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Musk contre Altman: un confondateur d'OpenAI et ses vieux carnets ouvrent la 2e semaine du procès
Après Elon Musk, c'est au tour d'un cofondateur d'OpenAI de témoigner lundi au procès que le multimilliardaire a intenté aux créateurs de ChatGPT, dans l'espoir de contraindre ses rivaux de redevenir une simple fondation à but non lucratif.
De ce procès, prévu jusqu'à fin mai en Californie, dépend la trajectoire du champion américain de l'IA générative, désormais valorisé à plus de 850 milliards de dollars et en lice pour une introduction en Bourse retentissante.
Son patron Sam Altman, qu'Elon Musk a aidé fin 2015 à démarrer OpenAI avant de devenir son ennemi juré, n'est attendu que la semaine du 11 mai sur le fauteuil des témoins au tribunal d'Oakland, près de San Francisco.
Le PDG de Microsoft Satya Nadella, dont le groupe est accusé d'avoir illégalement financé et profité de la transformation d'OpenAI en entreprise à but lucratif, doit aussi témoigner bientôt.
En attendant, c'est Greg Brockman, le plus fidèle compagnon de route de Sam Altman, qui doit subir lundi le feu des questions des avocats d'Elon Musk. Président d'OpenAI et grand donateur du camp Trump, cet ingénieur de 38 ans, n'a pas perdu une miette de l'interrogatoire, la semaine dernière, du patron de Tesla et SpaceX, appliqué à prendre des notes manuscrites.
C'est toutefois un autre de ses blocs-notes qui sera au coeur des débats lundi: celui auquel il confiait ses états d'âme en 2017, écrivant que promettre en public de rester une organisation à but non lucratif tout en envisageant un virage commercial, "ce serait un mensonge".
Les avocats d'OpenAI tentent de convaincre que le multimilliardaire instrumentalise la justice pour une vengeance personnelle et pour ralentir un concurrent, lui qui, en 2023, a créé xAI, son propre laboratoire d'IA, à l'origine du chatbot Grok.
Pour y parvenir, ils ont demandé dimanche soir à la juge d'autoriser Greg Brockman a dévoiler au jury un message qu'Elon Musk lui aurait adressé à la veille du procès, après le rejet de sa proposition de règlement amiable.
Selon la requête, consultée par l'AFP, le multimilliardaire aurait averti, après l'échec de sa proposition de régler l'affaire à l'amiable: "d'ici la fin de cette semaine, toi et Sam serez les hommes les plus haïs d'Amérique."
- "voler une organisation caritative" -
De mardi à jeudi, l'homme le plus riche du monde s'est présenté en bienfaiteur désintéressé des débuts d'OpenAI, auxquels il a contribué par des dons à hauteur de 38 millions de dollars de 2016 à 2020, avant d'être trahi.
Il assure que son projet était de contrebalancer la domination de Google et de placer cette révolution technologique, susceptible de détruire l'humanité, dans de meilleures mains, délivrées de la pression du profit.
"Vous ne pouvez pas voler une organisation caritative", a-t-il martelé. La structure lucrative d'OpenAI reste toutefois subordonnée à la fondation philanthropique d'origine.
Face à lui, Sam Altman a assisté au premier rang à la majeure partie de son témoignage, sans aucune déclaration dans ou en dehors de la salle d'audience, cernée par des dizaines de journalistes depuis le premier jour.
- Compétition mondiale -
L'avocat d'OpenAI avait choisi de contre-attaquer le multimilliardaire sur ses propres ambitions lucratives. Elon Musk vient d'absorber xAI dans son mastodonte spatial SpaceX. Valorisé à quelque 1.250 milliards de dollars, ce dernier est en route pour une introduction en Bourse sans précédent.
L'enjeu est considérable: si la juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui tranchera seule après l'avis du jury, donne raison à Elon Musk, OpenAI pourrait voir son entrée en Bourse compromise. Les cartes de la féroce compétition mondiale sur l'IA, dans laquelle Google et les champions chinois de la tech sont bien placés, en seraient potentiellement rebattues.
En tête de cette course, OpenAI rivalise désormais avec Anthropic, et son modèle Claude. Leur croissance à grande vitesse commence à produire des dizaines de milliards de dollars de revenus annuels.
Mais sans commune mesure pour l'heure avec les centaines de milliards d'investissements encore nécessaires pour recruter les talents, acheter les processeurs et construire puis électrifier les centres de données géants de cette révolution technologique.
H.Weber--VB