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A Genève, début de nouveaux pourparlers entre Iran et Etats-Unis
L'Iran et les Etats-Unis ont démarré jeudi une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, avec pour objectif de sortir du flou actuel "ni guerre ni paix", selon les mots du président iranien.
Depuis janvier, chaque partie se dit ouverte au dialogue mais aussi prête à l'action militaire, laissant le champ ouvert à tous les scénarios.
Les deux délégations sont arrivées jeudi peu avant 10H00 (09H00 GMT) à la résidence de l'ambassadeur d'Oman, pays médiateur, près de Genève, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Washington veut arracher un accord garantissant notamment que l'Iran ne se dote pas de l'arme atomique, une crainte des Occidentaux qui nourrit de longue date le différend avec Téhéran.
"Notre guide suprême (l'ayatollah Ali Khamenei, NDLR) a déjà déclaré que nous n'aurions pas du tout d'armes nucléaires", a réaffirmé jeudi le président Massoud Pezeshkian, en écho mot pour mot aux accusations du président américain.
Il avait dit la veille vouloir sortir de "cette situation +ni guerre ni paix"+.
Autre sujet de discorde: le programme balistique iranien.
Alors que Washington exige d'aborder cette question, comme celle du soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël, la diplomatie iranienne a affirmé que seul le dossier nucléaire serait débattu, amenuisant la perspective d'un accord.
D'après le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, il s'agit d'"un gros problème". "Nous devrons discuter d'autres sujets que le seul programme nucléaire", a-t-il averti avant l'ouverture des pourparlers en Suisse.
- "Contradictoires" -
L'Iran a "développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et cherche à en concevoir des plus puissants encore, capables "d'atteindre bientôt les Etats-Unis", a assuré mardi le président Trump, dans son discours sur l'état de l'Union.
C'est dans ce discours, temps fort de la vie politique américaine, que le président George W. Bush avait en son temps exposé ses arguments en faveur de l'invasion de l'Irak de 2003.
Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a qualifié de "gros mensonges" ces affirmations.
L'Iran dispose d'un large arsenal d'engins conçus localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et quelques pays d'Europe orientale.
Malgré les divergences, l'Iran assure qu'un accord est "à portée de main", selon le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui mène la délégation aux négociations, invoquant une "opportunité historique".
Mais "le succès de ces négociations dépend du sérieux de l'autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires", a-t-il insisté jeudi.
- Précédentes négociations -
Les Etats-Unis sont représentés par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui en parallèle doivent mener des pourparlers avec l'Ukraine, également à Genève jeudi.
Un précédent cycle de négociations avait été interrompu au printemps 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran.
Washington avait à cette occasion frappé des sites nucléaires en Iran et Donald Trump avait assuré avoir "anéanti" son programme nucléaire, même si l'étendue exacte des dégâts n'est pas connue.
Téhéran met en avant son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
D'après la diplomatie iranienne, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, devrait participer aux discussions à Genève.
Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang en janvier d'un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de venir "en aide" au peuple iranien.
L.Stucki--VB