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Conférence sur la sécurité : Merz appelle à "réparer" la confiance transatlantique
Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé vendredi à "réparer" et "raviver" la confiance transatlantique, mise à mal par le président américain Donald Trump, lors de l'ouverture de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui réunit plus de 60 chefs d'Etat et de gouvernement.
"Réparons et ravivons ensemble la confiance transatlantique", a appelé en anglais le chancelier Merz vendredi, en direction des "amis américains" de l'Europe.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump, selon qui l'Union européenne a été construite pour "emmerder" les Etats-Unis, a l'Europe dans le collimateur. Comme en témoigne sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale, où le président américain s'est livré comme jamais à une attaque en règle contre les Européens, menacés selon lui d'un "effacement civilisationnel".
"À l'ère de la rivalité entre grandes puissances, même les États-Unis ne seront pas assez puissants pour faire cavalier seul", a ajouté le chancelier allemand, un an après le discours conflictuel prononcé au même endroit par le vice-président américain JD Vance, qui avait reproché aux Européens de ne pas prendre suffisamment en main leur propre défense.
Le chancelier allemand a également indiqué avoir "entamé des discussions confidentielles avec le président français au sujet de la dissuasion nucléaire européenne".
La France est le seul en Europe, avec le Royaume-Uni, à être doté de la bombe atomique. La possibilité de faire bénéficier d'autres pays européens de la dissuasion nucléaire française s'est renforcée ces derniers mois face à leur crainte de ne plus pouvoir compter, à l'avenir, sur le parapluie américain qui protège actuellement toute l'Europe.
Selon le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, qui s'exprimait lors du Transatlantic Forum, il y a un "changement d'état d'esprit" au sein de l'Otan et "l'Europe assume davantage un rôle de leadership au sein de l'OTAN", et "prend aussi davantage soin de sa propre défense".
- "Partenariat solide avec les Américains" -
"Une Europe forte dans une OTAN forte signifie que le lien transatlantique sera plus fort que jamais", veut-il croire.
Le président français Emmanuel Macron clôturera la journée à 19h00 (18h00 GMT).
Outre les débats officiels, le rendez-vous de Munich qui se déroule jusqu'à dimanche autour de deux hôtels fortifiés dans le centre historique de la capitale bavaroise sous haute surveillance policière est l'occasion d'échanges informels et de réunions secrètes.
Le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga a ainsi dit avoir déjà discuté à Munich des "efforts de paix" avec son homologue chinois Wang Yi, en attendant l'arrivée du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Les gouvernements occidentaux et Kiev accusent Pékin de fournir à la Russie un soutien économique crucial à son effort de guerre, notamment des composants militaires pour son industrie de défense.
"Il est bon d'avoir un partenariat solide avec les Américains, avec les États-Unis sous toutes ses formes", a indiqué en marge de la Conférence le président ukrainien.
"Mais je pense que l'Europe... a besoin d'une industrie de défense indépendante, très forte... avec des racines, des liens, un partenariat avec les États-Unis, mais c'est notre continent", a-t-il insisté.
- "Ordre international ravagé à coups de boutoir" -
Une réunion des dirigeants européens est prévue vendredi après-midi avec M. Zelensky sur l'Ukraine, en présence aussi du secrétaire d'Etat américain Marco Rubio et de responsables de l'Otan.
Le président français Emmanuel Macron avait récemment souhaité une reprise du dialogue avec Vladimir Poutine. Or, Washington canalise pour l'instant l'échange avec Moscou.
Le prochain cycle de négociations entre Moscou, Kiev et Washington pour tenter de trouver une issue diplomatique à la guerre en Ukraine se tiendra mardi et mercredi prochains à Genève, a annoncé le Kremlin.
Au centre des débats de Munich, les organisateurs ont fait figurer "l'ordre international ravagé à coups de boutoir". Avec notamment le Groenland, convoité par le président Donald Trump. Le gouvernement danois va d'ailleurs rencontrer à Munich le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Cette année, c'est le secrétaire d'Etat Marco Rubio, considéré comme moins idéologue, qui conduit la délégation américaine. Il prendra la parole publiquement samedi.
"Rubio n'offensera pas gratuitement les Européens. Il ne les offensera que sur les points qu'il considère essentiels au message de Trump", a pronostiqué Ian Bremmer, le président de l'ONG Eurasia Group, lors d'un point presse.
Marco Rubio a par ailleurs rencontré vendredi son homologue chinois Wang Yi à Munich, alors que les deux grandes puissances se livrent une concurrence acharnée.
U.Maertens--VB