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Artemis II, une lueur pour les chercheurs dans une période sombre pour les sciences
Avant que les quatre astronautes de la mission Artemis II ne passent derrière la Lune, apogée de leur expédition, les membres du personnel de la Nasa se sont rassemblés lundi dans la célèbre salle de contrôle de Houston pour une photo de groupe, affichant de larges sourires malgré une année difficile pour les sciences aux Etats-Unis.
Depuis son retour au pouvoir, le président américain Donald Trump a durement visé le secteur scientifique et a réduit les financements, suspendu des projets et largement coupé dans les effectifs.
La mission de la Nasa, qui a envoyé des astronautes autour de la Lune pour la première fois depuis un demi-siècle, plus loin dans l'espace que jamais auparavant, représente donc une bouffée d'air frais pour les scientifiques.
Derrière les équipes réunies face à l'objectif à Houston, les compteurs tournaient à mesure que le vaisseau spatial Orion se rapprochait de la Lune, un succès couronnant de longues années d'efforts.
Cette mission est un "grand moment positif", a déclaré à l'AFP Jacob Bleacher, chef de l'exploration scientifique à la Nasa.
"Les gens travaillent là-dessus depuis des mois, des années, parfois plus d'une décennie", a-t-il expliqué.
La majorité des Américains, y compris parmi les chercheurs de la Nasa, n'étaient pas encore nés lorsque les missions Apollo ont envoyé pour la première fois des humains sur la Lune à la fin des années 1960.
La légende occupait une place importante dans les esprits, mais elle se conjuguait au passé.... jusqu'à aujourd'hui.
"C'est tout simplement surréaliste", s'est réjoui Jacob Bleacher depuis le mythique Centre spatial Johnson de Houston.
"C'est la première occasion pour ma génération de se lancer et de vraiment accomplir ça", a-t-il ajouté. "J'aime penser que c'est comme ouvrir la voie vers les futures explorations du système solaire par l'humanité".
- "Conditions très difficiles" -
Donald Trump a fait pression sur la Nasa pour que des astronautes posent le pied sur la Lune avant la fin de son deuxième mandat, en 2029.
Mais la semaine dernière, la Maison Blanche a proposé de baisser de 23% le budget global de l'agence spatiale et de réduire considérablement le financement de ses programmes scientifiques.
Et comme de nombreuses agences gouvernementales américaines, la Nasa a fait face à "d'importantes réductions de ses effectifs", a expliqué Clayton Swope, du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS).
Artemis II a donc été réalisée "dans des conditions très difficiles", a-t-il décrit.
Dans ce contexte, le lancement réussi du vaisseau et le déroulement de la mission constituent "un vrai coup de pouce pour le moral" estime Amanda Nahm, chercheuse au siège de la Nasa.
"Nous travaillons tous à la Nasa pour cela, et je pense que ça nous aide à nous rappeler" que "notre principale mission est cette exploration difficile, passionnante: découvrir de nouvelles choses, essayer de nouvelles choses que nous n'avons jamais faites auparavant", a-t-elle déclaré à l'AFP.
"Je pense que ça va nous donner à tous un nouveau souffle", espère-t-elle.
Régulièrement interrogé sur le poids de sa mission, l'équipage d'Artemis II préfère généralement rediriger l'attention sur un projet bien plus large.
Les quatre astronautes évoquent régulièrement le travail de l'équipe "qui nous porte", comme l'a formulé le commandant Reid Wiseman.
"On a vraiment la sensation d'être portés par l'équipe qui nous soutient, et on ne fait que suivre le plan, en quelque sorte", a-t-il expliqué à mesure que le vaisseau s'éloignait de la planète bleue.
"Beaucoup de gens nous ont appris comment faire fonctionner ça, comment piloter ce vaisseau, et nous avons suivi une excellente formation, et on avance simplement étape par étape", a-t-il décrit, "je trouve que c'est remarquable ce que cette équipe est capable de faire".
T.Zimmermann--VB