-
La Bourse de Paris stable face à la remontée du prix du pétrole brut et avant la BCE
-
"Le toit m'est tombé sur la tête", raconte un médecin après une frappe à Kaboul
-
Assassinat de Lumumba: vers un procès historique en Belgique?
-
Images dénudées par l'IA Grok: trois adolescentes américaines assignent xAI
-
Australie: menaces de mort contre la mère de l'assaillant présumé de la plage de Bondi
-
Des centaines de morts et blessés dans un hôpital de Kaboul après une frappe pakistanaise, selon l'Afghanistan
-
Nvidia présente des puces conçues pour les centres de données dans l'espace
-
NBA: 50e succès pour Wembanyama et les Spurs
-
Ligue des champions: Manchester City au pied de la montagne Real Madrid
-
Ligue des champions: à Londres, le PSG doit assurer et confirmer
-
Israël bombarde Téhéran et le Liban, vague d'attaques en Irak
-
Désolation après des frappes pakistanaises sur Kaboul
-
Municipales: les dés bientôt jetés en vue du second tour, le PS ciblé pour ses alliances avec LFI
-
Trump insiste auprès d'alliés réticents pour aider les Etats-Unis à sécuriser le détroit d'Ormuz
-
Nombreux morts et blessés après des frappes pakistanaises sur Kaboul
-
Un juge suspend la refonte de la politique vaccinale américaine par l'administration Trump
-
Trump déplore le manque d'enthousiasme de ses alliés à venir sécuriser le détroit d'Ormuz
-
Liban: plus d'un million de déplacés, Israël annonce des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah
-
Liban: le président israélien appelle l'Europe à soutenir "tout effort visant à éradiquer le Hezbollah"
-
Pris à son tour par la fièvre OpenClaw, Nvidia lance sa plateforme d'agents IA
-
Michaël Arnoult, le sacre d'un chef discret au service du terroir
-
Cuba annonce que sa diaspora pourra investir sur l'île
-
Wall Street reprend des couleurs avec le recul du pétrole
-
Ligue des champions: le Real Madrid est-il vraiment meilleur sans ses stars ?
-
Trump parle un peu de guerre, beaucoup de marbre et de peinture
-
Les dugongs, tortues et poissons du Golfe menacés par la guerre
-
Le Michelin décerne 62 nouvelles étoiles et célèbre le "terroir"
-
La Bourse de Paris respire grâce au répit sur le marché pétrolier
-
Cuba annonce que ses émigrés, notamment résidant aux Etats-Unis, vont pouvoir investir
-
Un risque de stagflation "assez élevé" aux États-Unis, assure l'économiste Joseph Stiglitz
-
Ligue des champions: Kvaratskhelia, accro aux grands matches
-
La Réunion: La lave du Piton de la Fournaise atteint l'océan, les curieux affluent
-
Ligue des champions: Chelsea, une défense si fragile
-
Les Bourses européennes terminent en hausse, profitant du repli du pétrole
-
Aux Oscars, la victoire surprise de "Mr Nobody contre Poutine"
-
"Souffler un peu": dans le désert du sud d'Israël, échapper au stress de la guerre
-
Toutes les bases de l'ADN détectées sur un nouvel astéroïde
-
Berlin et Londres écartent toute mission de l'Otan pour rouvrir le détroit d'Ormuz
-
Premier tour des municipales: le RN s'installe dans le paysage, percée de LFI
-
Climat: la France veut une Europe plus ferme face à l'inaction des émergents
-
L'acteur américain Sean Penn, lauréat d'un Oscar est à Kiev
-
Wall Street ouvre en hausse, aidée par la détente du pétrole
-
Moyen-Orient: légère accalmie sur les marchés mondiaux avec le repli du brut
-
Devant une base britannique, fascination et inquiétude face aux bombardiers américains
-
Climat: la France menace de bloquer des fonds européens pour l'Inde
-
Skis et canons: la Chine plante ses bâtons sur le juteux marché des sports d'hiver
-
Financement libyen: le procès en appel de Nicolas Sarkozy s'est ouvert à Paris
-
Philippines: face à l'interdiction, l'avortement s'organise en ligne
-
Pétrole: les routes alternatives au détroit d'Ormuz insuffisantes pour répondre à la demande
-
Indonésie: des entreprises soupçonnées de fraude ont fourni des producteurs européens de biocarburant
À Hiroshima, les souvenirs des survivants de la bombe immortalisés par l'art
Masaki Hironaka avait cinq ans lorsqu'il a traversé les ruines d'Hiroshima, quatre jours après le bombardement atomique américain de 1945, tenant fermement la main de sa mère: il s'était silencieusement juré de la protéger. Aujourd'hui, son souvenir reprend vie grâce à l'art.
C'est l'une des nombreuses scènes gravées dans la mémoire de ce survivant, à présent représentées avec vigueur, 80 ans plus tard, sur toile par des adolescents japonais.
Depuis près de 20 ans, le lycée Motomachi à Hiroshima charge ses élèves en arts de recueillir les témoignages de "hibakusha", les survivants de la bombe atomique, et de les transformer en peintures poignantes.
Quinze nouvelles œuvres ont été récemment dévoilées par l'établissement, en amont du 80e anniversaire du bombardement du 6 août, montrant notamment des soldats calcinés se tordant de douleur et une fillette pétrifiée au milieu des flammes.
"Je pense que cette peinture retranscrit très fidèlement ce que je ressentais à l'époque", confie M. Hironaka à l'AFP, qui hoche la tête avec satisfaction devant une œuvre immortalisant "une page inoubliable" de sa vie.
L'œuvre évocatrice de la lycéenne Hana Takasago montre le jeune Masaki levant les yeux vers sa mère alors qu'ils avancent péniblement à travers les ruines encore fumantes d'Hiroshima, le 10 août 1945.
"C'est authentique, et très bien dessiné", assure le survivant.
Quelques jours plus tôt, son père était rentré à la maison, grièvement brûlé par l'explosion, et lui avait demandé d'extraire un éclat de verre profondément fiché dans sa chair. Il est décédé peu de temps après.
Sur la peinture est représentée sa mère, devenue veuve, tenant fermement la petite main d'Hironaka, avec sa sœur cadette attachée dans son dos, baissant les yeux et lui murmurant ses peurs.
"À cet instant, j'ai été saisi d'une détermination profonde à l'aider et la soutenir, malgré mon jeune âge. C'est ce sentiment qui est capturé ici", dit M. Hironaka, aujourd'hui âgé de 85 ans.
"J'avais seulement cinq ans quand un événement aussi bouleversant m'est arrivé et m'a traumatisé. Quand j'essaie de raconter ces moments, je peux à peine retenir mes larmes".
– Transmettre la mémoire –
La bombe atomique "Little Boy" larguée sur Hiroshima a tué environ 140.000 personnes, dont de nombreuses personnes décédées plus tard des suites de l'exposition aux radiations.
Le lycée Motomachi fait aujourd'hui partie intégrante d'un projet initié par le Musée du Mémorial de la paix d'Hiroshima, qui a vu naître plus de 200 œuvres au fil des années. L'objectif: transmettre la mémoire du bombardement aux jeunes générations.
Depuis près de huit mois, des survivants comme M. Hironaka ont régulièrement rencontré les élèves pour discuter de l'évolution des œuvres, certains demandant parfois des modifications radicales.
"Au départ, j'avais représenté M. Hironaka et sa mère de face, mais il m'a dit que (...) cela ne retranscrivait pas vraiment le combat intérieur qu'elle vivait à ce moment-là", retrace auprès de l'AFP Hana Takasago, 17 ans.
"Faute d'avoir vu moi-même les scènes décrites, je n'étais jamais sûre que mes représentations étaient justes", explique-t-elle dans l'atelier encombré du lycée.
Yumeko Onoue, 16 ans, a peint des potirons que M. Hironaka se rappelle avoir vus couverts de suie à cause de la "pluie noire" radioactive, mais a dû changer l'orientation des feuilles conformément aux souvenirs du survivant.
"Comme les photos de l'époque sont pour la plupart en noir et blanc, la peinture permet d'ajouter de la couleur, de souligner certains éléments, ce qui semble idéal pour transmettre un message", décrit Yumeko.
– Appel à l'imagination –
Nombre de ces adolescents ont dû faire appel à leur imagination et consulter des documents historiques.
S'immerger dans cette violence peut s'avérer éprouvant: Mei Honda, 18 ans, juge "émotionnellement épuisant" de devoir représenter des chairs brûlées et pendantes.
Son tableau montre une femme dans cet état en train de boire de l'eau: "J'avais d'abord dessiné ses bras collés à son torse, mais le contact avec sa peau aurait été insupportable à cause des brûlures", raconte l'élève.
Il reste actuellement moins de 100.000 survivants des bombardements atomiques américains, selon des données récentes, avec un âge moyen de 86 ans.
Un sentiment d'urgence s'impose aux lycéens. "Nous sommes probablement la dernière génération à avoir l'opportunité d'écouter les expériences des +hibakusha+ en face à face", insiste Aoi Fukumoto, 19 ans, ex-élève du lycée Motomachi.
"Avant de participer à ce projet, les conséquences de la bombe atomique me semblaient toujours lointaines, même en étant originaire d'Hiroshima", concède de son côté Hana Takasago.
Mais après avoir revécu l'histoire de M. Hironaka par procuration, elle a changé radicalement d'avis: "Je ne peux plus rester simple spectatrice".
T.Egger--VB