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Guerre au Moyen Orient: les marchés indifférents au déblocage des stocks de pétrole
Ni baisse du pétrole, ni panique boursière. Les marchés se sont montrés indifférents mercredi à l'annonce d'un déstockage sans précédent des réserves stratégiques de pétrole pour atténuer les conséquences de la guerre au Moyen Orient.
Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé "à l'unanimité" mercredi de libérer 400 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques, le déblocage "le plus important" de l'histoire de l'institution, a annoncé mercredi l'AIE.
Cette annonce n'a pas empêché une hausse des prix du pétrole. Vers 17H00 GMT, le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a progressé de 4,79% sur la journée, à 92,01 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 4,60% à 87,29 dollars le baril.
"Le déblocage soulage une partie de la pression sur le marché et atténue certaines préoccupations concernant une pénurie immédiate de barils, mais elle ne réinitialise pas les prix à la baisse", résume l'analyste Neil Wilson du groupe financier Saxo.
Les mesures annoncées par l'AIE "sont déjà intégrées au prix" du pétrole, ajoute Alexandre Baradez, responsable de l'analyse des marchés à IG France, interrogé par l'AFP.
La moitié des 400 millions de barils va "à peine permettre de compenser ce qui a déjà été perdu", ajoute-t-il.
"Libérer les réserves stratégiques de pétrole pour faire baisser les prix peut sembler être une solution rapide, mais l'histoire montre que ce n'est souvent qu'un soulagement temporaire", prévient John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.
- Les bourses en baisse modérée -
Du côté des places financières, les Bourses européennes ont clôturé mercredi en baisse mais sans céder à la panique.
La place de Francfort a subi le plus fort recul en Europe (-1,37%), tandis que Londres et Paris perdaient respectivement 0,56% et 0,19%. Milan a également terminé en repli (-0,95%).
Le poids lourd du Dax de Francfort, le géant de la défense Rheinmetall, s'est effondré de 8,02%. Rheinmetall a connu en 2025 une croissance de son bénéfice opérationnel, de son chiffre d'affaires et de ses commandes mais a affiché des prévisions légèrement en deçà des attentes du marché pour 2026, selon une note de la banque Berenberg.
New York poursuit sa journée sans direction claire: peu après 17H00 GMT, le Dow Jones reculait de 0,72%, l'indice Nasdaq stagnait (+0,03%), et l'indice élargi S&P fléchissait légèrement (-0,18%).
- "Très difficile à prévoir" -
"La guerre au Proche-Orient met brutalement en danger l'évolution de la conjoncture mondiale", estime Andreas Lipkow pour CMC Markets (société de services financiers). "Les investisseurs demeurent nerveux, les marchés financiers volatils et les valeurs refuges recherchées".
Le blocage du détroit d'Ormuz, qui commande l'entrée du Golfe, cristallise les inquiétudes des décideurs politiques, des investisseurs et des consommateurs.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé mercredi avoir frappé un navire battant pavillon libérien et un vraquier (ndlr: navire transportant des marchandises en vrac) thaïlandais qui s'étaient engagés dans le détroit d'Ormuz en ignorant leurs "avertissements".
Les indices boursiers avaient nettement rebondi en Europe mardi après que le président américain eut assuré que le conflit était "quasiment" fini, provoquant un recul des prix du pétrole. Donald Trump a répété mercredi qu'il "ne restait pratiquement rien à frapper" en Iran et que le conflit se finirait "bientôt", dans un entretien téléphonique avec le site Axios.
Mais "les investisseurs attendent maintenant "un retour au calme dans le détroit d'Ormuz", indique John Plassard.
- Les taux grimpent-
Signe de tension: les taux d'intérêt de la dette souveraine des pays de la zone euro repartent en hausse avec les craintes d'un regain d'inflation en raison de la flambée des prix de l'énergie.
Vers 17H00 GMT, le taux d'intérêt de la dette allemande à 10 ans, référence en Europe, atteignait 2,93%, contre 2,83% la veille en clôture. Son équivalent français grimpait à 3,57%, contre 3,44% mardi soir.
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a affirmé mardi que l'institution monétaire ferait tout ce qui est "nécessaire" pour que "l'inflation soit sous contrôle" malgré la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique à échéance dix ans atteignait 4,68%, contre 4,55%.
C.Bruderer--VB