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Le président de Taïwan affirme que des "forces étrangères" ne peuvent pas choisir l'avenir de l'île
Le président de Taïwan, Lai Ching-te, a affirmé mercredi que des "forces étrangères" ne pouvaient pas décider de l'avenir de l'île, après les pressions de Pékin sur son allié américain.
"L'avenir de Taïwan ne peut être décidé par des forces étrangères, ni être pris en otage par la peur, la division ou des intérêts à court terme", a affirmé M. Lai dans un discours marquant ses deux ans à la présidence.
Cette déclaration intervient quelques jours après que le président américain Donald Trump a suggéré que les ventes d'armes à Taïwan pourraient servir de levier de négociation avec la Chine, qui revendique l'île comme une partie intégrante de son territoire.
Les propos de M. Trump faisaient suite à sa visite à Pékin, au cours de laquelle le président chinois Xi Jinping l'a mis en garde sur la question de Taïwan. Depuis, le gouvernement taïwanais soutient que la politique américaine vis-à-vis de l'île n'a pas changé, et que M. Trump n'a pris aucun engagement avec la Chine concernant les ventes d'armes.
Pour Taipei, la Chine est la "cause profonde" de l'instabilité régionale et les ventes d'armes américaines représentent un engagement pour la défense de la démocratie sur l'île.
"Taïwan doit avoir la capacité de se protéger et de maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan", qui sépare l'île du continent de 130 kilomètres en son point le plus étroit, a affirmé M. Lai mercredi.
Devant des journalistes, il a assuré que son gouvernement relevait les dépenses de défense pour "éviter une guerre", et non en commencer une. "Les menaces sont plus grandes que jamais", s'est-il justifié.
M. Lai a ajouté que Taïwan était disposée à "entretenir des échanges sains et ordonnés avec la Chine" sur un pied d'égalité. Mais "nous ne sacrifierons pas notre souveraineté ni notre mode de vie démocratique", a-t-il insisté.
- Risque de "conflit" -
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump pousse Taïwan à investir plus dans ses propres défenses.
Le parlement taïwanais a récemment approuvé une enveloppe de 25 milliards de dollars pour des acquisitions d'armes américaines, auxquelles l'île reste profondément dépendante en cas d'éventuelle attaque de Pékin.
Ce budget doit couvrir près de neuf milliards de dollars sur la commande de 11,1 milliards de dollars d'armement annoncée par les Etats-Unis en décembre, ainsi qu'une deuxième vague d'achats qui n'a pas encore validée par Washington.
Donald Trump a dit étudier cette dernière et a annoncé se décider "dans un délai assez court".
Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les Etats-Unis et à condition que l'île ne déclare pas l'indépendance.
Le président taïwanais a annoncé mercredi qu'il soulignerait que son gouvernement "maintenait le statu quo" et que la Chine "sapait" la paix et la stabilité, s'il avait l'occasion de s'entretenir avec M. Trump. Le président américain a évoqué la possibilité d'un appel entre les deux dirigeants, sans détail à ce stade.
Une conversation entre M. Lai et M. Trump constituerait un revirement majeur de la politique diplomatique américaine et risquerait d'entraîner une rupture avec Pékin.
Jeudi, Xi Jinping avait ouvert les discussions avec Donald Trump en avertissant que tout faux pas sur le sujet de Taïwan pouvait déboucher sur un "conflit".
T.Egger--VB