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Avantage Rubio ? Le possible duel avec Vance pour la Maison Blanche se précise
"C'est le chaos, les gars !" Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio savoure l'effervescence médiatique autour de son apparition à la Maison Blanche, qui éclipse un déplacement du vice-président JD Vance, son potentiel rival pour l'élection présidentielle de 2028.
C'est devant une salle de presse archi-comble que s'est présenté mardi le secrétaire d'Etat, remplaçant d'un jour de la porte-parole de l'exécutif américain, Karoline Leavitt, en congé maternité.
Le républicain de 54 ans a été assailli de questions sur l'Iran et sur sa prochaine visite au Vatican - un voyage largement interprété dans la presse comme un revers infligé à JD Vance, lui aussi catholique pratiquant.
Marco Rubio a aussi abordé des sujets plus légers.
"Vous n'êtes pas prêts pour mon nom de DJ", s'est-il amusé, après qu'une vidéo le montrant aux platines pendant une fête privée a largement circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours.
Soucieux peut-être de casser une image de diplomate lisse, cet amateur de rap a placé une référence au collectif Cypress Hill et a accusé les dirigeants iraniens d'être "Insane in the Brain", une chanson du groupe californien datée de 1993, dont le titre pourrait être traduit par "agités du bocal".
Il a aussi glissé une phrase sur sa conception de l'Amérique, qui ne déparerait pas dans une vidéo de campagne.
"Nous voulons qu'elle reste un endroit où quiconque, peu importe d'où il vient, peut réussir, un endroit où l'on n'est limité ni par sa naissance, ni par la couleur de sa peau, ni par son ethnicité", a déclaré le chef de la diplomatie américaine d'origine cubaine, qui est passé de l'anglais à l'espagnol pour répondre à une question.
- "Prétendant sérieux" -
D'aucuns pourraient voir là une subtile prise de distance avec la rhétorique identitaire portée par d'autres cadres de l'administration Trump, dont le conseiller Stephen Miller et, justement, le vice-président JD Vance.
Marco Rubio "a cartonné" dans la célèbre salle de briefing de la Maison Blanche, s'est enthousiasmé sur X l'influenceur de droite radicale Nick Sortor, ajoutant: "Cet homme est un prétendant sérieux pour 2028."
Le vice-président, lui, tente de faire oublier deux missions diplomatiques infructueuses menées mi-avril, que ce soit en Hongrie où son soutien n'a pas empêché le Premier ministre nationaliste Viktor Orban d'être défait aux élections, ou au Pakistan, pour des discussions avec l'Iran qui n'ont produit aucun résultat.
Mardi, le conservateur de 41 ans a d'abord jeté son dévolu sur son Etat d'origine, l'Ohio.
JD Vance a lancé son parcours en politique avec un livre racontant son enfance dans une famille monoparentale modeste de la "Rust Belt", région du nord-est des Etats-Unis profondément marquée par le déclin industriel.
Le vice-président s'est ensuite rendu mardi dans l'Iowa (centre-ouest), un Etat stratégique où doit être lancée, en 2028, la course entre les prétendants républicains à la Maison Blanche.
C'est aussi une terre agricole, où les effets du conflit en Iran se font sentir, au travers d'une forte hausse des prix du carburant et des engrais.
- Bilan de Trump -
Jusqu'ici, ni Marco Rubio ni JD Vance n'ont ouvertement déclaré leur intérêt pour succéder à Donald Trump et se présenter à l'élection de 2028 - dans plus de deux ans, autant dire une éternité, au rythme où va la politique américaine.
Certains sondages épars, à prendre avec beaucoup de précautions, faisaient état récemment d'un certain élan pour le chef de la diplomatie face au vice-président.
En février, ce dernier a par ailleurs assuré qu'il n'existait "aucun conflit" entre lui et le secrétaire d'Etat.
Marco Rubio avait lui assuré en décembre 2025 dans un entretien à Vanity Fair qu'il ne se mettrait pas en travers de sa route.
"Si JD Vance se présente pour être président, il sera notre candidat et je serai l'un des premiers à le soutenir", avait-il affirmé.
Ce dernier est, de par sa fonction, plus étroitement associé au bilan du chef d'Etat en exercice. Or la cote de popularité de Donald Trump est en baisse, plombée en particulier par la guerre en Iran.
JD Vance a tenté de prendre ses distances avec ce conflit sans rompre pour autant avec l'imprévisible président, un exercice politiquement périlleux, et qui n'est pas forcément très lisible pour les électeurs.
G.Haefliger--VB