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Rentrée politique pour Andy Burnham confronté à ses premiers tests
Les difficultés commencent: après un été en forme de lune de miel, le Premier ministre britannique Andy Burnham, au pouvoir depuis juillet, s'apprête à faire sa rentrée politique, entre budget sous tension, possible première rencontre avec Donald Trump, et reprise du Parlement.
Le chef du gouvernement travailliste a séduit les électeurs durant la période estivale avec des mesures populaires - et peu coûteuses - sur les factures d'électricité ou les tarifs de bus.
Mais sa majorité comme l'opposition, qui feront leur rentrée au Parlement mardi, l'attendent au tournant. Andy Burnham doit y prononcer le jour-même son premier discours en tant que Premier ministre.
Son gouvernement va présenter des mesures, revues à la baisse, visant à libérer prématurément des milliers de détenus pour remédier à la surpopulation chronique des prisons.
M. Burnham a précisé dimanche que des centaines de délinquants ayant commis les infractions les plus graves resteraient derrière les barreaux, mais il a jugé qu'il poussait le système pénitentiaire "jusqu'aux limites de ce qui est possible".
Il affrontera mercredi ses premières "Questions au Premier ministre", rendez-vous hebdomadaire au cours duquel le locataire de Downing Street est mis sur le gril par l'opposition.
"La lune de miel du Premier ministre va toucher à sa fin", prévenait cette semaine le journal de gauche The Guardian.
Tout l'été, Andy Burnham a sillonné le Royaume-Uni pour "écouter" les Britanniques. Omniprésent sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, il a cultivé avec décontraction son image de responsable proche du terrain, jouant de la guitare avec des soldats ukrainiens à Kiev, buvant une pinte au pub avec ses ministres, ou échangeant avec les Britanniques.
Si l'opposition a dénoncé des promesses non financées, il a donné l'impression de "maîtriser le récit", dit à l'AFP Jill Rutter, du cercle de réflexion Institute for Government. Il a aussi profité des déboires du leader du parti anti-immigration Reform UK Nigel Farage, embourbé dans une polémique sur ses finances.
- Toujours populaire -
"Il a énormément bénéficié de l'absence du Parlement" et "a eu le champ libre", donnant l'impression "qu'il prend plaisir à être Premier ministre", souligne Jill Rutter.
Cette stratégie semble fonctionner: 46% des Britanniques ont une opinion favorable de lui, 12 points de plus qu'à son arrivée à Downing Street, selon un sondage YouGov du 18 août.
Mais la rentrée parlementaire s'annonce compliquée.
"Les attentes de tout le monde ont grimpé en flèche" durant l'été et le Premier ministre "court le risque (...) de décevoir", s'inquiétait récemment la députée travailliste Jess Phillips, dans le podcast "Electoral Dysfunction".
Le congrès annuel du parti fin septembre permettra de mesurer la satisfaction des militants.
Parmi les dossiers épineux qui attendent Andy Burnham figure le premier budget de son gouvernement, le 28 octobre.
Dans un contexte tendu pour les finances publiques, il devra démontrer qu'il peut financer ses promesses pour le pouvoir d'achat et la défense, en respectant l'engagement du Labour de ne pas augmenter l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales et la TVA.
Avant cela, il devra gérer la controverse liée à la libération anticipée de milliers de détenus pour soulager les prisons surpeuplées. D'autres arbitrages sensibles l'attendent, comme sur l'attribution de licences d'exploitation d'hydrocarbures en mer du Nord.
Mais il a repoussé la réforme délicate du système d'aides sociales.
- "Compromis douloureux" -
Pour Jill Rutter, les prochaines semaines permettront de répondre aux "interrogations sur sa capacité à faire des compromis douloureux".
"C'est peut-être là que la réalité va le rattraper", abonde auprès de l'AFP le travailliste Tony McNulty, qui a été ministre avec Andy Burnham dans les années 2000.
Aujourd'hui professeur de sciences politiques à l'université Queen Mary de Londres, il soutient que Burnham est capable de prendre des décisions difficiles et de "s'y tenir", malgré ceux qui l'accusent d'être un homme qui cherche surtout à plaire.
Sur la scène internationale les défis ne manquent pas non plus. Après un premier déplacement en Ukraine fin août, le Premier ministre pourrait se rendre aux Etats-Unis en septembre et rencontrer pour la première fois Donald Trump, selon des médias britanniques.
Une entrevue délicate pour celui qui avait auparavant qualifié de "toxique" le climat politique sous la présidence Trump.
Dès cette semaine, Andy Burnham recevra le président français Emmanuel Macron, au moment où il tente de conclure les négociations avec Bruxelles avant un sommet bilatéral prévu dans les prochains mois, susceptible de marquer une nouvelle étape dans le rapprochement entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.
Un sujet sensible pour Andy Burnham qui a affirmé que le Royaume-Uni devait être "plus audacieux" dans ce rapprochement, mais cherche à contenir la progression du parti europhobe Reform UK.
I.Stoeckli--VB