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Liban: les camps palestiniens entament leur désarmement
Des factions palestiniennes présentes dans les camps de réfugiés au Liban ont commencé jeudi à remettre leurs armes aux autorités, conformément à un accord conclu en mai visant à garantir le monopole des armes à l'Etat libanais.
"Aujourd'hui marque le début de la première phase du processus de remise des armes à l'intérieur des camps palestiniens", a indiqué dans un communiqué le président du Comité de dialogue libano-palestinien, Ramez Damaschkieh.
L'opération a débuté dans le camp de Bourj al-Barajneh à Beyrouth, où un premier lot d'armes a été remis à l'armée libanaise, a constaté un photographe de l'AFP.
Un camion a transporté des armes et munitions placées dans des sacs du camp vers un parking voisin, où des militaires libanais étaient déployés.
Des dizaines de combattants en treillis, armés de fusils ont aussi été vus par l'AFP devant le siège à Beyrouth du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas.
L'émissaire américain, Tom Barrack, a salué une "étape historique vers l'unité et la stabilité" du Liban.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, s'est également félicité du début du processus, qui, a-t-il dit, "s'achèvera avec la remise de lots supplémentaires dans les semaines à venir depuis Bourj al-Barajneh et d'autres camps », selon un communiqué de son cabinet.
Un responsable sécuritaire palestinien avait plus tôt précisé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que "le Fatah commencera à remettre ses armes dans le camp de Bourj, dans le cadre de la coordination avec l'armée libanaise".
- "Démarche symbolique" -
En mai, M. Abbas s'était rendu à Beyrouth - sa première visite au Liban depuis 2017 - et y avait conclu avec le président libanais Joseph Aoun un accord prévoyant la remise aux autorités de toutes les armes présentes dans les camps palestiniens.
Le Liban est en parallèle sous fortes pressions américaines pour désarmer le Hezbollah, après les lourdes pertes infligées au mouvement pro-iranien lors de sa guerre contre Israël l'an dernier.
Le 5 août, le gouvernement a chargé l'armée de préparer un plan pour le désarmer d'ici la fin 2025.
Une source sécuritaire du camp de Bourj el-Barajneh a estimé que "l'initiative du Fatah de commencer à remettre ses armes est symbolique, et découle d'un accord entre Aoun et le fils du président palestinien, Yasser Abbas, actuellement en visite à Beyrouth".
Cette démarche vise à "encourager les autres factions (palestiniennes armées) à suivre le même chemin", a ajouté cette source, soulignant que dans les camp, ces dernières "n'ont pas encore décidé de remettre leurs armes".
L'Autorité palestinienne n'exerce pas de contrôle sur ces autres factions, au premier rang desquelles figure le Hamas, le mouvement islamiste palestinien en guerre contre Israël à Gaza depuis octobre 2023.
- "Illégitimes" -
Le Liban accueille environ 222.000 réfugiés palestiniens, selon l'agence onusienne Unrwa, dont une majorité vit dans des camps surpeuplés échappant au contrôle de l'Etat.
Le camp d'Aïn al-Hilweh, près de Saïda (sud), est le plus grand du pays et abrite notamment des personnes recherchées par les autorités libanaises.
La remise des armes devait initialement commencer à la mi-juin, mais, dans un entretien la semaine dernière à la chaîne saoudienne Al-Arabiya, M. Aoun avait imputé le retard à la guerre qui a opposé en juin l'Iran et Israël et à "des considérations internes à l'Autorité palestinienne".
Badie al-Habet, membre de la direction du Fatah à Beyrouth, a déclaré à l'AFP que la remise attendue jeudi concernait "les armes illégitimes détenues par des individus illégitimes".
Il a toutefois précisé que les armes du personnel de sécurité palestinien dans les camps n'étaient pas concernées.
Les factions armées palestiniennes, dont le Hamas, ont tiré à plusieurs reprises sur Israël depuis le Liban lors du conflit qui a opposé Israël au Hezbollah avant un accord de cessez-le-feu conclu fin novembre.
Le texte stipule que seule l'armée libanaise est autorisée à conserver des armes et qu'elle est la seule force, avec les Casques bleus de l'ONU, à être déployée dans le sud du pays.
Israël poursuit néanmoins ses frappes contre le Liban et maintient ses troupes sur cinq positions stratégiques dans cette région.
Le Hezbollah, de son côté, a affirmé qu'il résisterait à toute tentative de désarmement.
P.Keller--VB