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Congrès du Fatah: le fils d'Abbas monte en grade
Le fils aîné du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a été élu membre du puissant comité central du Fatah, premier vote de ce type en dix ans pour un parti sous pression internationale pour se réformer.
Yasser Abbas, un homme d'affaires de 64 ans, possède des entreprises dans les Territoires palestiniens mais réside la majorité de son temps au Canada.
Selon des résultats préliminaires du scrutin consultés dimanche par l'AFP, il a décroché une place au comité central - après avoir été nommé il y a cinq ans "représentant spécial" de son père, un poste qui a marqué le début de son ascension sur la scène politique palestinienne.
Le vote s'est tenu à l'issue du huitième congrès général du Fatah, un événement de trois jours organisé simultanément à Ramallah, Gaza, au Caire et à Beyrouth, et au début duquel Mahmoud Abbas, 90 ans, a été réélu à la tête du mouvement.
Le successeur de Yasser Arafat dirige le Fatah, l'Autorité palestinienne et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) depuis plus de deux décennies.
Au fil des ans, la popularité et l'influence du parti ont décliné en raison de divisions internes, de la rivalité avec le Hamas et d'une frustration grandissante de l'opinion publique face à l'enlisement du processus de paix israélo-palestinien.
- "Absence de vision" -
Si ce congrès marque des signes de renouvellement, Ali Jarbaoui, professeur de sciences politiques à l'université de Birzeit, près de Ramallah, critique l'absence de "vision politique, économique et culturelle" alors que les défis sont immenses, entre la guerre dévastatrice à Gaza et l'expansion de la colonisation en Cisjordanie occupée.
L'expert salue cependant l'entrée au comité de divers courants, même si les femmes et la bande de Gaza sont trop faiblement représentés selon lui.
Parmi ceux qui ont conservé leurs sièges, Marouane Barghouti, figure emblématique du mouvement et candidat depuis une prison israélienne, a obtenu le plus grand nombre de suffrages. Jibril Rajoub a lui été réélu secrétaire général de l'instance, gardant le poste qu'il occupe depuis 2017.
Du côté des nouvelles têtes, figurent le chef des services de renseignement, Majed Faraj, 64 ans, et Zakaria Zubeidi, 50 ans, l'un des dirigeants des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, la branche armée du Fatah, récemment libéré d'une prison israélienne à la faveur d'un accord d'échange.
La gouverneure de Ramallah, Laila Ghannam, fait aussi son entrée, portant à deux le nombre de femmes.
Cinquante-neuf candidats se disputaient les sièges du comité, tandis que 450 prétendants briguaient les 80 sièges du Conseil révolutionnaire, le parlement du Fatah. Les résultats définitifs sont attendus plus tard dimanche.
- "Les rênes du pouvoir" -
Dans son discours d'ouverture jeudi, Mahmoud Abbas a promis de mener des réformes et d'organiser les élections présidentielle et législatives, reportées depuis de longues années.
Début mars, il s'était solennellement engagé à "restructurer les structures dirigeantes de l'Etat palestinien et à injecter du sang neuf", amorçant dans la foulée plusieurs remaniements au sein des appareils de sécurité.
Selon l'analyste Ali Jarbaoui, Mahmoud Abbas "tient toujours les rênes du pouvoir", même si plusieurs membres du comité nourrissent des ambitions. Et l'élection de son fils Yasser, tout en marquant "le début d'une phase, sinon de succession héréditaire, du moins de consolidation de sa position", ne "suffit pas à lui garantir l'accès à la présidence".
Ces manoeuvres répondent à une pression internationale croissante, alors que l'Autorité est minée par des accusations de corruption chronique et un déficit de légitimité démocratique.
Les restructurations s'inscrivent notamment dans le cadre du plan de paix en 20 points pour la bande de Gaza promu par le président américain Donald Trump, qui envisage, à terme, de confier la gouvernance du territoire à une Autorité palestinienne profondément renouvelée.
De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé à plusieurs reprises que l'Autorité palestinienne et le Fatah n'auraient aucun rôle à jouer dans la gouvernance de Gaza à l'issue de la guerre.
R.Buehler--VB