-
A Zagreb, une dizaine de taxis autonomes pour une première en Europe
-
"Je voudrais qu'on m'opère": le rêve sportif en suspens d'un enfant cubain
-
Anthropic loue le superordinateur de Musk pour tenir tête à OpenAI
-
CIJ: Le Venezuela affirme que ses droits sur l'Essequibo sont "inaliénables"
-
Le lait contaminé hors de cause dans la mort d'un bébé à Angers
-
"C'était de la boucherie" : un dentiste de Lozère face à la souffrance de patients mutilés
-
Les prix de l'essence à un record, le gouvernement tente de rassurer le secteur aérien
-
Prison avec sursis en Belgique pour la chanteuse Rokia Traoré, dans un litige familial
-
"Flottille pour Gaza": les deux militants restent en prison en Israël
-
A la Biennale d'art de Venise, la présence de la Russie ne passe pas
-
En Indiana, Trump démontre encore son ascendant sur le Parti républicain
-
La Bourse de Paris termine en hausse de près de 3%, porté par les espoirs de paix au Moyen-Orient
-
Le pape pourrait venir en France fin septembre, selon la Conférence des évêques de France
-
Mort du pionnier de l'info en continu Ted Turner, créateur de CNN
-
Moyen-Orient: vague de soulagement sur les marchés mondiaux, le pétrole dégringole
-
Mort de Amal Khalil: son journal porte plainte contre un expert de BFMTV
-
Hantavirus sur un bateau de croisière: un mode de transmission marginal favorisé par la promiscuité
-
Tour de France: "Ça va être exceptionnel à vivre", souligne Paul Seixas
-
La filière aérospatiale française recrute et mise sur la défense
-
Le pétrole en forte baisse avec l'espoir d'un retour aux négociations
-
Wall Street transportée par l'espoir d'un accord sur le Moyen-Orient
-
Inquiets face à la "coercition économique", les pays du G7 Commerce vont "muscler" leur réponse
-
A Venise, les Femen et Pussy Riot manifestent contre la présence russe à la Biennale d'art
-
Génocide au Rwanda: la justice française demande la poursuite de l'instruction visant Agathe Habyarimana
-
Maladies transmises par les moustiques: appels à la vigilance, après une année 2025 record
-
L'Indonésie veut interdire l'e-commerce aux enfants pour ne pas "les laisser seuls" face aux géants, selon une ministre
-
Le biogaz, une énergie bon marché pour réduire la déforestation dans l'est de la RDC
-
Moyen-Orient: vent d'euphorie en Bourse avec l'espoir d'un accord
-
Des manifestations contre la présence russe ouvrent la Biennale de Venise
-
Les néobanques rendent la rémunération des dépôts plus agile (blog de la BCE)
-
En Italie, le tennis boosté par Jannik Sinner fait la leçon au foot
-
Hantavirus: trois cas suspects évacués du navire, un autre malade traité à Zürich
-
Liban: un chanteur devenu islamiste acquitté pour tentative de meurtre
-
La plateforme de TV5 Monde se dote de sous-titres en swahili et lingala
-
Moyen-Orient: les Bourses européennes accèlèrent le pas avec l'espoir d'un accord
-
Moyen-Orient: forte baisse du pétrole après les "grands progrès" annoncés par Trump
-
Guatemala: un successeur nommé pour remplacer la procureure générale sous sanctions
-
Burkina: RSF demande la "libération immédiate" d'un journaliste séquestré à Ouagadougou
-
L'Ukraine accuse la Russie d'avoir ignoré le cessez-le-feu unilatéral de Kiev
-
Climat: en Nouvelle-Zélande, un combat judiciaire contre la "pensée magique"
-
La Bourse de Paris veut voir la vie en rose
-
En Lozère, un dentiste jugé pour des dizaines de mutilations
-
Marchés mondiaux: détente au Moyen-Orient, retour à l'optimisme de la tech
-
CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz
-
Les Bourses européennes en hausse à l'ouverture portées par les espoirs de détente
-
Iran: Washington attend des "mesures concrètes" de l'Irak
-
Les marchés européens prêts à bondir à leur tour, poussés par des espoirs de paix
-
En Somalie, l'angoisse des déplacés par la sécheresse sans aide humanitaire
-
Léon XIV, une année de retenue rattrapée par la crise avec Trump
-
Ligue des champions: Bayern-PSG, le retour des artistes pour une place en finale
Au grand prix des horlogers de Genève, l'Albanie dans une montre
Sous un dôme en saphir, douze statues en or dansent sur un sol en verre de Murano. Le tout mesure moins de 5 cm sur 5 et coûte la bagatelle de 1,2 million de francs suisses : la première montre albanaise à concourir à Genève ne ressemble à aucune autre.
Pour parvenir à entrer dans le très select club des horlogers invités au Grand Prix de l'horlogerie de Genève, le bijoutier Pirro, 65 ans, a surmonté les jalousies, les lettres anonymes, la dictature la plus fermée d'Europe, et des défis techniques dont il ne dira rien.
Assis dans son atelier de Tirana, caché au fond d'une ruelle, Pirro Ruco prend le temps de raconter sa vie, dont les sursauts reflètent ceux de l'Albanie, passée en 30 ans de la dictature d'Enver Hoxha aux montres de luxe.
C'est par une médaille, rouge et or, déjà, que tout commence. En 1985 Pirro - qui se rêve alors ingénieur - fabrique grâce à une technique nouvelle une médaille à l'effigie du dictateur.
Ces médailles remises pour saluer les valeurs morales des partisans les plus fidèles du régime étaient importantes pour la dictature. Et celle présentée par Pirro, un profil doré d'Hoxha sur fond rouge, tape dans l'œil de la femme du dictateur, puis attire l'attention du bureau politique. "Cela m'a sauvé".
Dix mille médailles seront produites – "tous les délégués du congrès ont dû la porter, je me suis fait un nom avec ça !".
- Oeuvre d'art -
Exilé depuis quelques années comme ouvrier dans une usine textile pour le punir d'un esprit trop "rebelle" et d'une biographie qui ne satisfait pas le régime, le jeune homme peut enfin rentrer à Tirana au mitan des années 1980 et rêver de devenir enfin ingénieur.
Mais, raconte-t-il, une lettre anonyme parvient aux autorités, affirmant que la médaille est en fait le travail "d'agents étrangers" dans le but de faire monter Pirro dans la hiérarchie du régime pour l'infiltrer. Quatre agents des services secrets débarquent alors chez lui, demandant à voir la machine sur laquelle il a fabriqué les prototypes. Accusé sur le champ de propriété privée des moyens de productions, son rêve s'éloigne.
Malin, il se rachète auprès du régime en fabriquant une bague à l'effigie du défunt mari d'une membre du bureau politique. De nouveau dans les bonnes grâces du pouvoir, il gagne un concours organisé par le régime en réalisant des bagues à l'effigie de Skenderberg, mythique héros albanais.
Le jour de sa victoire en 1990 marque aussi celui de la chute du régime, qui précipitera l'Albanie dans plus de deux décennies de transition chaotique et violente.
Durant ces années Pirro continue à fabriquer des médailles pour les gouvernants, les chanteurs … "Je n'ai jamais voulu faire des bijoux, mais de l'art", explique-t-il. "Des sculptures, des images du pays, des morceaux de culture … Cette montre, c'est l'aboutissement de tout cela, de cet amour de l'Albanie"
Tout commence lors d'une visite à Bâle, en 2016, avec sa fille. Gemmologue de formation, elle voulait voir les bijoux. "Mais moi, j'ai eu envie de faire une montre. C'était mon nouveau rêve".
Il se met au travail, avec l'objectif de "faire quelque chose de spécial, d'albanais, et en même temps de tout à fait nouveau et de jamais vu dans l'industrie horlogère".
Pirro passera cinq ans, jour et nuit, sur cette montre, baptisée Primordial Passion. Une œuvre d'art mais aussi une prouesse technique, affirme-t-il : le mécanisme, méticuleusement réalisé en collaboration avec l'horloger suisse Agenhor, est une merveille de précision.
Des détails il ne dira rien. Secret industriel oblige.
A l'œil nu on peine à le distinguer mais les douze figurines sculptées qui marquent les heures représentent chacune une région albanaise, costume traditionnel et traits de caractère compris.
Les aiguilles, elles, sont enserrées dans les griffes d'un aigle, emblème du pays. "Dans cette montre, on voit tout le patrimoine de l'Albanie".
Est-ce que ce sera suffisant pour remporter le Grand Prix de l'horlogerie de Genève dans la catégorie métier d'art, les "Oscars de l'horlogerie" ? Pirro l'espère.
Quelques collectionneurs l'ont déjà contacté, dit-il. Pourrait-il vendre son œuvre ? "J'ai fixé un prix (1,28 millions d'euros, ndlr) parce que j'y était obligé. Mais pour moi, elle est inestimable".
I.Stoeckli--VB