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Le pétrole à 100 dollars, les marchés scrutent le détroit d'Ormuz
Les marchés mondiaux hésitent lundi, tiraillés entre la guerre au Moyen-Orient et le léger recul des prix du pétrole, qui soutient timidement les Bourses avec l'appel de Donald Trump à ses alliés pour qu'ils sécurisent le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz.
"La semaine a commencé selon un schéma désormais habituel", souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. "Les prix du pétrole ont progressé à l'ouverture avant de céder une partie de leurs gains", voire de céder légèrement du terrain, "les investisseurs digérant les dernières nouvelles en provenance du Moyen-Orient" au 17e jour de la guerre.
Vers 11H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord se stabilisait (-0,13%) à 103,27 dollars, et son équivalent américain, le WTI cédait 1,27% à 97,46 dollars.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré lundi que le Royaume-Uni travaillait avec ses partenaires sur un plan "viable" afin de rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz.
Téhéran a en grande partie interrompu le trafic sur cette voie maritime clé, par où transite un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole, depuis le début de la campagne américano-israélienne de bombardements contre l'Iran.
Le Royaume-Uni ne "se laissera pas entraîner dans une guerre plus vaste", a encore affirmé le chef du gouvernement britannique, après que le président américain Donald Trump a exhorté samedi les pays qui dépendent du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz, à en assurer la sécurité en coordination avec les Etats-Unis.
Donald Trump a prédit "des conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan" si les pays de l'alliance refusent d'obtempérer, et a menacé de reporter un voyage en Chine prévu du 31 mars au 2 avril.
La guerre engagée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran "n'a rien à voir avec l'Otan", a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement allemand Stefan Kornelius en conférence de presse.
Pour amortir la flambée du brut, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et en Océanie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l'Agence internationale de l'énergie, a par ailleurs précisé l'organisation dimanche.
Les Bourses tentent un rebond
"Les marchés actions mondiaux ont montré des signes de stabilisation, tandis que les prix du pétrole ont reculé par rapport à leurs sommets précédents" après l'appel de Donald Trump à "une coopération internationale afin d'assurer un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", souligne Patrick Munnelly, responsable de la stratégie de marché chez Tickmill Group.
L'Europe oscille entre gains et pertes. Vers 11H00 GMT, la Bourse de Paris restait à l'équilibre (-0,03%), Francfort (+0,25%) et Londres (+0,41%) avançaient timidement Milan cédait 0,25%.
A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager une ouverture en hausse.
En Asie, "le soulagement lié au fait que le pétrole pourrait continuer à affluer vers l'Asie a poussé plusieurs indices régionaux à la hausse", note Mme Ozkardeskaya.
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé proche de l'équilibre (-0,12%). A Séoul, l'indice Kospi a en revanche terminé en hausse de 1,14%. L'indice hongkongais Hang Seng a gagné 1,45%.
Les banques centrales attendues
Par ailleurs, "les quatre grandes réunions de banques centrales restent au cœur de l'attention, les marchés scrutant leurs réactions face aux conséquences de la guerre et au choc pétrolier", commente Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.
La décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) est attendue mercredi, suivie entre autres de celle de la Banque du Japon (BoJ), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE) jeudi.
"Toutes devront composer avec un contexte très complexe, marqué par le risque géopolitique, la volatilité des prix de l'énergie et une dynamique inflationniste incertaine", souligne M. Reid.
"Nous nous attendons à ce que la BCE, la BoE, la BoJ et la Fed adoptent un ton très prudent lors de leurs conférences de presse, en soulignant les risques pour la stabilité des prix et l'économie mondiale", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche pour XTB, rappelant que "la plupart des banquiers centraux n'ont jamais connu un choc inflationniste de cette ampleur".
S.Leonhard--VB