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Après sept jours de voyage, un départ d'Espagne chaotique pour le pape Léon XIV
Fin de voyage chaotique pour Léon XIV en Espagne: l'avion qui devait le ramener à Rome depuis les Canaries a subi un problème technique, forçant le pape à retarder son départ et s'envoler à bord d'un Falcon mis à disposition par le roi Felipe VI.
Monté à bord de l'appareil qui devait le ramener à Rome vers 15H15 GMT après avoir été salué par le souverain espagnol sur le tarmac de l'aéroport de Tenerife Nord, où il a achevé son voyage de sept jours largement consacré à la question migratoire, le pape en est redescendu quelques minutes plus tard.
Un problème de moteur a empêché l'avion de décoller, et Léon XIV a finalement décollé avec quelques membres de son entourage vers 17H10 GMT à bord du Falcon avec lequel le roi d'Espagne s'était rendu aux Canaries pour le saluer avant son départ.
Le reste de la délégation pontificale, journalistes, représentants du Vatican ou membres du clergé, débarqués du premier avion quelques dizaines de minutes après le pape, devaient quant à eux retourner vers Rome dans un second avion envoyé par la compagnie Iberia depuis Madrid.
Cet incident aura finalement été le seul durant les sept jours passés par le souverain pontife en Espagne, où, à Madrid, Barcelone ou aux Canaries, une foule immense a suivi la plupart de ses déplacements, à l'instar de cette messe en plein air célébrée dimanche dans la capitale espagnole devant plus d'un million et demi de fidèles.
Autres moments marquants de son voyage: la bénédiction à Barcelone de la plus haute tour de la basilique de la Sagrada Familia, après une messe majestueuse prononcée à l'occasion du centenaire de la mort de son architecte Antoni Gaudí, et l'hommage rendu aux milliers de personnes décédées dans leur trajet depuis l'Afrique en lançant un bouquet de fleurs dans l'océan aux Canaries.
- Le "fléau" des violences sexuelles -
Le voyage du pape en Espagne, bastion catholique traditionnel où la pratique religieuse a fortement décliné ces dernières années, était son quatrième à l'étranger depuis son élection en mai 2025, le premier pour un souverain pontife dans le pays depuis Benoît XVI en 2011.
Au cours de sa visite, Léon XIV, qui parle parfaitement espagnol depuis ses années passées au Pérou, a notamment promis des "efforts supplémentaires" et "une réponse plus efficace" aux violences sexuelles dans l'Église --un "fléau" selon lui-- après avoir rencontré six victimes à Madrid.
Mais le voyage du souverain pontife, durant lequel il a prononcé une vingtaine de discours et d'homélies, a surtout été largement consacré à la question de l'accueil des migrants, à un moment où les politiques migratoires se durcissent dans de nombreux pays d'Europe et où l'Espagne fait, elle, justement figure d'exception avec des mesures beaucoup plus libérales.
Ce fervent défenseur des migrants, à l'instar de son prédécesseur François, a déploré à Madrid dans un discours inédit devant le Parlement espagnol le "drame tragique" de la migration, puis passé deux jours, jeudi et vendredi, sur l'archipel des Canaries, l'une des portes d'entrée en Europe des migrants en situation irrégulière.
- Le "chemin réciproque" de l'intégration -
Sur place, il a écouté à plusieurs reprises les témoignages de migrants arrivés après la périlleuse traversée de l'océan Atlantique depuis l'Afrique.
"Nous sommes tous, d'une certaine manière, des migrants", a-t-il dit vendredi matin dans un centre d'accueil, après avoir affirmé, la veille, que "la dignité humaine n'avait pas de passeport".
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1.172 migrants sont décédés ou ont disparu sur cette route maritime en 2025. Et près de 18.000 autres sont arrivés aux Canaries à bord d'embarcations de fortune l'an passé, d'après le ministère espagnol de l'Intérieur, loin toutefois des près de 50.000 entrées irrégulières de 2024.
Le pape a également incité les migrants, ainsi que les pays d'accueil, à faire leur partie du "chemin réciproque" de l'intégration, et a de nouveau appelé la communauté internationale à mettre en place "une réponse coordonnée", dénonçant "l'indifférence" de beaucoup face aux sort des migrants et "les mafias" qui se développent le long des routes migratoires.
Rencontrée par l'AFP, Jessica Lopez, une employée administrative de 43 ans, dit "comprendre et défendre" ce message de Léon XIV: "Ce sont des gens qui ont laissé leur vie derrière eux", relève-t-elle, rappelant que "nous, la plupart de nos familles, nous sommes enfants d'immigrés".
Avant son départ, Léon XIV a célébré à Santa Cruz de Tenerife une ultime messe en plein air devant 40.000 fidèles, selon les chiffres du Vatican.
dt-mig-rbj-mdm/liu
P.Staeheli--VB