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Ukraine: Zelensky à l'Elysée, Européens et Américains veulent afficher leur "convergence"
Volodymyr Zelensky est arrivé mardi à l'Elysée, à Paris, pour un sommet au cours duquel les pays européens alliés de l'Ukraine et des émissaires américains veulent afficher leur "convergence" sur les garanties de sécurité à fournir à Kiev en cas d'accord avec Moscou.
"Ces discussions doivent fournir plus de protection et de force pour l'Ukraine", a dit le président ukrainien sur le réseau X à son arrivée à la mi-journée. Il a réitéré sa demande de "mesures qui puissent garantir une vraie sécurité pour notre peuple".
L'entourage du président français Emmanuel Macron présente cette nouvelle réunion de la "Coalition des volontaires" comme l'aboutissement des efforts engagés il y a environ un an, après l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, pour éviter que les Etats-Unis ne "lâchent l'Ukraine".
"Nous avons réussi cet exercice de reconvergence entre l'Ukraine, l'Europe et l'Amérique", a dit à la presse un de ses conseillers.
En parallèle, nouvelle manifestation du jeu d'équilibrisme diplomatique auquel ils s'astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain.
Emmanuel Macron a reçu son homologue ukrainien dans un palais présidentiel enneigé pour un tête-à-tête, suivi d'un déjeuner élargi à l'émissaire américain Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
Dans la foulée, le sommet réunira 35 pays, dont 27 représentés par des chefs d'Etat ou de gouvernement, ainsi que les dirigeants de l'Otan et de l'Union européenne.
Une conférence de presse des présidents Macron et Zelensky, du Premier ministre britannique Keir Starmer et du chancelier allemand Friedrich Merz est prévue en fin de journée.
Les Etats-Unis ne sont pas membres de cette coalition créée en mars par la France et le Royaume-Uni pour apporter des "garanties de sécurité" à l'Ukraine dans le cadre d'un éventuel cessez-le-feu. Mais leur soutien à Kiev reste crucial, y compris pour convaincre les autres alliés de s'engager.
C'est sur ce point que porte la "convergence" vantée par Paris.
- "Secret militaire" -
Mardi, les dirigeants prendront "des engagements concrets", a promis Emmanuel Macron.
Ils doivent définir leur vision commune des "modalités d'un cessez-le-feu" entre l'Ukraine et la Russie, sur la manière dont il pourra être "vérifié" par drone ou satellite plutôt que par un déploiement militaire terrestre, mais aussi sur leur riposte en cas de violation, a expliqué la présidence française.
Autre point à l'ordre du jour, selon la même source: les "modalités opérationnelles" du "déploiement d'une force multinationale" promise par les Européens pour "réassurer l'Ukraine dans les airs, sur la mer et à terre" face au risque d'une nouvelle attaque russe après un éventuel accord de paix.
Si les dirigeants pourraient acter les contributions des différents pays de la coalition à cette mission militaire, ils n'en dévoileront que "ce que le secret militaire permet de dire", a prévenu le conseiller d'Emmanuel Macron. Il ne faut donc pas s'attendre à connaître les effectifs de cette force ou les contributions des Etats prêts à y participer, comme la France et le Royaume-Uni.
Côté français, le chef de l'Etat pourrait en dire davantage jeudi lorsqu'il recevra la classe politique pour faire le point.
La convergence semble moins complète s'agissant des négociations de paix menées par les Etats-Unis parallèlement, avec l'Ukraine et la Russie.
Une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre et des appels entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine n'ont pas permis d'avancer sur le principal noeud, les concessions territoriales exigées par Moscou.
Le sujet sera à nouveau évoqué à Paris avec les émissaires américains.
Le Kremlin a fait connaître son intention de "durcir" sa position après avoir accusé l'Ukraine d'avoir voulu viser avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que Kiev dément.
Le chef de l'Etat russe a répété ces dernières semaines que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine par la voie des négociations ou par celle des armes.
Des frappes russes ont touché lundi une clinique à Kiev, tuant deux personnes.
S.Spengler--VB