme des hausses de taux mais veut les poursuivre
L'inflation a commencé à reculer aux Etats-Unis, mais le travail de la banque centrale américaine (Fed) est loin d'être terminé, a assuré mercredi son président, alors que l'institution a relevé ses taux d'un quart de point et envisage des hausses supplémentaires.
La Fed a relevé mercredi son principal taux directeur pour la huitième fois d'affilée, mais a ralenti le rythme par rapport aux précédentes hausses.
Cette première réunion de l'année marque en effet un retour au rythme plus habituel d'un quart de point. Mais des hausses supplémentaires sont à prévoir, a averti l'institution.
"Nous parlons de quelques hausses des taux supplémentaires pour arriver au niveau que nous pensons être suffisamment restrictif", a indiqué le président de l'institution Jerome Powell, lors de sa conférence de presse.
Car si la situation s'améliore sur le front de l'inflation, il est trop tôt pour crier victoire.
On observe "le début de la désinflation", a dit le président de la Fed, mais "l'inflation reste élevée", et les resserrements de politique monétaire mettent du temps à faire pleinement sentir leurs effets.
Ainsi, "bien que les développements récents soient encourageants, nous aurons besoin de davantage de preuves pour être convaincus que l'inflation ralentit durablement", a-t-il martelé.
Wall Street a salué la modeste hausse des taux et le ton équilibré de Jerome Powell, et a terminé dans le vert mercredi.
- "Petits pas" -
"Le communiqué souligne que les choses évoluent positivement, mais la Fed avance par petits pas", a commenté Ian Shepherdson, chef économiste pour Pantheon, dans une note.
Les taux se situent désormais dans une fourchette de 4,50 à 4,75%. Ils devraient rester à un niveau élevé pendant un moment, pour continuer à freiner l'activité économique et contenir la hausse des prix.
En effet, si l'économie ralentit et que l'inflation recule "lentement" comme prévu, il ne sera "pas opportun de baisser les taux cette année ou d'assouplir la politique monétaire", a également averti Jerome Powell.
La hausse des prix à la consommation est tombée en décembre à 5,0% sur un an contre 5,5% en novembre, selon l'indice PCE, que la Fed veut ramener autour de 2%.
Une autre mesure de l'inflation, l'indice CPI, sur laquelle sont indexées les retraites, a aussi montré un fort ralentissement en décembre, à 6,5% contre 7,1%.
La Fed continue par ailleurs à réduire son bilan, un mouvement entamé en juin, après avoir, pendant la pandémie de Covid-19, acheté des titres pour inonder le marché de liquidités et lui permettre de continuer à fonctionner.
Le comité de politique monétaire de la Fed, le FOMC, a aussi, dans le communiqué publié à l'issue de sa réunion, relevé que "les indicateurs récents montrent une croissance modérée des dépenses et de la production".
- Possible d'éviter la récession -
L'objectif des hausses de taux est de pousser les banques à relever les taux d'intérêt des prêts aux ménages et entreprises, afin de faire ralentir la consommation et donc d'empêcher les prix de continuer leur escalade vertigineuse.
Mais la consommation étant le moteur de l'économie américaine, un resserrement trop fort pourrait conduire à une récession.
Jerome Powell juge possible de "revenir à une inflation de 2% sans ralentissement vraiment significatif ni augmentation vraiment importante du chômage". Mais il serait aussi "tout à fait possible" de voir le chômage, actuellement à 3,5%, grimper à près de 5%, a-t-il également souligné.
L'état du marché du travail est observé de près par la Fed, après deux années de pénurie de travailleurs qui ont fait grimper les salaires, en plein épisode de forte inflation.
Les chiffres officiels de l'emploi en janvier seront publiés vendredi. Le taux de chômage pourrait augmenter à 3,6%, un niveau cependant toujours parmi les plus bas des 50 dernières années. Le nombre de créations d'emplois est lui attendu en ralentissement, à 187.000 contre 235.000 en décembre, selon le consensus de Briefing.com.
Un chiffre, publié mardi par le département du Travail, avait semblé persuader les économistes que l'inflation était désormais durablement sur la bonne voie: le coût moyen d'un salarié, avec une hausse au quatrième trimestre moins forte que celles des trimestres précédents.
Jeudi c'est au tour de la BCE de se réunir. L'institution européenne a commencé plus tard que la Fed à relever ses taux. Elle devrait de nouveau les relever, et même laisser entrevoir d'autres hausses.
G.Schulte--BTB