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La Russie menace de poursuivre la guerre en Ukraine en pleines négociations à Abou Dhabi
La Russie a menacé mercredi de poursuivre les hostilités en Ukraine si Kiev n'acceptait pas ses conditions, au moment où un nouveau cycle de négociations en présence des Américains s'est ouvert à Abou Dhabi pour tenter de mettre fin à quatre ans de guerre.
"Le travail a été substantiel et productif, axé sur les mesures concrètes et les solutions pratiques", a déclaré le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, après la fin du premier jour des discussions, qui doivent reprendre jeudi.
Dans son message du soir, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a quant à lui dit s'attendre à un nouvel échange de prisonniers avec la Russie "dans un avenir proche".
- "55.000" soldats ukrainiens tués -
Tandis que le pire conflit armé sur le continent européen depuis la Deuxième Guerre mondiale a déjà fait des dizaines, voire des centaines, de milliers de morts des deux côtés et que des millions d'Ukrainiens ont trouvé refuge à l'étranger, M. Zelensky a par ailleurs assuré que le bilan officiel était de 55.000 militaires ukrainiens tués.
Pour conquérir l'est de l'Ukraine, les forces russes devraient sacrifier 800.000 hommes supplémentaires, a-t-il en outre estimé, s'exprimant sur la chaîne de télévision France 2. "Il leur faudra deux ans au minimum avec une progression très lente. A mon avis, ils ne tiendront pas aussi longtemps", a-t-il ajouté.
Peu après l'ouverture des négociations aux Emirats arabes unis, Moscou a de nouveau insisté sur le fait que l'Ukraine devait se plier à ses exigences, renforçant les doutes sur les chances de succès des efforts diplomatiques menés depuis des mois sous l'impulsion du président américain, Donald Trump.
Le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Gueorguiï Tykhy, a pour sa part souligné que son pays attendait avant tout de ces réunions de "savoir ce que les Russes et les Américains veulent vraiment", précisant qu'elles portaient sur "des questions militaires et politico-militaires".
- Les voies ferrées visées -
L'une des principales demandes de la Russie est que les soldats ukrainiens se retirent des zones sous leur contrôle dans la région orientale de Donetsk. Kiev se refuse jusqu'à présent à abandonner ces territoires, où sont situées ses principales défenses face aux assauts russes.
Ce discours intransigeant de Moscou s'est accompagné de la reprise mardi, après une brève pause obtenue sur requête du président américain, de frappes massives russes sur l'Ukraine.
Ces bombardements, qui ont impliqué des centaines de drones et des dizaines de missiles, ont pris pour cible des sites énergétiques et entraîné de nouvelles coupures de chauffage et d'électricité pour des centaines de milliers de foyers, par des températures frôlant les -20°C.
Visées également par les Russes, les voies ferrées ukrainiennes: "l'objectif est très clair. Si vous placez sur une carte les récentes attaques contre les chemins de fer, il y a une tentative de couper certaines régions d'Ukraine et de semer la peur dans l'esprit des populations afin de leur faire croire qu'elles ne sont plus connectées" au reste du pays, a à ce sujet déclaré mercredi à l'AFP le directeur de la compagnie nationale ferroviaire ukrainienne, Ukrzaliznytsia, Oleksandr Pertsovskyi.
"Ces derniers mois", ces attaques russes sont de plus en plus précises", a-t-il relevé.
Le même jour, une frappe russe sur un marché dans la ville de Droujkivka, dans l'est de l'Ukraine, a fait au moins sept morts et 15 blessés, selon le gouverneur régional.
- "Une mise en scène" -
L'émissaire américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, participent aux négociations à Abou Dhabi.
Russes, Ukrainiens et Américains s'étaient déjà retrouvés aux Emirats arabes unis fin janvier pour de premières discussions, dont sont exclus les alliés européens de Kiev. De précédents pourparlers en Turquie en 2025 avaient donné peu de résultats tangibles.
L'ambassadrice de l'UE en Ukraine, Katarina Mathernova, a assuré à l'AFP mercredi qu'il était "stratégiquement important pour l'Europe de participer à un moment donné aux négociations".
Malgré ce ballet diplomatique, les Ukrainiens interrogés par l'AFP doutent qu'un accord puisse être conclu.
"Je pense que tout cela n'est qu'une mise en scène pour le public", juge Petro, un habitant de Kiev. "Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur."
A Moscou en revanche, les Russes interrogés ont fait part de leur espoir de voir la guerre se terminer.
"Tout le monde espère, tout le monde est très optimiste quant à ces négociations", a lancé Larissa, une retraitée qui a de la famille en Ukraine et des proches au front.
"Cela doit finir un jour, tout le monde en a assez", abonde en son sens Anton, un ingénieur de 43 ans, tandis que Dmitri, 44 ans, dit souhaiter que "les drones cessent de survoler nos têtes et que les gens cessent de mourir".
bur-rco-ant-pop/bds/bfi
C.Stoecklin--VB