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A Assise, des milliers de pèlerins se pressent pour voir les reliques de Saint François
"Nous avons vraiment la vérité sous les yeux": une file ininterrompue de visiteurs et pèlerins défile depuis dimanche matin en Italie à Assise (Ombrie, centre) pour voir les reliques de Saint François, dont les ossements sont exposés pour la première fois au public, jusqu'au 22 mars.
Sur la longue place qui s'étend devant l'église inférieure de la basilique Saint-François, familles avec enfants, couples, personnes âgées patientent sous une immense tente blanche après avoir passé les portiques de sécurité.
A raison d'environ 750 personnes admises toutes les demi-heures, moyennant une réservation préalable gratuite, le flux de visiteurs, qui a débuté à 07H00, ne tarit pas.
La basilique, pendant un mois, devrait faire face à une affluence record alors que près de 400.000 personnes ont déjà réservé un créneau de visite pour se recueillir devant les reliques de Saint François.
"Ça a été une matinée très émouvante, un événement unique que j’ai énormément apprécié", témoigne auprès de l'AFP, visiblement bouleversée, Nicoletta Benolli, 65 ans, en sortant de l'église sous un radieux soleil hivernal.
Le squelette du saint, dont 2026 marque le 800e anniversaire de la mort, y est visible devant l'autel dans une vitrine en plexiglas, elle-même enchâssée dans un caisson transparent que le public peut toucher.
Avoir cette proximité avec les ossements, "cela rend la chose très réelle", selon Nicoletta, qui a fait le déplacement depuis Vérone (nord).
Face aux reliques reposant sur un drap de soie blanc, beaucoup de pèlerins font le signe de croix, certains s'agenouillent. Une visiteuse fait lentement glisser son chapelet sur le caisson en verre et des larmes affleurent sur de nombreux visages.
En dehors de précédentes exhumations à des fins de contrôle et d'examen scientifique, les os de Saint François n'ont été exposés qu'une fois en 1978, à un public extrêmement restreint et durant une journée seulement.
- Des os "consumés" -
"Assurément, se tenir près d’un tel exemple de sainteté transmet quelque chose à l’esprit, donc on ressent presque le message de François en passant devant, comme s'il nous parlait", décrit à l'AFP Nicola Orlandini, 35 ans, venu avec sa compagne. "Même si c’est un passage très rapide, il est très intense".
Le corps de Saint François, fondateur de l'ordre des Franciscains, qui a renoncé à ses richesses et consacré sa vie aux pauvres, fut transféré dans la basilique construite en son honneur en 1230.
Mais ce n'est qu'en 1818, au terme de fouilles menées dans la plus grande discrétion, que sa tombe fut retrouvée. Celle-ci, scellée, se trouve en temps normal dans la crypte de la basilique.
Pour le frère franciscain Giulio Cesareo, directeur de la communication du couvent d'Assise, "on voit à l’œil nu que ce sont des restes vraiment consumés, mais non pas consumés par le temps, consumés par la fatigue, par les privations, par cet homme qui a énormément marché, qui dormait dans des grottes".
Le crâne de Saint François, qui était de petite taille, a aussi été endommagé lors du transfert de sa tombe dans la basilique au XIIIe siècle.
"Bien sûr, il est usé, mais en même temps, on le sent très vivant. Et c’est comme s’il était encore là en chair et en os, les os oui, mais surtout la chair, l’esprit et le message qu’il transmet", estime Nicola Orlandini.
Pour Nicoletta Benolli, Saint François "représente énormément de valeurs, parmi lesquelles celles de l’humilité, de la simplicité, de l’essentialité", qui sont "les plus importantes".
Une "joie immense, inexplicable" a saisi soeur Rosa Padhilete, de l'ordre des Franciscains, à la vue des reliques du saint.
"En contemplant, tout en silence, ces restes mortels", c'est "comme si Saint François était vraiment vivant, et cela ravive l’espérance en nous qui vivons maintenant sur la terre", relève la religieuse, venue de Naples.
T.Zimmermann--VB