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La Lituanie édulcore la réforme de l'audiovisuel public après des protestations
Le Parlement lituanien a adopté mardi une version édulcorée de la réforme du groupe audiovisuel public LRT sous l'effet de manifestations et de critiques internationales, les ONG de défense des médias continuant néanmoins à dénoncer des risques pour son indépendance.
Le conflit autour de LRT oppose depuis fin 2025 le gouvernement et une partie de la classe politique à des journalistes, ONG et institutions internationales.
Au coeur de la crise figurent des réformes législatives visant à modifier la gouvernance du média, notamment en facilitant le renvoi de son directeur, et à geler son financement public, ce que ses défenseurs dénoncent comme une menace directe pour son indépendance éditoriale.
Ces projets ont suscité de fortes mobilisations et critiques en Lituanie et à l'étranger.
Des milliers de personnes ont manifesté dans ce pays balte et des organisations tel que le Conseil de l'Europe ou des syndicats de journalistes alertaient sur un risque de mise sous contrôle politique du diffuseur public, dans un contexte de tensions régionales et de lutte contre la désinformation.
"Nous avons une loi qui a été soutenue par une majorité. L'utilisation des fonds publics par LRT sera plus efficace", s'est félicité mardi le président du Parlement, Juozas Olekas.
Selon les responsables de la coalition gouvernementale dirigée par les sociaux-démocrates, des changements se sont avérés nécessaires à la suite d'un audit financier.
Tout en saluant l'abandon de certaines projets de modifications dénoncées par le passé comme relevant de la censure et du contrôle politique, les organisations de protection des médias ont cependant regretté avant le vote que le conseil de surveillance reste politisé et que les nouvelles dispositions facilitent la révocation de l'actuel directeur général.
Les manifestations contre les réformes de LRT ont commencé en décembre dernier et se sont poursuivies jusqu'en avril, rassemblant jusqu'à 10.000 à 30.000 personnes, selon les estimations de la police et des médias.
Plus de 143.000 personnes ont signé une lettre contre "la mainmise politique sur le LRT", ce qui en fait la pétition en ligne historiquement la plus populaire à ce jour dans ce pays de 2,8 millions d'habitants.
Des critiques ont accusé les responsables politiques de cet Etat balte, membre de l'Otan et de l'UE, de tenter de prendre le contrôle de l'audiovisuel public. Selon eux, cette initiative s'inscrivait dans le cadre de réformes antidémocratiques promues par le parti populiste Aube sur le Niémen, membre de la coalition au pouvoir.
LRT emploie plus de 600 personnes, dont environ 200 journalistes.
En avril, le Parlement européen a adopté une résolution critiquant ce projet de loi, tandis que des organismes nationaux et internationaux, dont Reporters sans frontières (RSF) et l'Union européenne de radio-télévision (UER), ont demandé l'abandon de ces modifications.
B.Wyler--VB