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L'inquiétude gagne à nouveau les marchés financiers face à la guerre au Moyen-Orient
Accalmie de courte durée sur les marchés: après une séance de pause la veille, les prix du pétrole grimpent à nouveau jeudi avec la guerre au Moyen-Orient, provoquant un recul des Bourses et un bond des taux d'intérêt.
"On ne voit pas de désescalade, et le prix du pétrole continue de grimper", résume Stanislas de Bailliencourt, directeur adjoint des investissements de Sycomore AM, interrogé par l'AFP.
Au sixième jour de la guerre, les frappes se sont encore succédé dans la région et le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL), reste paralysé.
Résultat, vers 17H00 GMT, les deux références mondiales du brut grimpaient: le baril WTI américain prenait 6,04% à 79,17 dollars, au plus haut depuis plus d'un an, et le Brent de la mer du Nord gagnait 3,71% à 84,42 dollars.
La hausse du gaz naturel restait contenue, progressant de 2,00% à 49,74 euros le mégawattheure pour le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe. Mais depuis le début de la semaine, il a flambé de près de 60%.
- Les Bourses sur le qui-vive -
Sur les Bourses, la volatilité est de mise, après un rebond la veille. "Les rumeurs et spéculations gagnent les marchés financiers et rendent la situation de plus en plus opaque", résume Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
En Europe, les indices ont ouvert en légère baisse, avant de reprendre des couleurs à la mi-séance puis de fléchir à nouveau. Finalement, ils ont terminé en net recul: Paris a perdu 1,49%, Londres 1,45% et Francfort 1,61%. Milan a perdu 1,61%.
Les investisseurs ont brièvement salué des articles de presse reprenant des "déclarations du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, qui indiquait que l'Iran pourrait potentiellement abandonner son programme nucléaire si les États-Unis proposaient un accord alternatif suffisamment attractif", explique Fawad Razaqzada, analyste de Forex.com.
Mais "au fil de la journée, avec les nouvelles actions militaires, cet optimisme a laissé place à la désillusion", selon Andreas Lipkow.
A Wall Street, les indices évoluaient aussi dans le rouge: vers 16H50 GMT l'indice Dow Jones perdait 1,59%, le Nasdaq 0,32% et l'indice élargi S&P 500 0,67%.
- La dette souveraine sous pression en Europe -
En attendant des éclaircissements, "les inquiétudes concernant un choc des prix de l'énergie sur l'inflation européenne sont manifestes", souligne Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Les investisseurs redoutent un regain d'inflation particulièrement en Europe, où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, et le spectre de la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022 plane.
Résultat, les taux d'intérêt des dettes d’État, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent sur le Vieux Continent.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans, considéré comme la référence européenne, évoluait à 2,83% vers 14H40 GMT contre 2,75% mercredi à la clôture. Son équivalent français s'établissait à 3,46% contre 3,35% mercredi, et l'italien à 3,53% contre 3,43%. Le rendement britannique à 10 ans évoluait quant à lui à 4,53% contre 4,44% mercredi à la clôture.
En parallèle, "le dollar demeure la valeur refuge de prédilection face à un conflit sans précédent au Moyen-Orient", estime Kathleen Brooks. Bien que les marchés d'actions se stabilisent, "le billet vert reste ferme", note-t-elle.
La hausse des hydrocarbures devrait davantage peser sur les économies asiatiques et européennes que sur celle des États-Unis, plus indépendante en matière énergétique, et dont la devise est utilisée sur les marchés internationaux pour acheter du pétrole brut.
Vers 14H30 GMT, le billet vert prenait 0,27% à la monnaie unique européenne, à 1,1602 dollar pour un euro. Les taux américains grimpaient moins que leurs homologues du Vieux Continent.
A.Kunz--VB