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Chili: José Antonio Kast, président d'extrême droite sobre et radical
Moins exubérant que d'autres dirigeants d'extrême droite, son idéologie n'en est pas moins radicale: José Antonio Kast, investi mercredi président du Chili, est un ultraconservateur et admirateur assumé du dictateur Augusto Pinochet qui promet de rétablir ordre et sécurité.
Cet avocat et ex-député de 60 ans, qui a remporté une victoire écrasante aux élections en décembre, est le benjamin d'une fratrie de dix enfants.
Membre du mouvement Schönstatt, un courant catholique conservateur d'origine allemande, le nouveau président chilien est marié et père de neuf enfants. Il considère la famille sous sa forme traditionnelle - avec un père, une mère et des enfants - comme le "noyau fondamental de la société".
S'il a soigneusement évité de répéter ses positions en matière sociétale durant sa troisième course à la présidence l'an dernier, M. Kast s'est par le passé dit opposé à l'avortement même en cas de viol, à la pilule du lendemain, au divorce et au mariage entre personnes de même sexe.
Il est le fils d'Allemands qui se sont installés au Chili après la Seconde Guerre mondiale et y ont fondé une entreprise de charcuterie prospère.
Des enquêtes journalistiques ont révélé en 2021 que son père avait été membre du parti d'Adolf Hitler. Mais José Antonio Kast affirme que celui-ci a été enrôlé de force dans l'armée allemande et nie qu'il ait été un partisan du mouvement nazi.
- "Plus conservateur" -
Le style de José Antonio Kast, admirateur de la dictature de Pinochet (1973-1990), dénote avec celui d'autres dirigeants auxquels il est parfois comparé, comme l'ex-président brésilien Jair Bolsonaro ou le président ultralibéral argentin Javier Milei.
Il "n'a pas une personnalité très charismatique", relève Robert Funk, professeur de sciences politiques à l'Université du Chili, mais il est "beaucoup plus conservateur".
Il "est perçu comme très sobre, très pragmatique, posé et calme", a déclaré à l'AFP Amanda Marton, co-autrice du livre "Kast, l'extrême droite à la chilienne".
"Certains disent qu'il a modéré son discours, mais il ne l'a pas modéré. Il a simplement éludé tout ce qui pourrait lui coûter des voix", affirme Claudia Heiss, analyste politique à l'Université du Chili.
Sa victoire, il l'a bâtie sur une promesse centrale: lutter de manière "implacable" contre la criminalité et les étrangers en situation irrégulière. "Si cela ne se fait pas volontairement, nous irons les chercher" pour les expulser, avait-il menacé durant la campagne.
Il rend les près de 340.000 personnes sans papiers vivant au Chili, en majorité des Vénézuéliens, responsables de la recrudescence de la délinquance ces dernières années.
Et promet "l'ordre et la sécurité" dans un Chili qu'il présente comme en proie au "chaos", alors qu'il reste l'un des pays les plus sûrs d'Amérique latine.
- Sourire nerveux -
Sa porte-parole de campagne, Mara Sedini, met en avant son "éthique de travail". "Pour les choses sur lesquelles il faut être têtu, il est têtu", mais il est aussi capable de "se montrer flexible et d'apprendre", affirme-t-elle.
Dans les moments de tension, José Antonio Kast laisse échapper un rictus nerveux. Il se montre parfois autoritaire, selon d'anciens collaborateurs.
Député pendant 16 ans, M. Kast a démissionné en 2016 de l'Union démocrate indépendante (UDI), estimant que le parti avait abandonné ses principes conservateurs. En 2019, il a créé le Parti républicain, formation d'extrême droite qu'il dirige depuis.
"Soit tu es avec lui, soit il est contre toi", raconte la journaliste Lily Zuñiga, qui a œuvré à ses côtes lorsqu'il était secrétaire général de l'UDI.
F.Stadler--VB