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G7: un sommet sous haute sécurité en France... et en Suisse
Plus de vingt ans après le G8 d'Evian, marqué par des violences et d'importants dégâts en Suisse, autorités françaises et helvétiques ont prévu un dispositif de sécurité maximale en vue du G7 dans la même ville, avec comme premier test une manifestation à Genève dimanche.
Sise sur les rives du Léman, la cité thermale française d'Evian présente un défi sécuritaire particulier, avec des participants circulant entre l'aéroport de Genève, principal point d'arrivée des délégations lundi, la Haute-Savoie, mais aussi les cantons suisses frontaliers de Vaud et du Valais.
Les autorités françaises assurent la protection immédiate du sommet, avec des zones de sécurité renforcées autour d'Evian, de Thonon-les-Bains et des principaux axes de circulation.
Selon la préfète Emmanuelle Dubée, il s'agit de faire face "au risque lié au contexte international extrêmement tendu", au "risque terroriste qui reste majeur en France", au "risque de sabotage et d'attaque cyber", mais aussi de "trouble à l'ordre public".
Jeudi, le général Marc Le Bouil, en charge des opérations de protection du sommet, a annoncé à l'AFP qu'environ 300 militaires de l'Armée de l'Air et de l'Espace seraient mobilisés pour mettre en place une "bulle" de protection contre toute menace aérienne.
"Des aéronefs, des systèmes radar, des systèmes de défense sol-air et de lutte anti-drones" français et suisses seront déployés des deux côtés de la frontière, a-t-il précisé.
- Fiasco en 2003 -
De son côté, le gouvernement suisse a engagé environ 4.000 militaires sur terre, sur le lac et dans l'espace aérien, en coordination avec l'armée française.
Outre cette marée d'uniformes, pour les habitants, français comme suisses, le sommet va se traduire par des restrictions de circulation, des fermetures de postes-frontières, des contrôles accrus et un droit de manifester très encadré.
L'objectif: éviter une répétition du fiasco de 2003.
A l'époque, le sommet se tenait déjà à Evian et des dizaines de milliers de manifestants altermondialistes s'étaient retrouvés dans la région. Des groupes violents avaient provoqué émeutes, pillages et affrontements avec les forces de l'ordre à Genève et Lausanne, avec des dégâts évalués entre 5 et 6 millions de francs suisses de l'époque.
Le traumatisme hante encore les esprits genevois et de nombreux commerçants se sont barricadés par crainte de débordements. Les plaques de bois aggloméré ornent de nombreuses vitrines dans la ville, y compris dans des quartiers éloignés du tracé de la manifestation.
"Genève ne doit pas devenir la capitale des casseurs", a récemment tonné François Baertschi, président du Mouvement citoyens genevois (MCG) et député cantonal, tandis que les autorités genevoises ont autorisé une manifestation de la coalition "No-G7" en centre-ville dimanche, à la veille de l'ouverture du sommet.
- "Que ça se passe le mieux possible" -
Son parcours, jugé dans un premier temps "très problématique" par la coalition du fait de plusieurs points sensibles, a été revu par les autorités.
"Le nouveau parcours est toujours aberrant, puisqu'il passe dans des rues où il y a des magasins et des voitures, alors qu'on souhaitait défiler au bord du lac, mais il est correct", a déclaré à l'AFP Françoise Nyffeler, membre de No-G7, qui confie avoir "beaucoup plié face aux autorités" pour parvenir à un accord.
Si les organisateurs des manifestations assurent privilégier des actions pacifiques, et alors que le mouvement altermondialiste a perdu en vigueur ces dernières années, les autorités restent vigilantes face au risque d'infiltration par des groupes radicaux.
"Nous faisons tout pour que ça se passe le mieux possible", a tenté de rassurer le président de la Confédération Guy Parmelin devant le Club suisse de la presse fin mai.
"Ce n'est pas tout à fait la même configuration qu'en 2003", a-t-il estimé. "Il y a bien plus de forces de sécurité", notamment en raison de l'éventuelle menace terroriste. "Ça devrait se passer différemment, même si on n'est jamais à l'abri d'un imprévu", a-t-il encore nuancé.
"Nous avons des manifestations quasiment toutes les semaines à Genève (...). Nous savons sécuriser un parcours, il n'y a pas trop de soucis avec ça", a voulu rassurer devant la presse jeudi Carole-Anne Kast, ministre genevoise de la sécurité.
Côté français, les No-G7 ont renoncé à un projet de contre-sommet et à une manifestation dimanche dans la ville frontalière d'Annemasse, refroidis par les conditions d'organisation drastiques imposées par les autorités.
P.Vogel--VB