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P. Diddy bientôt fixé sur son sort
Le magnat du hip-hop P. Diddy, acquitté des charges les plus lourdes retenues contre lui au terme d'un procès pour violences sexuelles hypermédiatisé, attend vendredi d'être fixé sur sa peine.
L'audience de prononcé de la sentence a démarré au tribunal de New York qui juge la star, en sa présence et devant un public venu en nombre. Sa famille est là également, à qui il a envoyé un baiser de la main en entrant dans la salle.
Semblant vouloir rejouer le procès, la défense et l'accusation ont répété leurs arguments.
La procureure Christy Slavik, qui réclame une peine d'au moins onze ans de prison, a répété qu'une sanction lourde se justifiait.
"Aujourd’hui il s’agit de responsabilité et de justice" pour des "victimes dont la vie a été brisée", a-t-elle dit. Elle a écarté les remords tardifs de l'accusé, qui dans un courrier envoyé jeudi au juge a demandé pardon pour ses actes, se disant "brisé" par ce qu'il a fait.
"Il n'a assumé cette violence que dans la mesure où cela lui servait", comme une "stratégie de procès", a cinglé Christy Slavik.
Ses avocats ont au contraire dépeint un homme défait et repentant, s'illustrant par sa sagesse en prison, un modèle pour ses codétenus auxquels il donne des leçons pour leur enseigner les clés du succès.
L'une d'elle, Nicole Westmoreland, a livré une plaidoirie émue, dépeignant un "modèle pour la communauté noire". "Il a commis des erreurs" mais "il éprouve des remords", a-t-elle déclaré. Plusieurs des enfants de l'artiste ont également défilé à la barre pour dire à quel point leur père était un "héros".
Ses défenseurs demandent que sa peine n'excède pas 14 mois, une durée qui permettrait à Sean Combs d'être libéré avant la fin de l'année, compte tenu du temps passé en détention provisoire à Brooklyn.
Prenant à son tour la parole, le juge Arun Subramanian a semblé pencher pour une peine assez lourde, évoquant une fourchette de six à sept ans - bien qu’il dispose de toute latitude pour le condamner à plus ou moins. Il a également relevé une apparente absence de remords de l'accusé, déclarant que Sean Combs avait "contesté avec véhémence sa culpabilité".
- "représailles" -
Après deux mois de débats à New York, les jurés ont rejeté en juillet les accusations les plus graves de trafic sexuel et d'association de malfaiteurs portées contre Sean Combs, de son vrai nom, lui épargnant l'emprisonnement à perpétuité
Mais l'ex-rappeur et homme d'affaires de 55 ans a été reconnu coupable des faits de transport de personnes à des fins de prostitution passibles de 20 ans d'emprisonnement au total.
Parmi les victimes, la chanteuse Cassie, sa petite amie de 2007 à 2018, a exhorté avant l'audience de vendredi le juge à prendre en compte "les nombreuses vies que Sean Combs a bouleversées". Elle a affirmé qu'elle et sa famille avaient quitté la région de New York par crainte de "représailles" s'il était libéré.
L'ex-homme fort du hip-hop, apparu vieilli aux audiences, cheveux et barbe blanche, a connu une triple carrière de producteur, rappeur et homme d'affaires. Il avait signé la légende du rap The Notorious B.I.G dans les années 90, avant de connaître lui-même le succès sous le nom de Puff Daddy, puis de s'associer à des marques d'alcool.
Il était accusé d'avoir forcé des femmes - dont Cassie et une compagne plus récente ayant témoigné sous le pseudonyme de "Jane" - à se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués pendant que lui se masturbait ou filmait.
Il lui était aussi reproché d'avoir mis en place un réseau criminel pour organiser ces activités nommées "freak-offs" ou "hotel nights".
Durant les débats, Cassie, enceinte, et "Jane" ont raconté qu'elles étaient soumises à des menaces liées à leur réputation, leur situation financière et leur intégrité physique.
Les jurés ont visionné des enregistrements des marathons sexuels en question, ainsi que les images de caméras de surveillance d'un hôtel de Los Angeles montrant P. Diddy traînant au sol Cassie et la rouant de coups.
Très offensifs lors de leurs contre-interrogatoires, les avocats de la défense ont assuré que les "freak-offs" étaient consentis et que leur client avait un style de vie "polyamoureux" qui ne tombe pas sous le coup du droit pénal.
N.Schaad--VB