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Les démocrates américains du Maine investissent un ostréiculteur visé par des scandales
Les électeurs démocrates de l’État américain du Maine ont désigné mardi Graham Platner comme leur candidat au Sénat pour les élections de novembre, un ostréiculteur et ancien combattant dont la campagne a été marquée par une série de scandales.
Le candidat de 41 ans a remporté cette investiture lors des primaires de mardi après le retrait fin avril de sa principale adversaire, l'ancienne gouverneure Janet Mills, alors largement distancée dans les sondages.
Selon les premières estimations de CNN et de NBC News, Graham Platner a remporté plus de 70% des voix.
Il affrontera la sénatrice sortante républicaine Susan Collins en novembre.
"C'est avec humilité et fierté que je suis officiellement votre candidat démocrate au Sénat américain pour affronter Susan Collins et la classe des milliardaires qu'elle représente. Ensemble, nous allons reconquérir ce siège pour les travailleurs du Maine", a réagi Graham Platner sur Instagram.
Le Parti démocrate fonde de grands espoirs dans le Maine, Etat rural et côtier de la pointe nord-est des Etats-Unis, considéré comme l'une des principales opportunités de faire basculer un siège républicain au Sénat.
Les républicains disposent actuellement de la majorité dans les deux chambres du Congrès, mais pourraient la perdre après les élections de mi-mandat en novembre, cruciales pour la suite du second mandat de Donald Trump.
- Message populiste -
Graham Platner est soutenu par plusieurs figures de la gauche américaine, comme le sénateur Bernie Sanders. L'ostréiculteur prône en effet un message populiste pour lutter contre le gouvernement républicain et contre l'oligarchie et les milliardaires qui, selon lui, contrôlent la politique américaine.
Mais certains membres de l'aile modérée du Parti démocrate ne cachent pas leur malaise face à l'accumulation de controverses concernant Graham Platner.
La semaine dernière, le New York Times a notamment publié une enquête dans laquelle plusieurs ex-compagnes le décrivent comme occasionnellement "méprisant envers les femmes" et "régulièrement infidèle", tandis qu'une autre affirme qu'il avait été "menaçant physiquement" envers elle.
D'autres ex-compagnes citées par le quotidien new-yorkais l'ont décrit au contraire comme un compagnon "amusant et attentionné".
Dans un communiqué au New York Times, Graham Platner a affirmé qu'il s'était "trop souvent auto-soigné avec l'alcool" et qu'il avait été "loin d'être le parfait petit ami" lors d'une "période très sombre" de sa vie.
Cet ancien membre du corps des Marines souligne avoir souffert pendant longtemps de syndrome de stress post-traumatique, consécutif à ses trois déploiements lors de la guerre en Irak et d'un quatrième en Afghanistan.
- Tatouage nazi -
Dans les années suivant son passage sous les drapeaux, Graham Platner a été très actif sur les réseaux sociaux et certains commentaires qui ont refait surface aujourd'hui ont également créé la polémique, comme un écrit de 2013 dans lequel il appelle les femmes à "prendre leurs responsabilités" et à ne pas se saouler pour éviter d'être victimes d'agressions sexuelles.
"Je ne veux pas que les gens basent leur jugement sur moi par rapport à la chose la plus stupide que j'aie dite sur internet il y a 12 ans", a déclaré Graham Platner en octobre dernier au Washington Post, qui avait révélé ces commentaires.
Autre controverse: un tatouage sur sa poitrine, effectué lors de son passage dans les Marines, représentant un crâne avec deux os croisés derrière, largement reconnu comme un symbole des SS.
Graham Platner a toujours démenti avoir eu connaissance de la symbolique nazie du tatouage et a affirmé en octobre avoir entrepris de le recouvrir lorsqu'il l'a appris.
Susan Collins s'est engouffrée dans cette série de polémiques pour attaquer son adversaire, qualifiant Graham Platner de "trop risqué" pour le Maine.
P.Vogel--VB