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Une condamnation et des relaxes pour Pierre Ménès, jugé pour agressions sexuelles
Le journaliste sportif Pierre Ménès a été condamné mercredi à Paris à deux mois de prison avec sursis pour agression sexuelle, mais a été totalement relaxé dans deux des trois affaires qui lui étaient reprochées.
Le tribunal correctionnel a déclaré coupable l'ex-chroniqueur de Canal+, 59 ans, qui contestait toute agression sexuelle, pour "une partie" des faits reprochés sur une vendeuse du magasin Nike en 2018, mais il l'a relaxé concernant une seconde vendeuse ainsi que d'une accusation d'atteinte sexuelle au Parc des Princes en 2021.
La juridiction a jugé que "le contact initial" décrit par l'une des deux vendeuses du magasin des Champs-Elysées était "corroboré par les vidéos" mais "pour le reste, le tribunal a estimé qu'il y avait un doute conséquent et qu'il ne pouvait entrer en voie de culpabilité", a déclaré le président.
Le magistrat a "fait remarquer" qu'il est "allé au minima de la peine", et n'a pas inscrit Pierre Ménès au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais). Il a été condamné à une "peine complémentaire obligatoire d'inéligibilité d'un an".
Les motivations du tribunal n'étaient pas disponibles dans l'immédiat.
Dans sa plainte, la vendeuse avait expliqué que, le 18 juin 2018, Pierre Ménès lui avait "pris les mains" en "entrelaçant ses doigts", qu'il avait "collé sa poitrine à la (sienne)", puis désigné ses seins en disant: "+c'est énorme+". Elle a en outre indiqué qu'il était passé derrière elle "en se frottant", "le sexe contre (ses) fesses".
"Pierre Ménès a été relaxé sur 95% des faits reprochés", a réagi son avocat Me Arash Derambarsh. "On lui reproche d'avoir touché les mains de la vendeuse sur le fondement de vidéos qui ont été détruites par le parquet (...) Nous condamnons une fois encore le tribunal médiatique qui a détruit la vie d'un homme sans la moindre preuve et sur le fondement de malveillance", a-t-il ajouté, indiquant qu'il allait "bien évidemment" faire appel.
Lors du procès le 8 mars, la procureure avait requis huit mois de prison avec sursis et 6.000 euros d'amende pour des "comportements qui sont sur le plan pénal répréhensibles" et qui "correspondent à une sorte d'abus de notoriété, de pouvoir".
Le parquet avait admis que les vidéos n'avaient pas été conservées, mais involontairement, et souligné que les policiers avaient dressé un procès-verbal de retranscription avant sa suppression.
- "Dossier vide" -
Les trois femmes n'étaient ni présentes ni représentées par un avocat à l'audience.
Une autre vendeuse du magasin avait porté plainte, pour la même visite de Pierre Ménès au magasin. Elle affirmait qu'il lui avait caressé le dos "jusqu'aux fesses".
Les deux procédures liées au magasin Nike avaient initialement fait l'objet d'un rappel à la loi en 2019, mais cette orientation pénale avait été révisée après le signalement d'une hôtesse d'accueil du Parc des Princes.
Cette dernière, qui n'a pas porté plainte, avait indiqué que, à la mi-temps du match PSG-Nantes le 20 novembre 2021, elle s'occupait d'un client quand elle a senti qu'on lui touchait brièvement la poitrine et le ventre. "Restée figée", elle a expliqué avoir alors reconnu Pierre Ménès à quelques pas.
Le prévenu a été relaxé dans ces deux derniers dossiers.
Lors du procès, M. Ménès avait contesté vigoureusement toute agression sexuelle, dénonçant un "dossier vide" et parlant d'un "coup monté". Il a porté plainte pour "violation du secret de l'enquête" et "dénonciation calomnieuse".
L'ex-chroniqueur du "Canal Football Club" a quitté l'entreprise le 1er juillet 2021, mettant fin à près de douze ans de collaboration, après un scandale lié à la diffusion du documentaire "Je suis une journaliste, je ne suis pas une salope".
Des accusations découlant de ce documentaire font l'objet d'une enquête à Nanterre pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel. Pierre Ménès, qui clame son innocence, a été entendu en audition libre.
Par ailleurs, il a bénéficié d'un non-lieu le 6 février à Nanterre dans une autre affaire, où il était accusé de harcèlement moral par un ancien collaborateur.
Le plaignant a fait appel. L'avocat de l'ex-chroniqueur a indiqué avoir déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse et une autre pour diffamation.
E.Schubert--BTB