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Le Chili investit José Antonio Kast, président le plus à droite depuis la dictature de Pinochet
L'avocat ultraconservateur José Antonio Kast a été investi mercredi à la présidence du Chili, devenant le chef d'Etat le plus à droite du pays depuis la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990).
"Oui, je le jure", a déclaré , 60 ans, lors d'une cérémonie solennelle devant le Parlement réuni en assemblée plénière à Valparaiso, à 110 km à l'ouest de Santiago, où il a ceint l'écharpe présidentielle.
Plusieurs dirigeants de la région assistaient à l'investiture, parmi lesquels Javier Milei (Argentine), Rodrigo Paz (Bolivie), Daniel Noboa (Equateur), le sous-secrétaire d'Etat américain Christopher Landau, et la lauréate du prix Nobel de la paix, la Vénézuélienne Maria Corina Machado.
Devant un Parlement où la droite est majoritaire, la sortie de M. Kast après la prestation de serment des 24 ministres de son cabinet a été accompagnée de cris "Vive le Chili".
Le nouveau président et la Première dame, Maria Pia Adriasola, ont ensuite pris place à bord de la traditionnelle Ford Galaxie décapotable noire offerte par la reine Elisabeth lors d'une visite en 1968.
Le désormais ex-président de gauche Gabriel Boric a lui quitté le Parlement avec sa fille de huit mois dans les bras, montant dans sa voiture personnelle.
"Les choses vont changer", a brièvement dit M. Kast à la presse avant son investiture.
L'arrivée au pouvoir du dirigeant d'extrême droite inscrit le Chili dans la vague de gouvernements conservateurs en Amérique latine depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
M. Kast s'était largement imposé lors de la présidentielle en décembre sur la promesse d'éradiquer la délinquance et de lutter contre l'immigration irrégulière.
"J'ai bon espoir en Kast. Cela fait de nombreuses années que nous subissons beaucoup de vandalisme et de délinquance au Chili", a déclaré mercredi à l'AFP José Miguel Uriona, un commerçant de 65 ans de Valparaiso.
Même si les crimes violents ont augmenté au cours de la dernière décennie, le Chili reste l'un des pays les plus sûrs d'Amérique latine avec un taux d'homicides en 2025 de 5,4 pour 100.000 habitants.
- "Urgence nationale" -
"Les grands problèmes qui affectent le pays n'ont pas de solution rapide. Kast devra trouver le moyen d'empêcher que les attentes ne se retournent contre lui", estime M. Arellano.
Le nouveau président assure que son gouvernement fera face à "une urgence nationale".
Parmi les nommés figurent deux ex-avocats de l'ancien dictateur Pinochet, mort en 2006 alors qu'il était accusé de graves violations des droits humains, et une militante anti-avortement qui prendra la tête du ministère de la Femme.
Ces nominations ont suscité l'indignation de l'opposition. Bien que la droite soit en position de force au Parlement, elle nécessite quelques voix du centre gauche pour mettre en œuvre certaines de ses promesses électorales.
Il s'agit d'une équipe "avec très peu d'expérience en négociation et en gestion politique" qui "peut lui causer des problèmes avec le Parlement", commente le politologue Alejandro Olivares, analyste à l'Université du Chili.
José Antonio Kast a mis fin la semaine dernière à la longue tradition de passation cordiale du pouvoir, en déclarant le processus de transition clos, donnant le ton pour le début de sa présidence.
M. Kast accusait son prédécesseur d'avoir caché des informations sur un projet de câble sous-marin de fibre optique censé relier le pays à la Chine, vivement critiqué par les Etats-Unis pour des raisons de sécurité régionale.
Il avait pourtant évité les polémiques durant sa campagne, éludant les questions sur son admiration connue pour Pinochet et sur son rejet catégorique de l'avortement.
Il n'a pas épargné en revanche les migrants sans papiers vivant au Chili, en majorité des Vénézuéliens.
"La campagne a été très injuste et xénophobe. Tous les migrants ont été mis dans le même panier alors que la grande majorité d'entre nous fait les choses correctement", déplore Stefanny Romero, une blanchisseuse vénézuélienne de 34 ans.
M. Kast n'a pas donné de détails sur la manière dont il expulserait près de 340.000 personnes sans papiers, ni sur sa promesse de réduire les dépenses publiques de 6 milliards de dollars sans supprimer les aides sociales.
C.Stoecklin--VB