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Fin du vote pour la présidentielle au Congo, timide affluence à Brazzaville
Les bureaux de vote ont fermé dimanche soir après l'élection présidentielle au Congo-Brazzaville où la victoire du chef de l’État sortant Denis Sassou Nguesso, 82 ans d'âge et 40 années cumulées au pouvoir, paraît acquise malgré une affluence des électeurs semblant timide dans la capitale.
L'AFP n'a pas été en mesure de déterminer la participation dans d'autres bureaux du pays en raison de la coupure du réseau internet et téléphonique dès l'aube.
Il avait été réélu au premier tour du précédent scrutin présidentiel en 2021 avec 88,40% des suffrages, selon la Cour constitutionnelle.
A Brazzaville, les rues étaient quasi désertes dimanche, la circulation étant interdite aux véhicules sans laisser-passer. Commerces et églises étaient fermés.
Des véhicules de l'armée et la police ont arpenté toute la journée les allées vides du centre-ville où de rares piétons déambulaient sous un ciel plombé.
Six candidats, peu connus ou sans réelle assise politique, se présentaient dimanche face à Denis Sassou Nguesso, sans grandes chances d'empêcher sa réélection pour un nouveau quinquennat dès le premier tour.
Les principaux partis d'opposition ont boycotté le scrutin, n'estimant pas remplies les conditions d'une élection libre et transparente. L'élection est menacée par une forte abstention, selon les observateurs.
- "Pas de menaces" -
2,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin uninominal à deux tours, mais les électeurs étaient rares dans plusieurs bureaux de vote visités par l'AFP à Brazzaville dimanche matin, et un peu plus nombreux dans l'après-midi.
A l'école primaire Pierre Ntsiete, située dans le quartier Ouenze, les électeurs sont arrivés au compte-goutte près de deux heures après l'horaire officielle d'ouverture des bureaux à 07H00 (06H00 GMT), refusant pour la plupart d'être filmés ou de donner leur nom.
"Moi je dois voter parce que le vote est utile, ma carte est là et j'y vais", a dit Djibril Adler, un habitant du quartier en route pour l'isoloir, en souhaitant que "ces élections se passent dans le calme" et "qu'il n'y ait pas de menaces ni de bavures".
Dans le quartier Bacongo, réputé favorable à l'opposition, Vivienne, 33 ans, affirme comme de nombreux habitants rencontrés par l'AFP qu'elle n'ira "jamais voter". "Nous sommes loin de la démocratie. Ici, quand tu dénonces, on vient t'arrêter. Je veux juste un président qui viendra pour mettre fin à notre galère. Sassou Nguesso encore pour 5 ans, c'est la mort", dit-elle.
M. Sassou Nguesso a sillonné le pays durant la campagne électorale qui s'est achevée vendredi, appuyé par la machine de son mouvement, le Parti congolais du travail (PCT), inquiet d'une abstention annoncée comme massive par les observateurs.
Le chef de l’État a voté en fin de matinée à la mairie de Ouenze, dans le cinquième arrondissement de Brazzaville. Vêtu d'un costume beige, il a été accueilli par plusieurs centaines de partisans et a traversé la foule à pied, escorté par des militaires.
Des gendarmes et policiers étaient déployés en nombre devant les bureaux visités par l'AFP, et ont veillé au bon déroulement du scrutin en aidant les électeurs égarés ou venus sans leur pièce d'identité.
Les bureaux de vote ont fermé aux alentours de 18H00 (17H00 GMT) à l'école du 8 février, située dans le centre-ville de la capitale.
Les urnes y étaient à peine remplies de moitié, comme dans d'autres bureaux visités par l'AFP. Les agents électoraux ont commencé le décompte des voix dans l'obscurité, cet établissement public situé dans un quartier aisé de la capitale étant privé de courant.
La majorité des suffrages décomptés l'ont été en faveur du président Sassou Nguesso, suivi par Destin Gavet, 34 ans, du Mouvement républicain (MR), le plus jeune candidat en lice.
"Pas de gendarmes dans les salles, ils sont là pour vous sécuriser, ils n'ont pas le droit de vous déranger dans vos calculs", a lancé le vice-président de ce centre de vote aux agents chargés du décompte.
- Succession -
Un deuxième tour, dont la date n'a pas été officiellement annoncée, est théoriquement prévu 21 jours après la publication des résultats du premier tour.
L'opposition conteste systématiquement les scrutins remportés par M. Sassou Nguesso depuis 2002.
Deux figures de la présidentielle de 2016, le général Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont encore aujourd'hui détenus après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour "atteinte à la sécurité intérieure" en 2018 et 2019.
La réélection de M. Sassou Nguesso semble acquise, mais la constitution l'empêche en principe de se représenter pour un nouveau mandat en 2031, soulevant l'inévitable question de sa succession.
Il a affirmé à l'AFP qu'il ne resterait "pas une éternité au pouvoir" et que le "tour" des jeunes "viendra", tout en refusant de se prononcer sur un éventuel successeur.
W.Huber--VB