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Ukraine: Trump annonce qu'il va parler à Poutine pour "mettre fin au bain de sang"
Donald Trump a annoncé qu'il parlerait lundi à son homologue russe pour "mettre fin au bain de sang" en Ukraine, après que la Russie a souligné samedi qu'il n'y aurait pas de rencontre Poutine-Zelensky sans "accords" entre Moscou et Kiev, difficilement envisageables pour l'heure.
Au lendemain des premiers pourparlers de paix entre Ukrainiens et Russes depuis 2022, qui n'ont pas abouti à une trêve, l'armée russe a sur le terrain continué à bombarder l'Ukraine, tuant notamment neuf personnes dans le nord, selon les autorités locales.
Donald Trump a déclaré samedi qu'il parlerait par téléphone lundi à son homologue russe Vladimir Poutine pour évoquer une fin à la guerre, avant de parler à l'Ukrainien Volodymyr Zelensky et à plusieurs dirigeants d'Etats membres de l'Otan.
Objectif de l'appel entre MM. Trump et Poutine: "Mettre fin au +bain de sang+", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Il espère que ce sera "une journée productive", "qu'un cessez-le-feu aura lieu" et "que cette guerre très violente - une guerre qui n'aurait jamais dû se produire - prenne fin".
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui salué l'annonce d'un échange de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine, lors d'un appel samedi avec son homologue russe Sergueï Lavrov.
Dans une interview à la chaîne CBS, le secrétaire d'Etat a également rapporté les déclarations de Sergueï Lavrov, selon lequel Moscou prépare un document comprenant les exigences russes en vue d'un cessez-le-feu.
Si Moscou peut fournir des propositions "sérieuses et viables", alors il y aura eu "un réel progrès, et nous pourrons partir de là", a ajouté Marco Rubio.
- Positions inconciliables -
Vendredi à Istanbul, les premières discussions directes entre Ukrainiens et Russes depuis le début de la guerre avaient surtout mis en évidence le fossé à combler pour mettre fin au conflit déclenché en février 2022.
Côté russe, Sergueï Lavrov a "confirmé la volonté de Moscou de poursuivre la coopération" avec les Américains, ont indiqué ses services.
La veille, la délégation ukrainienne avait principalement réclamé aux Russes un cessez-le-feu "inconditionnel" et une rencontre entre les présidents des deux pays.
Elle n'a obtenu qu'un échange de 1.000 prisonniers de chaque camp, comme l'ont confirmé les négociateurs russes.
Samedi, le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, a dit "espérer" que cet échange ait lieu "la semaine prochaine".
Au sujet d'un éventuel sommet Poutine-Zelensky, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a clairement indiqué que la Russie n'accepterait une telle rencontre - qui serait la première depuis 2019 entre les deux hommes - qu'une fois que les deux camps auraient trouvé des "accords" sur le conflit.
Or, en l'état, comme l'a montré la réunion d'Istanbul, qui a duré moins de deux heures, les positions restent inconciliables.
Le Kremlin maintient des revendications maximalistes : que l'Ukraine renonce à rejoindre l'Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d'armes occidentales.
L'Ukraine rejette fermement ces exigences, demandant que l'armée russe, qui occupe toujours près de 20% de son territoire, s'en retire.
De nouvelles discussions directes ne seront possibles qu'une fois l'échange de prisonniers réalisé, a souligné samedi Dmitri Peskov.
- "Sanctions sévères" -
Ces dernières semaines, Moscou a rejeté à plusieurs reprises l'offre ukrainienne de cessez-le-feu, malgré la pression des Européens et des Etats-Unis.
Vendredi, le négociateur russe Medinski a cité Napoléon pour expliquer le refus de Moscou: "+La guerre et les négociations doivent être menées simultanément+", a-t-il déclaré.
Volodymyr Zelensky a annoncé samedi avoir eu un "bon" échange avec le Premier ministre canadien Mark Carney, qu'il rencontrait pour la première fois.
"La priorité absolue est de faire pression sur la Russie afin qu'elle prenne des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre", a indiqué M. Zelensky sur les réseaux sociaux, assurant avoir discuté "en détail" avec M. Carney de "sanctions qui pourraient être efficaces" contre la Russie. "Les prochaines sanctions contre la Russie doivent être fortes" et porter notamment "sur l'énergie".
Dans ce contexte, les hostilités se poursuivent sur le terrain.
Un drone russe a "frappé" dans la nuit un minibus dans la région de Soumy (nord), faisant au moins neuf morts et sept blessés selon les autorités ukrainiennes.
Volodymyr Zelensky a dénoncé "un assassinat délibéré de civils" et appelé Etats-Unis et UE à des "sanctions sévères" contre Moscou.
Sur le front où elle progresse petit à petit, l'armée russe a elle revendiqué la prise de la localité d'Alexandropil dans la région ukrainienne de Donetsk (est).
C.Stoecklin--VB