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Attentat de Magnanville: la perpétuité confirmée en appel pour Mohamed Lamine Aberouz
La cour d'assises spéciale de Paris a confirmé samedi en appel la condamnation de Mohamed Lamine Aberouz à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans, pour complicité dans l'assassinat d'un couple de policiers à leur domicile de Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016.
La cour a reconnu le Franco-Marocain de 31 ans coupable de tous les chefs d'accusation qui le visaient, soit complicité d'assassinat d'une personne dépositaire de l'autorité publique, complicité de séquestration d'un mineur de moins de 15 ans et association de malfaiteurs terroriste.
Debout dans son box, Mohamed Lamine Aberouz a accusé le coup à la lecture du verdict, retombant sur son banc, accablé.
"Il n’y avait en réalité aucune marge de manœuvre. C’est en matière antiterroriste le doute qui profite à l’accusation et non à l’accusé. La juridiction a pris la décision d’ajouter un deuxième homme dans un agissement solitaire", ont réagi les avocats de la défense.
La cour présidée par Frédérique Aline a répondu "oui" à la majorité aux 17 questions établissant la culpabilité de Mohamed Lamine Aberouz.
"Je vous assure que je n'ai aucune responsabilité dans votre malheur", avait affirmé dans la matinée Mohamed Lamine Aberouz en regardant depuis son box les membres de la famille de Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, les deux victimes de Larossi Abballa.
"Celui qui a mené un jihad, c'est Larossi Abballa. C'était sa volonté funeste. Il ne m'a pas consulté. Je regrette de l'avoir fréquenté et de m'être laissé berner", avait ajouté l'accusé.
Il a réitéré sa "condamnation ferme et absolue" de l'attentat.
Le soir du 13 juin 2016, Jessica Schneider, 36 ans, fonctionnaire de police au commissariat de Mantes-la-Jolie, a été égorgée à son domicile sous les yeux de son fils de trois ans. Un peu plus tard, son compagnon, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant au commissariat des Mureaux, a été poignardé de neuf coups de couteau alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui. Un même assassin: Larossi Abballa, ami de l'accusé.
Adepte d'un islam rigoriste, déjà condamné dans un dossier d'attentat jihadiste, Mohamed Lamine Aberouz n'a cessé de proclamer son innocence dans cette affaire, affirmant que Larossi Abballa avait agi seul.
Pour l'avocate générale, l'accusé "était sur les lieux du crime" le soir du 13 juin 2016 sans contestation possible. Mohamed Lamine Aberouz est un "membre à part entière de l'Etat islamique". "Il a agi en jihadiste", a-t-elle insisté.
Les "dénégations" de l'accusé "ne résistent pas au dossier", a dit Naïma Rudloff.
- Trace ADN -
"Le déroulé des faits confirme que cela n'a pu se réaliser qu'en présence d'un deuxième homme. Peut-on imaginer un homme, en plein jour, attaquer deux policiers potentiellement armés?", a-t-elle fait remarquer.
Un homme seul n'aurait pas pu gérer les réactions de l'enfant de 3 ans, par nature "imprévisibles", a-t-elle poursuivi.
Il fallait également un complice à l'intérieur du domicile pour signaler à Larossi Abballa l'arrivée de Jean-Baptiste Salvaing, a souligné la magistrate.
Me Vincent Brengarth avait plaidé quant à lui l'acquittement de son client au bénéfice du doute en mettant en avant le manque "d'éléments concrets" pour appuyer les "hypothèses" de l'accusation. "J'ai une conviction: l'innocence de Mohamed Lamine Aberouz", a-t-il dit.
Le principal élément à charge contre Mohamed Lamine Aberouz, "ennemi" de la France selon l'avocat de parties civiles, Me Thibault de Montbrial, demeure une trace ADN retrouvée sur le repose-poignet droit de l'ordinateur personnel du couple de policiers.
Si l'accusation soutient qu'il s'agit d'un "ADN de contact primaire", la défense affirme qu'il s'agit "d'un transfert" d'ADN apporté sur les lieux par l'assassin. Des experts, cités à la barre, ont refusé de trancher entre ces deux hypothèses.
"L'ADN n'est pas la reine des preuves mais un élément du puzzle qui va permettre de trancher l'innocence ou la culpabilité d'un individu", a résumé Olivier Pascal, directeur général de l'Institut français des empreintes génétiques.
Les magistrats de première instance avaient abondé dans le sens de l'accusation en affirmant que "l'hypothèse d'un transfert secondaire (devait) être écartée, les éléments du dossier établissant à l'inverse un dépôt direct de l'ADN sans mélange de Mohamed Lamine Aberouz" sur la scène de crime.
M.Schneider--VB