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De nouveaux pourparlers entre Russes, Ukrainiens et Américains attendus à Genève
Des négociateurs russes, ukrainiens et américains doivent entamer mardi une nouvelle session de pourparlers à Genève pour trouver une issue à quatre ans de combats en Ukraine, après deux récentes rencontres organisées aux Emirats arabes unis qui n'ont pas débouché sur des avancées décisives.
Les parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois. La possibilité de concessions territoriales par Kiev, en échange de garanties de sécurité occidentales, est au cœur des discussions.
Les négociations buttent en particulier sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine : Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce à quoi Kiev se refuse.
Donald Trump, à l'origine de ces tractations, fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique de ce conflit déclenché par l'invasion massive russe de l'Ukraine, en février 2022.
"L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement", a répété lundi soir le président américain devant la presse, à bord d’Air Force One.
La semaine dernière, il avait appelé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à "se bouger", assurant que la Russie voulait "conclure un accord".
Interrogé plus tôt lundi sur ces nouveaux pourparlers, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a quant à lui prévenu que "les questions" restant à régler étaient "vastes" et que "personne ne se risquera à prédire" l'issue des discussions de Genève.
M. Riabkov a réitéré la volonté de Moscou d'obtenir non pas une simple pause dans les hostilités mais un accord "durable" comprenant "le règlement des questions qui sont à l'origine de ce conflit". Pour défendre son attaque, la Russie avait notamment affirmé que l'ambition de l'Ukraine de rejoindre l'Otan menaçait sa sécurité.
- "Concessions" ukrainiennes -
Volodymyr Zelensky a de son côté mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier.
Les forces russes ont procédé ces derniers mois à une série de bombardements massifs qui ont dévasté le réseau énergétique de l'Ukraine, en plein hiver.
"Même à la veille des réunions trilatérales à Genève, l'armée russe n'a reçu d'autres ordres que de continuer à frapper l'Ukraine. Cela en dit long sur la façon dont la Russie considère les efforts diplomatiques", s'est emporté M. Zelensky, lundi, sur ses réseaux sociaux.
Pour lui, "seules une pression suffisante sur la Russie et des garanties de sécurité claires pour l'Ukraine permettront de mettre fin à cette guerre de manière réaliste".
Samedi, en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich, il a en outre à nouveau écarté la possibilité de céder des territoires à la Russie qui occupait mi-février 19,5% de l'Ukraine.
"Nous ne pouvons pas simplement nous retirer de notre territoire ou échanger une partie de notre territoire contre une autre. C'est un peu fou, je suis désolé", a-t-il dit.
L'armée ukrainienne a toutefois réalisé une contre-offensive inédite depuis 2023 en reprenant 201 km2 à l'armée russe entre mercredi et dimanche, d'après une analyse AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW). Une surface presque équivalente aux conquêtes russes de l'ensemble du mois de décembre (244 km2).
- Historien russe nationaliste -
Le président ukrainien avait précédemment dit espérer de nouvelles négociations "sérieuses et substantielles" mais a reproché aux Américains de "revenir trop souvent sur la question des concessions" que l'on demande à Kiev de faire.
Contrairement aux négociations d'Abou Dhabi, la délégation russe à Genève sera dirigée par l'historien nationaliste et ex-ministre de la Culture Vladimir Medinski, signe que le volet politique, et non plus seulement militaire, sera abordé.
"Cette fois-ci, nous prévoyons d'aborder un éventail plus large de questions, en nous concentrant sur les points clés liés aux territoires et aux autres revendications", a confirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
L'équipe ukrainienne sera emmenée, comme pour les réunions précédentes, par l'ex-ministre de la Défense Roustem Oumerov, tandis que la Maison Blanche devrait envoyer, comme auparavant, l'émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
Comme pendant les discussions d'Abou Dhabi et de précédents pourparlers en Turquie en 2025, les alliés européens de l'Ukraine sont tenus à l'écart, ce qui est "une grosse erreur", a affirmé samedi M. Zelensky.
M. Riabkov a pour sa part qualifié les Européens de principal obstacle aux efforts devant aboutir à un "accord raisonnable" avec l'Ukraine.
O.Schlaepfer--VB