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Coupe de France: une finale Nantes-Toulouse sous haute sécurité
Le Stade de France s'est paré samedi soir de jaune et de violet, couleurs de Nantes et Toulouse, opposés en finale de Coupe de France sous les yeux d'Emmanuel Macron, dans un contexte social tendu et sous vigilance sécuritaire, mais sans débordements.
Le match a démarré à 21h00 dans un Stade de France plein et dans une grande ambiance, avec notamment un impressionnant tifo toulousain "Ramenons-la sur la place du Capitole", feux d'artifice, et fumigènes côté nantais.
Peu avant le coup d'envoi, Emmanuel Macron a salué les joueurs nantais et toulousains dans le couloir menant au terrain, à la sortie des vestiaires. La Marseillaise a également retenti dans le stade, sans sifflets.
Tout au long du début de la soirée, les supporters, parfois sous escortes policières, ont accédé à l'enceinte francilienne dans une ambiance calme, avec fumigènes jaunes ou violets, a constaté l'AFP.
Selon une source policière, 21 personnes ont été interpellés à cause de fumigènes ou vols à la tire, alors que "des hooligans de Paris ont voulu s'en prendre à des individus".
Certains supporters ont croisé plusieurs représentants des syndicats locaux venus leur distribuer des cartons rouges et autres sifflets - interdits dans le stade -, pour qu'ils manifestent leur opposition à la réforme des retraites ou leur rejet du président de la République, présent dans l'enceinte comme le veut la tradition.
En début de soirée, le personnel de sécurité a confisqué certains cartons rouges et sifflets amenés par les supporters, au moment du contrôle d'entrée, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le rassemblement syndical avait été autorisé à la dernière minute par la justice administrative: le tribunal administratif de Paris, saisi en référé, a donné tort samedi au préfet de police de Paris qui voulait l'interdire.
Mais la plupart des spectateurs n'ont pas brandi de carton rouge à la 49e minute du match, en référence à l'utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites, ont constaté des journalistes de l'AFP. Entre des Toulousains rendus euphoriques par leurs joueurs, qui menaient alors 4-0, et des Nantais comme assommés par le déroulement du match, seuls quelques timides sifflets ont été entendus, rapidement couverts par les chants des supporters.
- Remise de Coupe en tribunes -
La réaction des 78.000 spectateurs à la venue d'Emmanuel Macron était particulièrement scrutée, mais ce dernier n'est pas descendu sur la pelouse avant le match comme le veut parfois la coutume.
"Alors que les sifflets font partie d'un certain folklore au Stade de France, le président de la République a toujours respecté la tradition du salut des joueurs qu'il a réinstaurée. Pourtant, cette année, force est de constater la volonté de certains responsables politiques et syndicaux d'orchestrer un événement visant à détourner l'attention de la soirée (...) sur un combat politique", a-t-on expliqué dans l'entourage du chef de l'Etat.
Le président français ne remettra pas non plus la Coupe au vainqueur depuis la pelouse, comme il en était l'usage depuis trois ans et la crise Covid.
Le préfet de police, Laurent Nuñez, a décidé que le trophée au vainqueur serait remis dans la tribune car "cela empêche l'envahissement" de la pelouse.
- 3.000 policiers et gendarmes -
L'Association nationale des supporters (ANS) a, de son côté, saisi le tribunal administratif pour demander "l'enlèvement des grilles en bas des tribunes", en pointant un "danger" avec ce dispositif. Sans succès: ces grilles avec des piques sur leur sommet étaient bien présentes en bas des deux virages réservés aux supporters.
Quelque 3.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés samedi soir aux abords de l'enceinte francilienne. Un dispositif "50% plus important", selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, que celui mobilisé le 28 mai 2022 pour la dernière finale de Ligue des champions, marquée par des scènes de chaos avant le match Real Madrid-Liverpool (1-0).
Les acteurs de la rencontre, eux, peinent à occulter ce contexte social, d'autant que les groupes de supporters ultras des deux équipes entretiennent des relations tendues.
Sportivement, la rencontre était historique: Nantes n'a gagné la Coupe que quatre fois, et Toulouse une seule fois, en 1957, sous le maillot rouge et blanc d'un club disparu en 1967, puis recréé de toutes pièces en 1970.
Pour Nantes, tenant du titre dont le maintien n'est pas assuré en Championnat (16e), cette finale ressemblait à un oasis dans le désert, avec le risque réel d'une relégation en L2 en fin de saison.
ama-ali-ab-pab-tll/obo/hpa
L.Dubois--BTB