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Au G20 Finance, les Etats-Unis assument jusqu'au bout la présence de la Russie
Les Etats-Unis ont assumé mardi d'avoir invité un ministre russe au G20 Finance sur leur sol malgré le "malaise" évoqué par certains de leurs alliés en raison de la guerre menée par Moscou en Ukraine.
"Il n'y a pas eu d'impact" sur les discussions qui se sont étalées sur deux jours à Asheville (Caroline du Nord), a affirmé le ministre américain des Finances Scott Bessent en conférence de presse.
"Je sais que certains Européens en ont gardé un goût amer, mais je pense qu'il est très important de discuter" avec tout le monde "pour mettre fin à cet horrible conflit entre la Russie et l'Ukraine", a ajouté le secrétaire au Trésor.
La participation du ministre russe des Finances Anton Silouanov "a créé un malaise, sans aucun doute", avait décrit un peu plus tôt à l'AFP son homologue canadien François-Philippe Champagne.
Habituellement persona non grata aux yeux des pays occidentaux, le ministre de Vladimir Poutine s'est installé, à l'invitation de Washington, autour de la grande table rassemblant les dizaines de délégués dans un majestueux complexe hôtelier au pied des Appalaches.
Il a aussi pu s'entretenir personnellement avec Scott Bessent, personnalité phare du gouvernement de Donald Trump, mieux disposé que son prédécesseur démocrate Joe Biden vis-à-vis de Moscou.
Les Européens s'en sont émus alors que la Russie bombarde sans relâche leur allié ukrainien.
Au moins 12 personnes ont été tuées mardi à Kiev et dans sa région lors de nouvelles frappes nocturnes massives russes.
Berlin vient en outre d'accuser le pays d'avoir envoyé un drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig (est de l'Allemagne).
A Asheville, l'Union européenne (UE) a obtenu que le ministre Silouanov soit exclu de la traditionnelle photo de famille. Fait inhabituel: les médias ont été tenus à l'écart quand celle-ci a été prise lundi.
Lors d'un sommet du G20 sur l'innovation qui se tenait en parallèle ailleurs en Caroline du Nord, le problème a été contourné en faisant deux photos de famille: une où le ministre russe est présent sans les Européens et le Canadien, l'autre avec les Européens et le Canadien sans le Russe.
"Ce n'est pas le moment de normaliser la Russie ou la présence de la Russie à ce genre de réunion", a jugé depuis Asheville le commissaire européen à l'Economie, Valdis Dombrovskis.
- "Compliqué" -
Washington est cette année l'organisateur d'une série de réunions du G20, qui rassemble les grandes économies mondiales (Chine, Inde, Japon, France...).
La première - celle des ministres des Finances et banquiers centraux - s'est conclue mardi soir par un communiqué final de six pages transmis par les Américains.
Il y est notamment écrit que les ministres "soulignent que la liberté, la sécurité et la prévisibilité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et partout dans le monde, ainsi que le règlement des guerres et conflits en cours, sont essentiels pour assurer une croissance durable".
Il est précisé que le paragraphe mentionnant Ormuz - bloqué par l'Iran depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis - a été "approuvé par tous les membres du G20 à l'exception de la Chine".
Pékin a rejeté d'autres paragraphes, en particulier ceux sur les "déséquilibres mondiaux", une mention souvent associée à l'excédent commercial du géant asiatique.
Scott Bessent a profité du sommet pour mettre en avant les politiques de l'exécutif américain, notamment en matière de dérégulation, y voyant un carburant pour la croissance.
Il avait également pour objectif de convaincre les autres pays d'isoler l'Iran sur le plan économique, via des sanctions.
L'événement a été marqué par plusieurs restrictions d'accès: l'Afrique du Sud, pourtant membre permanent du groupe (comme la Russie), a été exclue en raison des différends politiques entre Pretoria et Washington.
Les organisateurs ont par ailleurs refusé d'accréditer plusieurs journalistes travaillant pour le New York Times, le Wall Street Journal ou encore l'agence de presse économique Bloomberg.
La dernière assemblée du G20 aux Etats-Unis réunira les chefs d'Etat en décembre dans un luxueux complexe de golf appartenant à Donald Trump à Miami (Floride).
"Le sommet de décembre s'annonce compliqué", a estimé auprès de l'AFP l'analyste James Lindsay, citant les "grandes divergences entre les États-Unis et la Chine, mais aussi entre les États-Unis et leurs alliés".
L.Stucki--VB