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Disparition de Delphine Jubillar: l'ex-petite amie du mari auditionnée
L'ex-petite amie de Cédric Jubillar, qui affirme que le peintre-plaquiste lui a confié avoir tué son épouse Delphine, dont le corps n'a jamais été retrouvé, a été entendue par les enquêteurs mercredi à Auch, à deux mois de la date prévue de l'ouverture du procès.
La présidente de la cour d'assises du Tarn, Hélène Ratinaud, avait ordonné lundi que cette audition ait lieu avant le 31 juillet, alors que le procès de Cédric Jubillar pour meurtre par conjoint doit s'ouvrir devant cette cour à Albi, le 22 septembre pour quatre semaines.
"Après cette audition, je me sens soulagée d'avoir livré à la justice ce qui appartient à la justice et non à moi", a déclaré la jeune femme de 31 ans à France 3. "Ce n'était pas facile, il fallait le faire, je pense", a-t-elle ajouté, précisant avoir vu Cédric Jubillar pour la dernière fois au parloir le 18 juin. "C'est tout frais, mais une page se tourne", a-t-elle dit.
L'audition, qui a duré plusieurs heures à la gendarmerie d'Auch, a été menée par les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.
Cédric Jubillar, qui a toujours nié toute implication dans la disparition de sa femme infirmière à Cagnac-les-Mines (Tarn) dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, aurait confié à sa petite amie d'alors avoir étranglé son épouse.
Son avocat Joaquinito Maria Alogo de Obono a tenu à rappeler, dans un communiqué, que sa cliente, "depuis le début de ce dossier, a souhaité préserver son anonymat et a souhaité que sa parole - dont elle mesure aujourd’hui l’importance - soit réservée à la Justice", fustigeant les médias qui avaient tenté de révéler son identité.
La jeune femme a entretenu une relation avec Cédric Jubillar, alors déjà incarcéré, avant de prendre ses distances "après que M. Jubillar lui a fait ces révélations" au parloir de la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, où il est détenu, avait auparavant rapporté l'avocat.
L'accusé aurait, selon des documents judiciaires, déjà affirmé à un co-détenu ainsi qu'à une autre ex-compagne l'avoir tuée.
Jean-Baptiste Alary, l'un des trois avocats de Cédric Jubillar, s'est dit étonné mercredi du fait que, contrairement à ce qui s'est produit dans le passé, on ait "attendu trois mois" pour interroger la jeune femme.
"Je ne comprends pas. Cette information semble être connue depuis le 14 mai. Mais qu'est-ce qu'ils font? À l'époque du co-détenu, celui-ci était auditionné dans la journée. Et aujourd'hui, quelqu'un qui aurait reçu ces confidences, on attend trois mois pour l'auditionner. Je n'ai même plus d'explication", a-t-il dit à l'AFP.
Les services d'enquête avaient reçu le 14 mai le témoignage d'un "individu qui rapportait avoir reçu les confidences de la compagne de Cédric Jubillar sur son implication dans les faits qui lui sont reprochés", avant qu'un procès-verbal retranscrivant ces propos ne soit transmis début juillet à la présidente de la cour d'assises.
- "J'ai déjà tué" -
"J'ai déjà tué une fois, ne me trompe pas et tout se passera bien", lui aurait dit le peintre-plaquiste, incarcéré depuis sa mise en examen en juin 2021, selon des propos rapportés le 11 juillet à l'AFP par Me Alogo de Obono.
Cédric Jubillar aurait également raconté avoir brûlé le corps, selon Me Alogo de Obono, dans une ferme située "dans un périmètre de 15 km de la maison" des Jubillar, à Cagnac-les-Mines.
"Si ces propos ont été tenus, ils peuvent relever d'une provocation qui ne serait que la troisième. Je crois que, dans le caractère qui est le sien, il peut, peut-être de guerre lasse, à force d'entendre +mais qu'est-ce qui s'est passé ?+, par provocation, raconter n'importe quoi", a estimé Me Alary.
"Si on prend un peu de recul, les premières révélations ont fait l'objet d'investigations. Ça n'a strictement rien donné. Les deuxièmes révélations à son codétenu ont fait l'objet d'investigations, ça n'a strictement rien donné non plus", a-t-il encore affirmé.
À la suite des déclarations de cet homme qui a occupé une cellule à côté de celle de Cédric Jubillar, des recherches d'ampleur pour trouver le corps avaient été entreprises, en vain, début 2022. De nouvelles fouilles pourraient être ordonnées à la suite de l'audition de mercredi.
T.Germann--VB