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L1: Paris SG-Marseille, pour le petit pardon
Pour le Paris Saint-Germain, doucher l'euphorie actuelle de l'Olympique de Marseille sonne comme une belle occasion de réconciliation avec la partie de ses supporters toujours fâchée par la déroute européenne, dimanche (20h45) pour le classique de Ligue 1.
Sauver l'honneur. Difficile de présenter ce PSG-OM, affiche de la 32e journée, comme un match pour le titre. Même si l'OM (2e) gagnait, il ne reviendrait qu'à 9 points du PSG (1er), avec encore six matches à disputer.
Au classement, Marseille regarde plutôt derrière, mais il s'est octroyé un joker avec ses trois longueurs d'avance sur Rennes (3e), dédramatisant donc un peu l'enjeu de ce classique.
"C'est le match piège par excellence", prévient Jean-Marc Pilorget, recordman des matches joués pour le PSG (435), estimant que son club a tout à perdre dans la confrontation.
"Gagner contre Marseille dimanche fera partie des choses à peu près logiques, qui pourront calmer un peu les supporters. Mais si ce n'est pas le cas, ça peut s'envenimer, même si je ne je comprends pas qu'on puisse s'énerver pour un match de football", explique à l'AFP le champion de France 1986, premier titre de champion du club. Cette saison, le PSG est en route vers son dixième sacre, record détenu par Saint-Etienne.
- L'OM marche sur l'eau -
Le PSG aurait bien aimé préparer un dernier carré européen une dizaine de jours après ce match, mais c'est l'OM qui se retrouve à deux matches d'une sixième finale continentale, avec sa demie contre le Feyenoord Rotterdam (28 avril et 5 mai) en Ligue Europa Conférence.
Les Marseillais marchent sur l'eau en ce moment avec une huitième victoire de rang toutes compétitions confondues à Thessalonique (1-0), jeudi, et un super Dimitri Payet, auteur d'un but fantastique à l'aller contre le PAOK et encore buteur au retour.
La nouvelle "remontada" subie par le PSG à Madrid ne passe pas, surtout que le rival, qui aime tant parader avec cette C1 qu'il a, lui, remportée en 1993, brille sur le continent. La petite Europe, certes, avec cette C4, mais les supporters olympiens écrivent sur les réseaux sociaux qu'il vaut mieux gagner une petite coupe que perdre celle aux grandes oreilles.
Cette frustration risque de refroidir l'ambiance au Parc des Princes pour le classique. Le Collectif Ultras Paris (CUP) entend poursuivre la grève des encouragements entamée depuis l'élimination à Madrid en Ligue des champions, le 9 mars.
Même la venue du grand rival marseillais ne desserre pas les dents de certains supporters.
Jonathan, un habitué du virage Auteuil, n'est "pas en accord avec eux", PSG-OM, "c'est notre dernier frisson de la saison, ce n'est pas le moment de faire la grève", estime-t-il auprès de l'AFP.
- "Laisser de côté leur colère" -
"Je comprends le mécontentement, je le partage, j'ai payé 400 balles et posé deux jours de congés pour aller à Madrid (où le PSG a perdu 3-1, NDLR). Mais c'est plutôt le moment de convaincre (Kylian) Mbappé de rester. Il a dit qu'il était mécontent que Messi et Neymar soient sifflés, ça pourrait lui faire plaisir que le Parc montre son soutien", ajoute le supporter de 39 ans.
"Et puis ça commence à bien jouer, même si c'est trop tard, certes, mais on commence à voir une petite complicité entre Messi, Ney et Mbappé", conclut Jonathan.
Mauricio Pochettino aussi a plaidé pour la réconciliation. Les supporters "peuvent manifester, protester comme ils veulent, nous sommes dans une en démocratie, mais j'espère qu'ils pourront laisser de côté leur colère, je pense que c'est bien de montrer l'image de l'unité pendant 90 minutes, en France et au monde entier. Qu'ils se manifestent de la meilleure manière, sans violence, et avec des critiques constructives", demande l'entraîneur.
L'Argentin au moins ne lésine pas sur l'enjeu et vend l'affiche. "Il y a 21 ans, quand j'ai signé pour ce club comme joueur, j'ai bien compris que c'était un match spécial", s'est-il souvenu.
Ayant été capitaine du PSG, et aujourd'hui entraîneur, Pochettino sait que "dimanche n'est pas un match de plus" et qu'il y a "plus que trois points en jeu". En particulier, la quête d'un petit pardon avec les supporters.
C.Meier--BTB