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Tennis: Gaël Monfils annonce ses derniers one-man shows pour 2026
Une dernière année pour vibrer et faire vibrer: Gaël Monfils, l'un des joueurs les plus spectaculaires et les plus appréciés du circuit, raccrochera ses raquettes à l'issue de la saison 2026 et se tournera alors une page joyeuse du tennis français.
"Après avoir fêté mes 39 ans, il y a tout juste un mois, je voudrais faire savoir que l'année qui vient sera ma dernière en tant que joueur professionnel", annonce mercredi le joueur Français sur les réseaux sociaux, dans un long message en anglais.
"Bien que ce sport soit de la plus grande importance pour moi, c'est avec la plus grande sérénité que je prends la décision de me retirer à l'issue de la saison 2026", ajoute-t-il.
Passé professionnel en 2004, l'actuel 53e mondial qui aura culminé au 6e rang en 2016, a remporté treize titres en simple, pas vraiment les plus prestigieux du circuit. A l'échelon supérieur il a plafonné trois fois en finale de Masters 1000 (Paris 2009 et 2010, Monte-Carlo 2016) et atteint les demi-finales à Roland-Garros en 2008 et à l'US Open en 2016.
"J'en ai été proche, mais je n'ai jamais remporté un tournoi du Grand Chelem de ma carrière. Je ne vais pas prétendre le faire dans l'année qui vient", s'amuse-t-il, concédant que son "unique véritable objectif est simple: profiter de chaque minute et jouer chaque match comme si c'était mon dernier", même si "bien sûr, gagner encore un titre avant de partir serait vraiment incroyable".
- "La Monf" et merveilles -
Sa réputation s'est bâtie autrement qu'à travers les succès, à une époque où de toute façon la domination du "Big3" (Roger Federer/Rafael Nadal/ Novak Djokovic) était sans partage, quand ce n'était pas Andy Murray qui se jetait sur l'occasion rarissime de grappiller les Grands Chelems.
"J'ai eu la chance de jouer durant l'époque dorée du tennis, aux côtés de certains des plus grands: Federer, Nadal, Djokovic, Murray. Même en perdant on a un sentiment épique quand on a affronté une légende (même si je dois avouer que les victoires occasionnelles m'ont apporté une certaine euphorie aussi)", développe Monfils dans son message à son image, plein de sensibilité, d'humour et de sincérité.
Et personne n'est oublié dans ses remerciements.
Son épouse, la joueuse ukrainienne Elina Svitolina -"mon amour, mon inspiration et ma force"- leur fille Skaï, ses parents - "regardez où nous en sommes arrivés" -, ses frères et soeurs Daryl, Roddie et Maélie, ses entraîneurs "qui ont cru dans cet enfant dégingandé de Paris".
Sans oublier toutes les personnes qui "ont un jour crié +Allez Gaël!+ en live ou devant la télé".
Il y avait de quoi. Aux quatre coins du monde, de Roland-Garros à Melbourne, en passant évidemment par New York, où il était un des chouchous de Flushing Meadows, théâtre de ses shows les plus chauds, le public ne s'y trompait pas: il adorait voir "La Monf" délivrer ses merveilles, garant d'un tennis enjoué, enflammé, généreux, jamais avare d'efforts et de coups fous.
- "Fougueux, nerveux, révolté" -
"Gaël, même quand il est 50e mondial, il joue sur le Louis-Armstrong (le deuxième plus grand court, ndlr) à l'US Open", relevait en 2022 auprès de l'AFP son ex-coéquipier en équipe de France Gilles Simon, pour souligner la personnalité "anormalement charismatique" de Monfils.
Après les retraites Richard Gasquet, Jo-Wilfired Tsonga et Simon, "ses meilleurs amis pour la vie", avec lesquels il forma les nouveaux Mousquetaires, échouant deux fois en finale de la Coupe Davis (2010, 2014), celle de Monfils fait l'effet d'une page qui se tourne pour le tennis français.
Né à Paris le 1er septembre 1986, le jeune Gaël "arrivait souvent la capuche sur la tête et son walkman aux oreilles, la démarche très assurée, un look chargé d'influences rap et NBA (...) Un jeune fougueux, nerveux, révolté", se souvient Richard Gasquet dans son autobiographie.
Grand amateur de basket, Monfils s'amusait à transformer les points en figures, comme s'il cherchait une note artistique. À l'image de ses smashs en extension vers l'avant qui avaient tout d'un dunk de Kobe Bryant.
Comme son idole du basket, les blessures ne l'ont pas épargné durant sa carrière, expliquant aussi qu'il n'ait pas tenu toutes les promesses nées d'un parcours impressionnant chez les juniors, avec un petit Chelem réalisé en 2004 (Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon).
A l'heure de regarder dans le rétroviseur, avant sa dernière danse, Monfils l'assure: "Croyez-moi quand je dis que je n'ai aucun regret. Ce que je ressens en revanche, c'est d'avoir été chanceux: incroyablement, follement chanceux".
F.Stadler--VB