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Paris-Nice: le double costume de Jorgenson, au service de Vingegaard
Coureur polyglotte et ultra complet, Matteo Jorgenson aborde Paris-Nice dans le double costume d'un vainqueur sortant ambitieux et d'un lieutenant de Jonas Vingegaard, à qui il continue de jurer loyauté.
La "course au soleil" s'élance pour huit étapes dimanche du Perray-en-Yvelines avec comme principales vedettes Vingegaard, Joao Almeida, Romain Bardet, Julian Alaphilippe, Pavel Sivakov et Jorgenson, le plus Niçois des Américains, installé dans la baie des Anges où il a fêté il y a un an, quasiment sur le pas de sa porte, son plus grand triomphe.
En 2024, Jorgenson avait même été la seule éclaircie de l'équipe Visma-Lease a bike, plongée dans une saison difficile, avec sa victoire surprise à Paris-Nice devant Remco Evenepoel, sa deuxième place au Dauphiné derrière Primoz Roglic et un Tour de France émérite (8e) au service de son leader Jonas Vingegaard.
"Jamais je n'aurais pensé être capable de gagner une course comme Paris-Nice. Dans l'équipe on me disait que oui. Peut-être que je devrais les écouter plus", plaisante le Californien de 25 ans, capable de briller dans les classiques (vainqueur d'A travers la Flandre en 2024) comme dans les courses par étapes.
- "Gagner un grand Tour" -
"C'est un bon mec et un coureur très fort. Je l'aime vraiment beaucoup. L'an dernier, son apport a été inestimable pour l'équipe et aussi pour moi sur le Tour", insiste Vingegaard, vainqueur de la Grande boucle en 2022 et 2023, et qui l'an dernier avait triomphé sur Tirreno-Adriatico pendant que son équipier remportait Paris-Nice.
Le profil tout-terrain de Jorgenson, résident niçois passé par le Chambéry CF et qui s'exprime dans un excellent français, en fait un leader en puissance. Lui-même se fixe désormais comme objectif de "gagner un grand Tour".
"Il peut en gagner un, aucun doute, appuie Vingegaard. L'année dernière, déjà, je lui avais dit qu'il avait le podium du Tour dans les jambes mais il ne m'avait pas cru. Je pense que désormais il a davantage confiance."
Mais ce ne sera pas pour tout de suite.
"On m'a proposé un rôle de leader sur le Giro cette année mais j'ai refusé parce que j'estime que ça arrive trop tôt. L'année prochaine, en revanche, je veux bien essayer", explique de sa voix monocorde ce coureur réfléchi, qui prend le temps de développer sa pensée.
Vu son discours posé et son tempérament placide, difficile d'imaginer Jorgenson fomenter une guerre d'ego au sein de son équipe où Vingegaard reste le leader indiscutable pour les grands Tours.
- "Une menace pour Pogacar"? -
"Jonas est beaucoup plus fort que moi, la question ne se pose même pas", assure l'ancien coureur de la Movistar qui va aussi épauler le Danois au Critérium du Dauphiné et sur le Tour de France cette année.
Plutôt que de disputer le leadership, l'objectif de l'Américain en vue du Tour de France est surtout "d'arriver à un niveau où je constitue moi-aussi une menace pour Pogacar, où il sera obligé de me suivre si j'attaque".
"Cela offrirait plus d'options à l'équipe sur le plan stratégique et aiderait en définitive Jonas", ajoute-t-il.
En attendant, il va épingler pour la première fois de sa carrière le dossard numéro 1 de vainqueur sortant sur Paris-Nice avec l'ambition de "gagner" encore la "plus grande course d'une semaine du calendrier".
Le parcours, avec notamment un contre-la-montre par équipes mardi à Nevers, une étape pour puncheurs jeudi et un week-end final escarpé mais pas trop dans l'arrière-pays niçois lui convient à merveille.
Mais Vingegaard, troisième en 2023 derrière Tadej Pogacar et David Gaudu, reste le favori après avoir réussi sa rentrée en remportant le Tour d'Algarve fin février. Avec l'œil déjà rivé sur son grand objectif de la saison: reconquérir le Tour de France, avec le fidèle Jorgenson à ses côtés.
P.Staeheli--VB