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L'UE veut pérenniser son soutien à l'Ukraine, après les volte-face de Trump
Les dirigeants européens se retrouvent jeudi à Bruxelles avec la volonté de trouver les milliards d'euros nécessaires à l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie, au moment où les efforts américains auprès du Kremlin semblent dans l'impasse.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit rejoindre les 27 dirigeants de l'Union européenne, réunis en sommet, avant de gagner Londres où se tiendra vendredi une réunion de la coalition des volontaires, qui rassemble les pays soutenant l'effort de guerre ukrainien.
Cette nouvelle séquence européenne intervient après la décision de Donald Trump de reporter sine die sa rencontre prévue à Budapest avec le président russe Vladimir Poutine, et de décréter des sanctions contre des groupes pétroliers et gaziers russes.
"Non, non, je ne veux pas d'une rencontre pour rien. Je ne veux pas de perte de temps, donc on verra ce qu'il va se passer", a expliqué mardi le président américain.
L'occasion pour les Européens de tenter de reprendre la main, selon des diplomates. Une série d'initiatives sont en cours pour réaffirmer la ligne des Européens et la faire valoir, a ainsi expliqué l'un d'entre eux.
- Avoirs russes -
Mardi, les principaux dirigeants européens ont ainsi rappelé, avec le président Zelensky, les conditions préalables à un retour de la paix en Ukraine, bien différentes de celles formulées, selon Kiev, par Washington. Selon un responsable ukrainien, Donald Trump a fait pression sur Volodymyr Zelensky pour qu'il renonce au Donbass afin de permettre un accord de paix.
"Nous restons attachés au principe selon lequel les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force", ont affirmé ces dirigeants dans un texte signé par la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore l'Italie.
Les Européens veulent recourir aux avoirs de la banque centrale russe immobilisés en Europe depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
C'est "essentiel pour que l'Ukraine puisse continuer à faire face à la Russie", assure un diplomate à Bruxelles. Surtout lorsque les caisses des Etats sont vides et qu'il n'y a guère d'alternative, relève un autre.
L'idée est de prêter à Kiev 140 milliards d'euros pris sur les quelque 210 milliards d'euros d'avoirs russes gelés.
- Inquiétudes belges -
Ces avoirs sont sous le contrôle de la société belge Euroclear. La Belgique s'est jusqu'à présent montrée réticente, redoutant, entre autres, d'être seule à payer les pots cassés en cas de problème.
Son Premier ministre Bart De Wever insiste sur la nécessité d'une clause de solidarité crédible entre les 27. La Belgique juge également indispensable, tout comme la Banque centrale européenne (BCE) et plusieurs autres pays, que ces avoirs ne soient pas confisqués, au risque de déclencher une tempête financière, déstabilisant l'euro.
La dernière version du projet de déclaration, traditionnellement publiée à l'issue du sommet des 27, s'efforce de prendre en compte ces préoccupations.
L'utilisation des actifs russes devra "être soutenue par une solidarité et un partage des risques appropriés au sein de l'Union européenne", indique ainsi ce projet de texte.
La Belgique a toutefois réitéré ses inquiétudes. "C'est comme prendre l'avion, le risque est peut-être assez faible, mais s'il y a un accident, alors il est fatal", a-t-elle expliqué aux autres pays de l'UE, selon des diplomates à Bruxelles.
Et que se passera-t-il si le Kremlin punit la Belgique en saisissant ses entreprises présentes en Russie?
La définition du risque à couvrir pour les autres pays reste encore à définir précisément, reconnaît un responsable européen.
En cas de feu vert des dirigeants européens, il faudra encore que la Commission européenne présente une proposition légale et formelle avant que ce mécanisme inédit puisse être lancée.
Les Européens entendent se sont mis d'accord mercredi soir sur un 19e train de sanctions contre la Russie, qui cible ses exportations d'hydrocarbures, essentielles au financement de sa guerre contre l'Ukraine.
Les Etats-Unis ont pour leur part annoncé mercredi des sanctions inédites visant les géants pétroliers russes Rosneft et Lukoil.
D.Schaer--VB