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Plus de 300 tablettes cunéiformes restituées à l'Irak par un musée privé du Liban
Plus de 300 tablettes cunéiformes restituées à l'Irak par un musée libanais privé sont arrivées lundi à Bagdad, où les autorités œuvrent à récupérer à l'étranger les antiquités pillées dans le pays ravagé par les conflits successifs.
Les coffrets en bois scellés à la cire rouge contenant les 331 tablettes cunéiformes et six tablettes en argile sont arrivés par avion privé, après leur restitution par le musée Nabu (nord du Liban), a constaté un journaliste de l'AFP.
"Aujourd'hui, l'Irak a récupéré 331 tablettes cunéiformes", s'est réjoui en conférence de presse le directeur du Conseil irakien des Antiquités et du Patrimoine, Laith Majid Hussein.
Ces tablettes cunéiformes datent d'époques différentes, a-t-il précisé, citant notamment l'ère akkadienne (2.400 à 2.200 avant J.-C.), la troisième dynastie sumérienne d'Ur (2.111 à 2.006 avant J.-C.), et l'ancienne Babylone (2.004 à 1.594 avant J.-C.).
Le royaume d'Ur, fondé il y a plus de 4.500 ans, fut l'un des premiers centres de civilisation. Etabli sur les rives fertiles de l'Euphrate, c'est là que pour la première fois dans l'histoire de l'Humanité une écriture sous la forme de symboles cunéiformes a été utilisée.
M. Hussein a remercié la coopération des autorités libanaises, ainsi que le directeur du musée Nabu, "très coopératif sur ce dossier" car il "a facilité la restitution".
Dimanche une délégation irakienne a reçu les antiquités lors d'une cérémonie officielle au musée national de Beyrouth.
Le musée Nabu, du nom du dieu mésopotamien de la sagesse et de l'écriture, a ouvert en 2018, avec des centaines de pièces antiques, certaines vieilles de 3.000 ans, originaires du Liban, d'Irak, de Syrie, d'Egypte ou encore du Yémen.
Ces pièces sont issues de collections privées, notamment celle de Jawad Adra, l'époux de l'ex-ministre de la Défense du Liban, Zeina Akkar. Selon le catalogue du musée en 2018, la collection personnelle de M. Adra compte quelque 2.000 pièces.
En un an, l'Irak a récupéré près de 18.000 artefacts, dont 17.899 pièces restituées par les Etats-Unis.
Les autorités avaient organisé en décembre une cérémonie célébrant le retour d'une "tablette de Gilgamesh", joyau mésopotamien vieux de 3.500 ans.
Les antiquités irakiennes sont pillées depuis des décennies à la faveur des multiples conflits qu'a connus le pays, notamment après l'invasion américaine de 2003, puis l'arrivée des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en 2014, qui se sont adonnés à ce juteux trafic pour renflouer leurs caisses.
C.Kovalenko--BTB