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Nouvel échange de frappes entre les Etats-Unis et l'Iran, que Trump menace d'anéantir
Les Etats-Unis et l'Iran ont échangé de nouvelles frappes samedi et dimanche, s'accusant mutuellement de violations de leur fragile cessez-le-feu signé le 17 juin, et le président américain Donald Trump a de nouveau menacé de repartir en guerre pour anéantir la République islamique.
Samedi, l'aviation américaine a visé dix cibles, dont des "infrastructures de surveillance militaires iraniennes, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des moyens de pose de mines", a écrit le Commandement central des Etats-Unis (Centcom) sur le réseau social X.
Des médias iraniens ont fait état de plusieurs explosions dans les régions de Sirik et Qeshm, dans le sud du pays. Le Centcom a mis en ligne sur X une brève vidéo présentée comme celle du raid.
Ces bombardements ont eu lieu, selon le Centcom, en représailles à une attaque par un drone iranien d'un pétrolier battant pavillon panaméen, le M/T Kiku, qui transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut à travers le détroit d'Ormuz.
Dimanche à l'aube, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir lancé en représailles des missiles et des drones vers le Koweït et le Bahreïn.
Les Gardiens "ont détruit huit infrastructures importantes de l'armée américaine sur la base Ali al-Salem au Koweït et à la base de la Cinquième flotte navale à Port Salman au Bahreïn", ont-ils affirmé dans un communiqué.
"Toute agression ennemie, quel qu'en soit le prétexte, même contre des cibles insignifiantes (...) recevra une riposte implacable", ont-ils averti.
L'armée du Koweït a confirmé être en train de repousser "des attaques menées par des missiles et drones hostiles". Au Bahreïn, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti et les autorités ont demandé à la population de rester calme et de se mettre à l'abri.
Les Etats-Unis avaient déjà mené vendredi leurs premières frappes connues contre l'Iran depuis la signature le 17 juin d'un protocole d'accord entre les deux pays, qui a instauré un cessez-le-feu et ouvert une période de négociations pour une paix durable. L'armée américaine avait dit avoir agi, là aussi, en représailles à l'attaque d'un cargo par un drone dans le détroit d'Ormuz.
- Menace d'anéantissement -
Téhéran avait dénoncé "une violation flagrante" du cessez-le-feu et riposté en attaquant des cibles américaines dans le Golfe.
"Des avions américains viennent de frapper des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des stations radar côtières, pour avoir violé, ENCORE UNE FOIS, l'accord de cessez-le-feu!", a écrit samedi soir M. Trump sur son réseau Truth Social.
"Il se peut qu'un jour, nous ne puissions plus faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d'Iran cessera d'exister!", a-t-il ajouté.
Le Centcom a affirmé que "le trafic de navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz se poursuit" malgré les nouvelles frappes.
Ce détroit, verrouillé par l'Iran pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, a été rouvert en vertu du protocole d'accord du 17 juin. Mais l'Iran avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini" par lui "ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".
- "Grave erreur" -
Avant la guerre, 20% du commerce mondial d'hydrocarbures transitait par le détroit d'Ormuz, large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et la Péninsule arabique.
Ce détroit stratégique reste un point de divergence important entre les deux camps, Téhéran souhaitant imposer désormais des frais de passage, ce que rejette en bloc Washington.
Sur l'autre front du conflit, le chef du Hezbollah pro-iranien a qualifié samedi de "grave erreur" l'accord-cadre visant à une "paix durable" signé la veille par le Liban et Israël.
Ce texte "est humiliant, honteux, et représente un abandon de souveraineté", a fustigé Naïm Qassem, accusant les autorités libanaises de "légitimer la poursuite de l'occupation" israélienne.
Et Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban, faisant un mort selon le ministère libanais de la Santé.
Le président libanais Joseph Aoun s'est entretenu samedi au téléphone avec Donald Trump et lui a affirmé que l'Etat libanais "assumerait ses responsabilités" dans la mise en oeuvre de l'accord.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé un "séjour prolongé" de l'armée chez son voisin, soulignant que l'accord-cadre conditionnait un retrait israélien au désarmement du Hezbollah pro-iranien.
Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.
burx-roc/vgu
C.Koch--VB